Réforme de la formation des élus locaux : notre contribution

Engagée depuis plusieurs mois, la réforme de la formation des élus aurait dû être opérationnelle après les municipales. Si l’agenda est décalé, le travail se poursuit. Comme tous les organismes de formation des élus (OFE), notre contribution a été sollicitée et nous vous livrons ici notre réponse aux ministres concernés en toute transparence. Tous commentaire, idée, suggestion, critique (constructive bien-sûr) sont les bienvenus !

Notre réponse en son entier

Notre réponse est à lire en cliquant ici ! On préfère vous prévenir qu’il y a un peu de lecture 😉

Pour faire court, une synthèse ci-dessous !

Notre synthèse

Comment améliorer les droits des élus à la formation pour la rendre plus effective et accessible au plus grand nombre ?

  • Conserver le système du droit individuel à la formation, auquel pourraient recourir individuellement les élus, sans contrôle de l’exécutif de la collectivité
  • Laisser aux collectivités la possibilité de proposer à leurs élus des formations collectives, si possible en recourant aux procédures d’appel d’offre afin de garantir la transparence et la concurrence entre OFE
  • Ouvrir dès la première année des droits individuels à la formation et mettre un terme au cumul de ces droits sur la durée du mandat
  • Désigner, dans chaque collectivité, un fonctionnaire-référent de la formation, chargé d’informer en début de mandat les élus de la majorité comme de l’opposition leurs droits à la formation, puis de leur rappeler tous les ans.
    Ce référent pourrait être chargé de présélectionner des formations en fonction des besoins exprimés par les élus et des formations suivies les années précédentes (par exemple, budget niveau II si suivi d’une formation « bases du budget »).
    Il serait également chargé de faire remonter les données relatives à la formation auprès d’un Observatoire de la formation des élus qui compilerait et analyserait les résultats années après année
  • Mettre en place une plateforme numérique de gestion de la formation des élus couvrant l’entièreté du processus de formation de l’inscription au paiement, y compris l’évaluation, en rendant cette dernière obligatoire pour l’élu tout en garantissant sa liberté de réponse en ne publiant pas les détails de l’évaluation

Quelles propositions retenir pour renforcer les exigences déontologiques et les contrôles ?

  • Conserver l’agrément par le CNFEL en le doublant d’une certification qualité et encadrer strictement la sous-traitance sur le modèle mis en place récemment par la Caisse des Dépôts (CdC) pour le DIFE
  • Créer un Observatoire de la formation des élus pour renforcer la proposition de rendre publiques les données du secteur
  • Prendre en compte la diversité des OFE et de leurs prestataires pour fixer un plafond adapté du prix de la formation
  • Prendre en compte les frais annexes des OFE engendrés par une formation pour permettre une tarification juste, améliorer la transparence des tarifs et faciliter le contrôle de ces frais
  • Responsabiliser les élus quant à leur participation aux formations

Quels éléments de modernisation issus de la réforme de la formation professionnelle reprendre pour les élus et quelles spécificités de la formation des élus conserver, éventuellement en les améliorant ?

  • Conserver, en l’améliorant et l’assortissant de sanctions, la procédure d’agrément pour l’entrée et le maintien sur le marché de la formation des élus
  • Soumettre les OF à des procédures de certification de la qualité de leurs offres
  • Ne pas opérer de fusion entre les CFEL et le CPF.

En 2019, les décaissements opérés au titre du DIFE ont pour la première fois été supérieurs au montant des recettes, avec un prix horaire très variable entre les organismes de formation. Quels dispositifs faut-il envisager pour garantir la soutenabilité financière du DIFE ?

  • Le non-cumul des DIFE d’une année sur l’autre est une solution pertinente, de même que le plafonnement du coût annuel par élu
  • L’ajustabilité du plafond annuel en fonction du taux de recours au dispositif, le plafonnement du coût horaire par participant et l’instauration d’un numerus clausus pour la tenue d’une formation ne sont pas compatibles avec l’objectif de former davantage d’élus locaux
  • La bonification du CPF par le CFEL pourrait entraîner un nouveau dévoiement du système.

Plus d’infos sur la réforme envisagée de la formation des élus locaux

Télécharger le rapport initial de l’IGA/IGAS (janvier 2020)

Télécharger le courrier des ministères sollicitant les OFE (février 2020)

Télécharger notre contribution en son entier (avril 2020)

Nous contacter

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Déconfinez bien accompagné !

Plebiscit, conseil en communication et stratégie politique, et Omnigibus, conseil en communication sensible et complexe, s’associent pour accompagner votre collectivité avant, pendant et après le déconfinement.

Nous unissons les compétences de nos experts pour travailler ensemble à :

  • L’élaboration et la validation d’un positionnement politique et d’une stratégie de communication personnalisée, déclinée en fonction des besoins de votre collectivité, secteur par secteur ;
  • L’accompagnement stratégique et en communication quotidien pendant la phase opérationnelle du déconfinement.

Pourquoi recourir à nos services ?

  • Les premières semaines de la crise ont démontré qu’une communication hasardeuse génère doute, méfiance et parfois colère. Que vous soyez réélu depuis le 15 mars, élu « intérimaire » et candidat à votre succession, ou faisant fonction en attendant l’installation de la nouvelle équipe (inter)communale, cette période est cruciale pour le bon déroulement du mandat à venir !
  • L’organisation matérielle du déconfinement et la gestion du redémarrage de l’activité dans les meilleures conditions de sécurité seront des paramètres essentiels de réussite. Vos choix politiques et votre manière de les communiquer seront également déterminants pour accompagner cette nouvelle (et souhaitons-le, dernière) phase de la crise.

Concrètement, nous vous aidons à :

  • Maîtriser votre crédibilité, améliorer votre relation citoyenne et encourager la motivation des agents en interne : quels messages, quand, à quel rythme, vers quels publics ?
  • Communiquer avec pertinence et bienveillance, en vous aidant à définir et/ou rédiger des messages et/ou argumentaires appropriés ou en anticipant l’impact de votre prise de position ou communication sur vos différents publics pour vous aider à l’affiner.

Intéressé(e) par notre offre ? Contactez-nous !

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Candidat(e) en attente du 2e tour : continuer la campagne oui, mais comment ?

D’un point de vue juridique, d’un point de vue pratique, que vous soyez gagnant pressenti ou outsider plein d’espoir, ne perdez pas de vue que beaucoup de votre future campagne se joue maintenant !

D’un point de vue juridique : comment encadrer votre communication ?

On se retrouve dans la même situation qu’au 1er septembre 2019, c’est-à-dire que s’appliquent les règles du chapitre V du Code électoral (propagande, tenue de réunions etc. – voir art. 47 et suivants).

Concernant plus particulièrement les candidats déjà élus et dont les fonctions ont été prorogées, ils doivent veiller à ne pas être mis en valeur par les actions de communication de leur collectivité. En pratique, cette dernière se doit d’être parfaitement factuelle, objective et neutre.

Pour plus d’infos sur les règles de communication en période électorale, lire notre article en cliquant ici.

D’un point de vue financier : quid de vos comptes de campagne ?

A ce jour, nous ne connaissons toujours pas la date du scrutin et ignorons si seul le 2e tour aura lieu ou si l’ensemble du processus électoral sera repris (voir notre article).

Si, comme initialement envisagé, le 2e tour se tenait en juin, la loi d’urgence a prévu que :

  • le plafond de dépense sera majoré par décret d’un coefficient maximum de 1,5 points ;
  • il est possible de continuer à récolter des dons pendant cette période « transitoire » et jusqu’après le second tour de scrutin ;
  • vos comptes de campagne devront être remis à la commission des comptes au plus tard le 11 septembre.

Si le 2nd tour était reporté plus tard, ou si l’entièreté du processus électoral devait être repris ultérieurement, eh bien … nous n’avons pas la réponse !

Vraisemblablement, le plafond de dépense serait relevé ; peut-être que les comptes du 1er tour seraient clôturés dans l’été et seraient « remis à zéro » avant le nouveau scrutin, … tout reste à imaginer !

Celles et ceux qui auront créé, avant l’élection, un micro-parti sont avantagés : ils peuvent continuer à récolter des dons par ce biais en toute sécurité.

Un point sera intéressant à vérifier : plusieurs modifications du Code électoral adoptées l’année dernière devaient entrer en vigueur en juin, après les municipales.

L’une d’entre elles nous intéresse tout particulièrement : il était prévu que fin juin 2020, candidats et partis pourront recueillir des dons par le biais de plateformes de paiement en ligne, type PayPal par exemple. Une amélioration notoire, mais sera-t-elle maintenue au risque de créer des conditions différentes d’élections entre ceux qui auront été élus dès le 1er tour et ceux qui devront de nouveau se présenter aux suffrages ?

En termes pratiques

  • Vous le savez, nous ne sommes pas convaincus par l’impact de la com 2.0 quant aux résultats électoraux ! Reste que dans ces circonstances, tant pour garder contact que pour rester en veille, ou encore diffuser vos actions et bonnes idées, internet et les réseaux sociaux sont des canaux indispensables.

Soyez présents, soyez actifs sans être connectés H-24 et surtout, soyez constructifs : pas la peine de relayer la moindre action si vous êtes élu « aux commandes »; et pas la peine de critiquer à tout va si vous êtes candidat outsider !

  • C’est le moment de jouer du téléphone et de la visioconférence : SMS et appels de courtoisie, prise de contact auprès des différents professionnels de votre commune/interco pour connaître leur état d’esprit, leurs besoins, leurs réflexions, … préparez aujourd’hui votre sortie de confinement et votre campagne de demain !
  • Tissez des liens avec les candidats en lice sur votre intercommunalité : c’est le sens du proverbe africain selon lequel « seul on va plus vite, ensemble on va plus loin » ! Vous devez prévoir tous ensemble un programme pour votre interco, qui devra fonctionner et fournir des résultats très rapidement, pour compenser le retard dans son installation.
  • Et dès que la date du nouveau scrutin est connue : mettez à jour votre rétroplanning de campagne !

Voila, en quelques lignes, nos recommandations … Vous voulez en savoir plus, aller plus loin et connaitre plus précisément nos actions de terrain ? N’hésitez pas à nous contacter !

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Continuité budgétaire dans le cadre de la crise sanitaire : notre schéma qui vous dit tout !

Si l’adoption du budget relève souvent du casse-tête tant les enjeux sont importants, l’affaire se corse encore plus cette année avec des élections suspendues parfois entre-deux-tours, des délais modifiés et des services fonctionnant au ralenti. Essayons d’y voir plus clair ensemble !

Nous vous proposons pour cela un schéma très synthétique qui vous donnera quelques pistes pour avancer.

L’adoption du budget dans le cadre de la crise du COVID19

Notez par ailleurs que les municipalités et intercommunalités peuvent adopter leur budget avant l’installation des nouvelles assemblées élues ; ou encore avant la tenue du second tour des élections municipales et communautaires (dont la date reste incertaine à ce jour). Les élus qui ont été réélus dès le 1er tour peuvent quant à eux continuer à exécuter le budget de leur collectivité.

Besoin d’aide ? De précisons ? Contactez-nous !

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Une crise démocratique derrière la crise sanitaire ?

En général, chez Plebiscit, on blogue pragmatique. Parce qu’on est inquiets quant à la santé démocratique de notre pays, parce qu’on aimerait poser tout haut des questions qui sont procrastinées tout bas, nous dérogeons à notre ligne éditoriale. Une fois n’est pas coutume !

Faible participation, report sine die du 2e tour des élections municipales et communautaires, installations suspendues des assemblées élues au premier tour, obligation de collaborer entre équipes entrantes et sortantes… Au-delà d’une ré-organisation empirique des collectivités qui laissera pour certaines des stigmates tout au long du mandat 2020-2026, quel impact la crise sanitaire que nous traversons va-t-elle avoir sur notre vie démocratique déjà essoufflée ?

Une participation insuffisante pour garantir la sincérité du scrutin ?

En 2014, 7600 maires avaient été élus dès le premier tour, principalement dans des petites communes où ils n’avaient pas d’adversaire ou une seule liste concurrente. Quelle différence avec 2020 où le nombre d’élus au premier tour approche les 30 000 ! S’il y a bien sûr autant de raisons à cela que de scrutins, l’une d’elle nous semble prépondérante : l’abstention.

Une abstention massive, dont il est impossible de savoir dans quelle proportion la préservation de sa santé ou le désintérêt pour la chose publique en est responsable. Néanmoins, un sondage IFOP « jour du vote » montre que pour 79% des abstentionnistes, c’est le fait qu’ils étaient inquiets de la progression de l’épidémie qui a joué un rôle déterminant ou important quant à leur décision de s’abstenir. A un sondage effectué le 10 mars, ce taux n’était que de 20%.

Pour rappel, en 2014, le taux de participation au 1er tour était de 63,55% des inscrits. En 2020, il est de 44,66%, mais il faut affiner :

  • Dans les communes de moins de 1 000 habitants ayant élu leur maire au premier tour (soit 24 945 communes représentant près de 7 millions d’inscrits), le taux de participation est autour de 60%. On trouve une commune avec une abstention de plus de 80%, une dizaine autour de 70%, mais pour une bonne moitié de ces petites communes, le taux d’abstention reste autour de 35%.
  • Dans les communes de plus de 1 000 habitants (soit 9 978 communes et environ 40 millions d’inscrits), la participation est bien plus basse : 42% de votants seulement. Parmi elles, 16 ont un taux d’abstention supérieur à 80%, 540 à 70% et près de 3 200 à 60%. A Tourcoing par exemple, fief du ministre de l’Action et des comptes publics Gérald DARMANIN, celui-ci est certes réélu au premier tour, mais avec une abstention de près de 75% des inscrits : sur 63 728 inscrits, seuls 16 174 ont été voter (dont environ 9 000 en faveur de la liste En Marche menée par le ministre).
  • A Fort-de-France, seuls 16% des électeurs se sont déplacés, à Roubaix 22%, à Mulhouse, 26%, à Bordeaux, Pau, Avignon, Aix-en-Provence ou Toulouse, ils sont autour de 35%.

Au vu de ces chiffres, l’on peut donc douter de la sincérité de ce premier tour de scrutin.

Pour le Conseil constitutionnel, la sincérité électorale « implique que le résultat de l’élection soit l’exact reflet de la volonté, exprimée par la majorité du corps électoral« . Si l’on reprend les 3 composantes de cette notion (l’égalité, la liberté et le caractère secret du vote), il nous semble en effet que les deux premières peinent à être remplies dans le cadre de ce premier tour.

Fallait-il ou non maintenir le scrutin ? Dans un sondage Harris Interactive x Epoka du 15 mars, pour 60% des interrogés, la réponse est non car, pour 83% d’entre eux, aller voter présentait un danger.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, les résultats du premier tour, qu’ils aient été décisifs ou non, restent valables. Conséquence : les municipalités et intercommunalités fonctionnent temporairement selon des modalités inédites et décidées extrêmement rapidement.

Au-delà d’une légitimité démocratique mitigée, la coexistence de collectivités à différents « statuts transitoires » met également en péril le bon déroulement du futur mandat, sans parler des relations entre élus ou entre élus et citoyens, du fait d’un manque certain de lisibilité.

Une période transitoire aux fondements juridiques instables, des conséquences pratiques ravageuses pour les assemblées élues

En principe, le calendrier des élections municipales et communautaires est le suivant : convocation des électeurs, tenue du premier tour, puis tenue du second tour le cas échéant « le dimanche suivant » (art.56 du Code électoral) ; ensuite, installation des conseils municipaux et élection du maire ; enfin installation des conseils communautaires et élection du président.

Adaptant le cadre juridique au contexte sanitaire, plusieurs ordonnances prises fin mars et début avril « bricolent » un droit électoral qui n’est pas préparé à subir l’urgence.

En découlent un allongement des délais contentieux, qui risque défaire des élections acquises d’ici plusieurs mois et qui créent en outre une instabilité juridique supplémentaire, renforcée par des fondements juridiques hasardeux. A titre d’exemple, le report du second tour par décret fait encore débat parmi les universitaires, puisqu’en vertu de la hiérarchie des normes, un décret ne peut en principe revenir sur une loi (l’art. 56 que nous venons de mentionner).

Sans nous prononcer en droit, considérons les faits : détacher les deux tours du scrutin, les espacer de plusieurs semaines ou mois, crée à notre sens une inégalité entre les candidats : d’une part entre ceux élus dès le premier tour et ceux qui devront être départagés par un deuxième tour de scrutin ; t d’autre part, parmi ceux qui participeront au deuxième tour, entre les sortants restés aux commandes et leurs adversaires, moins visibles dans un entre-deux-tour qui ne dit pas son nom.

Enfin, cette inégalité touche aussi les citoyens : ceux qui devront revoter verront leurs assemblées élues prendre leurs fonctions plus tard que ceux relevant de communes dont l’exécutif est déjà pourvu.

Comment adapter notre droit électoral aux circonstances exceptionnelles ? Comme pour toute gestion de crise, l’anticipation permet d’aborder plus sereinement la crise et il nous semble aujourd’hui nécessaire, bien plus que de revenir sur ce qui s’est déjà produit, de s’y préparer. Il pourrait à notre sens être pertinent, à l’issue de la crise sanitaire, de réunir des experts autour de cette question pour titrer toutes les leçons utiles de cette période transitoire.

Au-delà des fondements instables de ces décisions, elles génèrent une situation très complexe, mettant à mal le fonctionnement des assemblées élues et même la symbolique du vote citoyen :

  • Nous avons tout d’abord des communes où les listes ont été élues au 1er tour, dont certaines ont installé leur conseil municipal malgré l’appel du Premier ministre à ne pas le faire (au moment de sa déclaration devant le Sénat, aucun texte juridique n’allait toutefois dans ce sens, comment blâmer ceux qui ont voulu agir « dans les règles »?).

Celles-ci voient leur installation suspendue et se retrouvent dans le même cas de figure que les communes dans lesquelles une liste a été élue dès le 1er tour et dont les instances ne se sont pas réunies.

Pour ces deux premières catégories, la période transitoire est soumise au même régime et il est rude, en particulier pour les nouvelles équipes, c’est-à-dire celles qui ont battu le maire sortant ou celles qui « prennent la relève » d’un maire sortant qui ne se représentait pas. Les « anciens », ceux du mandat 2014-2020, restent aux commandes et ont l’obligation de transmettre toutes les décisions prises aux « nouveaux », ceux du mandat 2020-2026… Dans un monde parfait, la transmission des informations serait fluide et complète. Disons le tout net, ce n’est pas le cas partout, loin de là.

L’on n’a, pour l’heure, aucune idée de quand cette situation cessera et même si des recours gracieux (en préfecture) ou contentieux sont initiés, aucune sanction n’étant prévue, il y a peu de chances que cela change. Premier stigmate donc, celui d’une passation rendue encore plus difficile par les mesures d’urgence. Comment expliquer aux citoyens que ceux qu’ils viennent d’élire sont dans la salle d’attente, impuissants, tandis que ceux qui devaient partir continuent de décider pour eux ?

  • Nous avons ensuite des communes dans lesquelles un second tour sera nécessaire.

Quand aura-t-il lieu? La question reste ouverte à ce stade mais nous tendons à penser qu’il n’aura pas lieu avant l’automne.

Pour ces communes, également soumises au difficile régime de coopération transitoire entre « élus de 2014-2020 » et « élus éventuels de 2020-2026 », un stigmate supplémentaire : comment ne pas penser que ceux dont le mandat est prorogé le temps de la crise ne gagnent pas un avantage comparatif dans la course électorale ? Au-delà, comment peuvent « exister » leurs adversaires qui, s’ils sont qualifiés au second tour sont, nous semble-t-il, déjà représentatifs si ce n’est représentants des habitants ?

Rien n’est prévu en ce sens dans les lois d’urgence et cela nous semble bien dommageable quant à l’égalité nécessaire entre les candidats à un même scrutin.

  • Là où cela se complique, c’est au niveau intercommunal, dans un contexte où presque tous les candidats ont éludé la question de l’interco dans leurs programmes, alors même que tous savent bien qu’aujourd’hui, c’est à ce niveau que tout se joue pour leur commune.

Se mélangent aujourd’hui pèle-mêle : les sortants du mandat 2014-2020, qui restent aux commandes, les élus du 1er tour du mandat 2020-2026, pas encore installés et dénués de toute prérogative et ceux, enfin, qui devront attendre le second tour. La question est d’une simplicité enfantine : comment ça marche ?

Éloignées des citoyens qui s’en préoccupent peu, affaiblies par des jeux de pouvoir amenés à se prolonger entre ceux qui sont déjà en place, ceux qui le resteront et ceux qui devront le quitter, l’on se demande bien comment les intercommunalités, notamment celles rassemblant des centaines de petites communes rurales, parviendront à trouver leur vitesse de croisière ?

La création d’une inégalité de fait entre les citoyens-électeurs

Pour Esther DUFLO, les conséquences de cette crise sanitaire, en particulier le manque de lien social dû au confinement, va amener les citoyens à réévaluer collectivement leurs priorités à l’issue de la crise. Ainsi, l’on peut douter que des programmes « validés » le 15 mars par les électeurs conviennent encore aux électeurs de juin ou d’octobre.

Dans les faits, nous risquons de voir apparaître 2 catégories d’élus locaux au prochain mandat :

  • ceux élus, le plus souvent avec une participation faible, sur des programmes « d’avant COVID », dont la légitimité sera fragile ;
  • et ceux élus après la crise, en particulier si l’entièreté du processus électoral est repris (et pas uniquement le premier tour), avec une légitimité accrue grâce à une participation plus importante et un programme actualisé (si tant est qu’ils prennent la peine de procéder à une remise en question et à la traduire en orientations et projets politiques).

Ces deux « catégories » d’élus devront coexister pendant tout le mandat. Pour la plupart, les exécutifs des intercommunalités seront renouvelés après la complétion définitive du scrutin municipal. Celles-ci pourront donc peut-être jouer un rôle « égalisateur » entre les élus du premier tour et les autres, permettant à programmes « post-COVID » de prendre le pas sur les programmes « pré-COVID ».

Mais ici encore, il s’agit d’un scénario dans un monde idéal, où la légitimité démocratique des élus serait plus déterminante que leur légitimité politique ou personnelle dans la gouvernance.

Dans un contexte où les citoyens ne s’engagent plus en politique, doutent de leurs représentants et participent de moins en moins aux rendez-vous électoraux, cette crise marque le passage d’un nouveau cap, celui d’un scrutin maintenu par défaut, par volonté politique et sans considération à court ou moyen terme de l’intérêt général des électeurs.

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Municipales 2020 : quid du second tour ? (mise à jour)

Dans notre article du 23 mars (voir ici), nous faisions le point sur les modalités d’organisation du second tour des élections municipales. Suite à l’adoption de nouvelles ordonnances, nous vous proposons ici une mise à jour.

C’est pour quand ?

Rappelons tout d’abord que les listes élues dès le 15 mars ne sont pas concernées par ces dispositions : leur élection reste acquise. Nous n’évoquons ici que le cas des près de 5 000 communes concernées par un second tour.

Pour l’instant, l’on s’en tient aux modalités précisées dans la loi d’urgence du 23 mars : rapport du conseil scientifique en mai qui, s’il estime que le second tour peut se tenir en juin eu égard à l’évolution des conditions sanitaires, sera suivi d’un décret, au plus tard le 27 mai, fixant une date en juin.

Mais l’on entend bien une petite musique de fond annonçant des élections en octobre, ou peut-être même plus tard, impliquant de fait l’annulation du premier tour dans les communes où l’élection ne serait pas acquise et donc, une reprise complète du processus électoral, avec deux tours de scrutin.

Autre conséquence en ce cas : le report des élections sénatoriales, qui doivent se tenir en septembre… Il est même évoqué des élections conjointes sénatoriales/départementales/régionales dans le même temps, en 2021, mais il ne s’agit à ce stade que de supposition.

Quel socle électoral ?

L’art. 1er de l’ordonnance du 1er avril apporte sur ce point des précisions importantes : la liste électorale sera celle du premier tour, à laquelle il faudra ajouter les électeurs qui sont devenus majeurs ou ayant acquis la nationalité française dans l’intervalle, et retrancher ceux qui auront été radiés par décision de justice ou qui seront décédés.

La question des candidatures déposées le 16 ou le 17 mars derniers

L’art.2 de l’ordonnance prévoit que :

  • les candidatures déposées et pour lesquelles un récépissé a été remis restent valables ;
  • elles pourront toutefois être retirées pendant la future période de dépôt des candidatures qui sera prévue par le décret annonçant la date du 2nd tour ;
  • de nouvelles candidatures pourront être déposées pendant cette période.

La consultation des listes d’émargement du 1er tour

L’art.5 de l’ordonnance du 1er avril déroge à l’art.68 du Code électoral (10 jours pour consulter les listes en principe) en ce que les listes d’émargement pourront être consultées à partir de l’entrée en vigueur du décret prenant date du second tour ou, à défaut, de l’entrée en fonction des assemblées élues au 1er tour et ce, jusqu’à l’expiration du délai de recours contentieux.

Et les conseillers et délégués consulaires ?

En ce qui concerne les représentants des Français de l’étranger, le scrutin initialement prévu les 16 et 17 mai est reporté en juin. Dans l’intervalle, le mandat des conseillers et délégués sortants est prorogé par le biais d’une ordonnance.

Lire également notre article sur l’organisation des communes et intercommunalités pendant la période transitoire.

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PREVIOO, c’est vous qui en parlez le mieux !

Comme après chaque campagne, nous avons pris contact avec nos utilisateurs pour leur demander leur avis sur PREVIOO. Cet exercice nous aide à améliorer notre outil et à développer de nouvelles fonctionnalités. Nous ne dévoilerons pas ici ce que nous allons mettre en production dans les prochaines semaines, mais nous avons eu envie de partager quelques témoignages ! Nous espérons qu’ils vous donneront envie d’essayer, et peut-être d’adopter, PREVIOO !

Stéphane, coordinateur des actions de terrain, dans une commune de 130 000 habitants :

« Je pense que sans PREVIOO nous n’aurions peut-être pas atteint le 2nd tour, le ciblage des seniors dans notre porte-à-porte aura été prépondérant ! »

Frédéric, directeur de campagne, dans une commune de 150 000 habitants :

« Je n’ai qu’un seul regret, ne pas avoir connu PREVIOO 6 mois plus tôt. C’est un outil redoutable pour identifier les préoccupations des électeurs et prioriser nos actions »

Sylvie, candidate, dans une commune de 2 000 habitants :

« Retrouver tous nos électeurs sur une carte c’est formidable et cela nous a fait gagner un temps fou, je ne pensais pas pouvoir mener autant d’actions pendant la campagne. »

En savoir plus sur PREVIOO

Demander une présentation (en ligne, rien à voir avec le confinement, on fonctionne comme ça… mais on peut se rencontrer plus tard si vous voulez !)

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Maires et présidents d’interco : quelle stratégie de communication pour 2020-2026 ?

Le début de mandat est chamboulé (et juridiquement retardé), votre communication tourne pour l’instant autour de la protection sanitaire de vos citoyens… Raison de plus pour définir une stratégie de communication claire et à long terme, qui servira les objectifs que vous et votre équipe vous êtes fixés pour les 6 ans à venir.

Nous vous proposons un audit de vos outils et stratégie de communication (envoi par mail des documents, entretien téléphonique ou en visio) sur la base duquel nous formulons des recommandations ciblées sur vos priorités, les besoins et la sociologie de vos administrés (présentation en ligne, remise d’un document de travail écrit, session de questions/réponses et suivi à 6 mois, puis un an).

Vous êtes intéressés ou souhaitez en savoir plus ? Contactez-nous !

Développer vos compétences en communication et celles de votre équipe : prenez connaissance de nos offres de formation sur cette page.

Voir aussi notre proposition d’audit budgétaire en cliquant ici.

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Budget (inter)communal : partez sur de bonnes bases !

Mettez à profit la période intermédiaire avant le début officiel du mandat 2020-2026 pour le préparer sereinement ! Nous vous proposons un audit du budget de votre commune (ou intercommunalité) et des conseils adaptés à votre projet politique.

En pratique ? Vous fournissez à notre expert les documents budgétaires des années précédentes, il les étudie et formule des recommandations qu’il vous présente (en visioconférence ou in situ). Vous pourrez alors lui poser vos questions et affiner votre stratégie.

Une opportunité à saisir tant pour ceux qui ont été (ou le seront dans quelques semaines) confirmés dans leur mandat, et plus encore pour ceux qui prennent les rênes de leur collectivité.

Pour réserver votre audit ou pour plus d’informations, contactez-nous !

Nous proposons aussi un audit de votre communication, cliquez ici pour en savoir plus.

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