Twitch, un outil pour faire de la politique autrement ?

Cette semaine, dans notre série de billets sur les élections américaines ,on se penche sur les moyens de communication innovants venus tout droit du pays de l’Oncle Sam. A chaque élection des pratiques et des outils innovants font leur apparition, cette année un nouveau réseau social est convoité par les personnalités politiques : Twitch.   

Logo Twitch

Twitch, c’est un site internet qui permet à tout le monde de se filmer en direct en créant sa propre chaîne. Durant ce direct, le streamer (personne qui se filme) peut interagir avec les autres internautes (viewers) grâce à un chat visible de tous.  Cette plateforme de streaming vidéo créée en 2011, se développe dans son format actuel lors de son rachat par Amazon en 2014. Elle représente le 26e  site au monde en termes de popularité, avec plus de 7 millions de streamers et une ascension remarquée durant le confinement planétaire. L’utilisateur-type de ce réseau social, qui a pour objectif de créer du contenu vidéo en direct avec une interaction instantanée grâce à un chat, est un Américain, de sexe masculin, qui a entre 18 et 34 ans. A l’instant où vous lisez ce billet, 1 million d’utilisateurs visionnent des lives en streaming concernant principalement le gaming et plus spécifiquement le e-sport. Autrement dit, la plupart des utilisateurs sont de jeunes Américains qui se filment en train de jouer aux jeux vidéo et le plus souvent des jeux en ligne seul ou à plusieurs. Les internautes apprécient les conseils de joueurs expérimentés, le fait de pouvoir échanger en instantané avec des internautes qui partagent la même passion et de pouvoir se distraire en regardant du (e-)sport. La plateforme aux 9 millions de chaînes a vu apparaître des streamers d’un nouveau genre : Alexandria Ocasio-Cortez, Bernie Sanders, et même le président des Etats-Unis Donald Trump.

Twitch représente deux avantages majeurs pour les candidats à la présidentielle américaine :

  • S’adresser à un public jeune qui s’intéresse peu à la politique et ne se déplace pas pour aller voter.
  • Offrir une image jeune et décalée du candidat.

Face à la croissance de la plateforme l’enjeu devient réel et les candidats l’ont bien compris.

Alexandria Ocasio-Cortez fut l’une des premières personnalités politiques à s’emparer de Twitch. En janvier 2019, elle est apparue dans le live d’un streamer qui organisait une levée de fonds pour une association venant en aide aux transgenres. Elle avait notamment répondu aux nombreuses questions des internautes sur des sujets différents (économie, politique, droit des lgbtq+ …). Le premier à avoir intégré Twitch fut Andrew Yang (candidat malheureux à la primaire démocrate) en juillet 2018, un an plus tard c’est Bernie Sanders qui inaugurait sa chaîne.

Le 11 octobre 2019 Donald Trump a lancé sa chaîne Twitch, qui compte 124 700 followers contre498 000sur sa chaîne YouTube. Après la retransmission d’un meeting qui lui a permis de se faire connaître sur la plateforme, il n’a pas réussi depuis à transformer l’essai. En effet, sa chaîne ne parvient pas à engranger des vues et pour cause : le contenu ne reprend pas les codes de la plateforme et ne constitue qu’un canal supplémentaire de diffusion de ses lives que l’on retrouve sur YouTube et Facebook. Une situation qui pourrait peut-être évoluer dans les prochaines semaines pour la fin de la campagne.

Les politiques ont tendance à utiliser de nouveaux outils numériques dans l’objectif de toucher un public plus jeune (on en a déjà parlé ici : les élections se gagnent elles réellement en ligne ? ). Un Français, habitué des outils numériques innovants, a su reprendre les codes de ce réseau social : Jean-Luc Mélenchon. Avec ses lives nommés « Twitchons » , il s’exprime en direct sur un fond pixelisé, en répondant au chat pour interagir instantanément avec les utilisateurs. Le résultat est au rendez-vous, ce qui semble prometteur pour les prochaines échéances électorales.

Si les politiques ont quelques difficultés pour trouver une audience sur Twitch, la politique quant à elle s’invite de plus en plus sur le réseau : on a notamment eu 10 ministres français qui se sont succédés lors d’un marathon Twitch pendant le Grand Débat National.  Le dernier exemple en date : le discours de présentation du plan de déconfinement d’Edouard Philippe à l’Assemblée nationale le 28 avril dernier retransmis et commenté sur les chaines Twitch d’Accropolis et d’HugoDecrypte. Le résultat a été au rendez-vous puisque l’on a compté jusqu’à 55 000 viewers cumulés.

Les chaines d’infos n’ont qu’à bien se tenir car la politique sur Twitch est promise à un bel avenir !

Cet article vous a donné envie de vous former pour utiliser davantage les réseaux sociaux ? Consultez nos formations pour élus ou contactez nous pour plus d’infos.

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Premiers jours de maire : notre guide pour bien démarrer !

Félicitations, vous êtes élu(e) et installé(e) ! Laissez-vous guider dans vos premiers pas : nous avons recueilli l’expérience d’un maire sur ses 6 premières années de mandat et nous partageons avec vous son recul, ses techniques et ses outils. Un ouvrage court et didactique, indispensable pour bien (re)commencer son mandat !

C’est votre tout premier mandat de maire? Guettez votre boite aux lettres, nous vous le faisons parvenir par voie postale dans les prochains jours !

Vous êtes intéressé(e) à le lire ? Pour recevoir le guide « Premiers jours de maire », laissez-nous vos coordonnées via notre formulaire de contact, en précisant votre demande dans un message.

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Formation « Le cadre juridique de la campagne électorale »

Pour bien préparer sa campagne, il faut anticiper, son budget, son calendrier, sa stratégie et ses outils de communication, la constitution de son équipe … Tous ces éléments sont régis par un cadre juridique précis qu’il est important de connaitre (ou de se remémorer) avant d’entrer dans le vif du sujet.

Plebiscit, organisme de formation des élus locaux agréé par le ministère de l’Intérieur, vous propose une formation d’une journée à suivre en groupe ou en individuel.

Nous y abordons notamment : les conditions de candidature, la création d’un micro-parti, la constitution de liste, le fonctionnement des comptes de campagne et de la levée de dons, les règles relatives à la communication électorale.

Pour les sessions individuelles, il est possible de personnaliser le programme pour l’adapter au mieux à votre niveau de connaissance ou celui des membres de votre équipe.

Les dates des formations collectives, ouvertes à tous, sont les suivantes :

  • La Rochelle, les 6 février et 5 juillet
  • Paris, les 20 février et 11 juillet
  • Bordeaux, les 8 mars et 29 août
  • Montpellier, le 20 mars
  • Marseille, le 21 mars
  • Lyon, le 22 mars
  • Nantes, le 4 avril
  • Poitiers, le 10 avril
  • Angoulême, le 12 avril

Ces formations collectives seront ouvertes à partir de 5 inscrits et jusqu’à 12 participants.

Toutes nos formations sont éligibles au financement par le DIF (droit individuel à la formation des élus).

Contactez-nous pour plus d’informations.

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PREVIOO au Salon Day-Click le 21 novembre prochain

PREVIOO, le logiciel créé par Plebiscit, a été sélectionné par le Syntec Numérique pour exposer au Village de l’Innovation du Salon Day-Click, le rendez-vous des acteurs du numérique.

Rejoignez-nous au CENTQUATRE-PARIS (5 rue Curial 75019 Paris, métro Stalingrad ou Marx Dormoy) de 10h à 17h pour une présentation de notre solution et faire connaissance avec l’équipe !

Pour vous inscrire, cliquez ici

Plus d’infos sur le salon ici

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Moraliser, est-ce démocratiser ?

Ces dernières années, citoyens, politiques (et communicants !) n’ont eu de cesse de réclamer la transparence, le renouveau et la moralisation de la classe politique, déplorant la crise démocratique latente et le manque de réaction des élus. On ne peut donc que se réjouir de la réforme lancée par le gouvernement Philippe quelques semaines après son installation. Mais va-t-elle assez loin et surtout, les mesures proposées sont-elles suffisamment réfléchies pour être exhaustives et pérennes ?

 

La politique, la morale, le droit

 

Pour André Malraux  « On ne fait pas de politique avec de la morale, mais on n’en fait pas davantage sans ». L’actuel Garde des Sceaux compte, quant à lui, aussi sur  le droit : son projet de loi « pour la confiance dans notre vie démocratique » implique en effet trois modifications normatives dont une constitutionnelle :

 

Une révision de la Constitution tout d’abord, pour supprimer la Cour de Justice de la République, mettre un terme à la pratique conférant automatiquement un siège au Conseil constitutionnel pour les anciens Présidents de la République et pour interdire le cumul de 3 mandats successifs.

 

Une nouvelle loi organique ensuite, pour une réforme « profonde » du financement de la vie politique. C’est ce texte qui fixera les conditions de création d’une banque destinée à prêter de l’argent aux partis pour leurs campagnes électorales. Il vise également à faire certifier les comptes des partis politiques à partir d’un certain seuil de financement public (mesure qui était déjà en place pour certaines associations répondant à ce critère).

 

Une modification législative classique, enfin, pour interdire aux ministres comme aux parlementaires (députés et sénateurs) de recruter des membres de leur famille (« ascendants, descendants, conjoints » mais quid des frères et sœurs ou des ex-conjoints ?) ou encadrer les activités de conseil des parlementaires, qui ne pourront plus s’y adonner à partir d’un an avant l’obtention de leur mandat (quid, ici, de ceux qui sont déjà engagés à la fois dans cette activité et dans la vie politique ?).

 

Cette future loi mettra également un terme à la réserve parlementaire, remplacée par un fonds d’action pour les territoires et les projets d’intérêt général ; et à l’ indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) sous sa forme actuelle. Les députés et les sénateurs seront remboursés en frais réels, sur présentation de factures qui seront contrôlées par leurs assemblées respectives.

 

On voit déjà les limites de ces propositions : à peine établies, aussitôt contournées ? Et si légiférer n’était simplement pas la bonne solution pour s’assurer de la probité de nos élus ?

 

Et si la solution était ailleurs ? 

 

La meilleure solution est celle qui est adaptée au système électoral de chaque pays et à la capacité de ses élus à s’adapter d’eux-mêmes aux aspirations des citoyens qu’ils représentent.

 

En Grande-Bretagne, une autorité de régulation parlementaire indépendante, l’IPSA, a été créée dès 2009 pour gérer à la fois le traitement, les dépenses et les retraites des parlementaires. Chaque année, elle publie en même temps que ses comptes un rapport sur les bonnes pratiques que les parlementaires doivent adopter. En 2017, elle a décidé d’interdire le recrutement par les élus de membres de leurs familles mais aussi de relations d’affaires proches, pratique qui, encore aujourd’hui, reste dans ce pays encore plus répandue qu’en France.

 

En Suède, ce ne sont pas les parlementaires qui choisissent leurs collaborateurs, mais le parti. Fait peu connu, cette possibilité est offerte aux députés français qui peuvent faire le choix de recourir au pool de collaborateurs constitué par leur groupe politique.

 

Depuis la loi de transparence de 2013, l’Espagne oblige élus et hauts fonctionnaire à davantage de transparence sur leurs budgets. Les parlementaires choisissent leurs assistants eux-mêmes et publient au Journal Officiel leurs noms, le type et la durée de leur contrat ainsi que leur fiche de poste.

 

Au Maroc, la question a été posée au nouveau chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, dès son premier passage devant le Parlement fin mai. Sa réponse s’inscrit dans le cadre plus large de la moralisation de la vie publique et de la lutte contre la corruption.

 

Aux Etats-Unis, enfin, depuis le Watergate, chaque membre du gouvernement et chacun de leurs collaborateurs passent le test du vetting process, soit un questionnaire d’une soixantaine de pages examiné ensuite point par point. On est loin de la seule procédure de vérification fiscale opérée en France sur le patrimoine des ministres par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique !

 

 

En conclusion, si le message politique qui sous-tend les propositions du nouveau gouvernement répond parfaitement à une volonté citoyenne forte, c’est bien lors de son application que l’on prendra toute la mesure de leur pertinence.

 

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Paroles, paroles …

Après les débats des primaires de droite en octobre et novembre dernier, puis ceux de la gauche en janvier, le premier débat des présidentielles se tient le lundi 20 mars, environ un mois avant le premier tour de scrutin.

Sur les 11 candidats, seuls Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron, Benoît Hamon, François Fillon et Marine Le Pen ont été invités à participer : une autre des situations inédites de cette campagne, dans laquelle candidats, médias et électeurs doivent s’adapter à de nouvelles règles du jeu… tout en gardant bien en tête celles qui sont toujours d’application.

Il en va ainsi des temps de parole, contrôlés par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) sur la base des dispositions pertinentes de la loi organique de modernisation des règles applicables à l’élection d’avril 2016 et d’une recommandation du 7 septembre 2016.

Depuis l’année dernière, l’égalité du temps de parole n’est sanctionnée que pendant la campagne officielle de la présidentielle, c’est-à-dire à compter du 10 avril jusqu’au 21 avril à minuit, puis entre le 28 avril et le 5 mai à minuit.

En-dehors de cette période, c’est le principe d’équité qui prévaut : chaque candidat et soutien du candidat dispose d’un temps de parole proportionnel au poids politique de son mouvement dans le paysage politique national. C’est ainsi que du 1er février au 12 mars, Charlotte Marchandise, candidate non qualifiée issue de la société civile, a disposé de 14 minutes de temps de parole sur BFM TV, 30 secondes sur CNEWS, 11 minutes sur France 3 ; François Fillon d’un peu plus de 2 heures sur TF1, près de 25 heures sur France 5 et 65 heures sur CNEWS.

 

Une autre distinction s’applique entre temps de parole et temps d’antenne : le premier comprend les interventions médiatiques du candidat et de ses soutiens ; le second inclus le temps de parole auquel sont ajoutées l’ensemble des sujets consacrés au candidat, si ceux-ci ne lui sont pas explicitement défavorables. C’est pourquoi les nombreux sujets consacrés aux « affaires Fillon » n’entrent pas dans ce décompte.

Reste que tous les médias ne sont pas concernés par l’obligation de transmission de ces informations : si France 24, Arte, LCP et Public Sénat se conforment aux principes d’équité et d’égalité, elles n’ont pas à le justifier devant le CSA.

Surtout, le CSA a précisé que son contrôle ne s’étend « pas aux services qui, exclusivement accessibles par voie de communication au public en ligne, sont consacrés à la propagande électorale des candidats ou des formations politiques qui les soutiennent. » Les chaines YouTube ou sites internets des candidats diffusant, par exemple des vidéos de soutien, ne sont donc pas concernés.

La solution, pour ces nouveaux médias, est à chercher ailleurs, dans le droit européen : la directive « Services de Medias audiovisuels », dont la révision est à l’examen au Parlement européen, pourrait permettre au CSA d’y étendre son contrôle.

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Un mandataire financier, pour quoi faire ?

Vous êtes candidat aux élections législatives de 2017 ? Vous n’avez plus que quelques jours pour officialiser le choix de votre mandataire financier ! En effet, depuis la loi de modernisation des règles électorales d’avril 2016, la période de financement d’une campagne électorale débute 6 mois (au lieu de 12) avant la date du scrutin, ce qui porte l’échéance au 1er décembre 2016. Au-delà des seules obligations sanctionnées par le Code électoral, pourquoi et comment vous assurer de choisir le bon mandataire ?

 

Chaque candidat a l’obligation légale de désigner un mandataire auprès de la préfecture de la circonscription dans laquelle il se présente, au plus tard à la date à laquelle sa candidature est enregistrée. Cette formalité est une condition sine qua non de réception de la candidature.

 

Le candidat peut choisir de désigner une personne physique ou de créer une association de financement électorale (loi 1901 ou droit local dans les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle). Il doit vérifier au préalable que son mandataire ne présente pas d’incompatibilité, au risque de voir son compte de campagne rejeté et son inéligibilité déclarée. Ainsi, le mandataire doit jouir de sa pleine capacité juridique, ne peut être en charge que d’un seul candidat et ne peut être frappé d’interdiction bancaire.

 

Pour le candidat, le mandataire joue plusieurs rôles d’importance au cours de sa campagne : il est son « portefeuille », réglant les dépenses et encaissant les recettes ; son banquier, tenant une main courante journalière ; mais aussi son documentaliste, collectant et conservant les justificatifs des dépenses et recettes, qu’il devra remettre à l’expert-comptable chargé de présenter le compte de campagne ; ou encore son juriste, étant notamment chargé de vérifier la régularité dés dépenses ou de rembourser les dons irréguliers.

 

Au vu de la sensibilité des informations auxquelles le mandataire aura accès et de la gravité des sanctions auxquelles il s’expose, le candidat devra donc choisir une personne de confiance, prête à s’engager loyalement à ses côtés sur toute la durée de la campagne et au-delà. Reste qu’en cas de difficulté, le candidat conserve la possibilité de changer de mandataire en cours de campagne, à condition de respecter certaines procédures.

 

A noter enfin : le mandataire ne se substitue pas au candidat pour toutes les démarches. En effet, c’est bien le candidat qui est responsable du respect du plafond de campagne; lui encore qui date, signe et certifie exact son compte de campagne et est responsable de sa sincérité; lui enfin, qui le dépose, au plus tard avant 18 heures le dixième vendredi suivant le premier tour de scrutin, ou l’envoie par voie postale avant cette date limite.

 

Pour rappel, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) a mis à jour son guide du candidat et du mandataire. Il fait le point sur les règles relatives au mandataire, au compte de campagne, à la catégorisation et la justification des recettes et dépenses, au remboursement, etc. Vous pouvez y accéder en cliquant ici.

 

 

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Les Macron de l’histoire politique

On les encense, on les adule, on leur prédit l’avenir le plus brillant. Un jour on se met à penser à la présidentielle, car en France on pense assez vite à la présidentielle, et on se dit qu’ils feraient de tellement bons présidents de la République.

 

Alors on se dit que c’est eux ! Que c’est une évidence, qu’ils vont apporter un vent de nouveauté dans notre vie politique sclérosée et accaparée par de vieux messieurs qui n’y comprennent plus rien.

 

Et puis on réalise les premiers sondages qui confirment que ce sont eux que les Français veulent, alors on diffuse des reportages pour dire aux Français à quel point ils sont modernes et vont remettre la France dans le droit chemin. Tout cela s’enchainant dans la joie et la félicité.

 

Eux ? Ce sont ces hommes et femmes politiques qui tombent du ciel et passent en un temps record de l’anonymat à la course à l’Élysée faisant fi de toutes les étapes traditionnelles.

 

On ? Les médias bien sûr mais aussi une bonne partie du monde politique, qui aime se trouver des nouveaux champions, mais également des Français lambda qui aimeraient voir de nouveaux visages dans le champ politique.

 

Mais un seul d’entre eux a-t-il seulement réussi à aller jusqu’au bout ? Les statistiques sont-elles favorables à Emmanuel Macron qui a franchi le Rubicon et ne pourra prolonger sa carrière politique que par un succès (au moins relatif) en 2017 ?

 

Historiquement le premier à avoir connu une ascension éclair est Jean Lecanuet, brillant jeune politique du début des années soixante, sa capacité à s’exprimer à la télévision avec aisance en fait l’un des premiers hommes politiques télégéniques. On lui prédit un destin exceptionnel, voire la capacité de battre le général de Gaulle en 1965 lors de la première élection présidentielle au suffrage universel direct. Hélas il n’en est rien, et un score honorable de 15% ne lui permit pas de peser ultérieurement. Sa carrière nationale s’arrête en 1977 après avoir été Garde des Sceaux.

 

Dans les années 80, les années fric, Bernard Tapie est omniprésent. Dans les affaires, les médias, le football, la musique (si, si). On ne voit que lui. Aussi quand il décide de se lancer en politique, au sein du PS et à Marseille pour défier directement sur ses terres un Jean-Marie Le Pen à l’apogée de sa forme, tout le monde l’imagine aspirant aux plus hautes fonctions. Devenu ministre de la Ville, l’emballement est généralisé, Tapie sera Président en 1995 ! Rêve brisé, par les affaires bien sûr mais aussi par une opposition généralisée de la gauche et un abandon en rase campagne par François Mitterrand une fois passées les européennes 1994.

 

Plus récent est le cas de Ségolène Royal, députée des Deux-Sèvres depuis 1988, ministre sous Pierre Bérégovoy, elle jaillit sous le feu des projecteurs après sa victoire en Poitou-Charentes lors des régionales 2004. Dès lors tout le monde médiatique s’emballe, femme moderne, vainqueur d’une élection difficile, pourquoi ne deviendrait-elle pas candidate du PS face aux éléphants ? Candidate elle le sera, mais les éléphants sont rancuniers, et au second tour de l’élection présidentielle elle est défaite par Nicolas Sarkozy. Après cela il fût difficile de maintenir l’intérêt, et faute d’une réelle adhésion sa candidature à la primaire socialiste de 2011 a tourné au fiasco suivi d’une législative chaotique et perdue à La Rochelle.

 

Alors les statistiques sont-elles en faveur d’Emmanuel Macron ? Clairement, non. Dans un système institutionnel, quel qu’il soit, il est difficile de prouver sa valeur en deux ans à peine. Et dans notre vieille France où le président de la République est un monarque républicain, le peuple hésite encore à confier son destin à un homme ou une femme qu’il ne connaît pas depuis très longtemps.

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Quel plan de bataille pour François Hollande en 2017 ?

“Ce n’est pas possible, m’écrivez-vous; cela n’est pas français”. François Hollande n’a jamais été bonapartiste mais cette phrase de l’Empereur au Général Jean Lemarois en pleine campagne d’Allemagne, un an avant la première abdication, doit avoir aujourd’hui une résonance particulière au sein de l’Elysée.

 

Car ce n’est pas un mystère, nombreux sont ceux qui dans l’entourage du Président considère que la défaite est déjà là, inexorable. Et à l’image du Maréchal Bernadotte, les défections se multiplient, comme Montebourg et Hamon candidats à la Présidence de la République après avoir été Ministres de François Hollande.

 

Chacun veut ménager l’avenir et certains anticipent la débâcle finale. Ce sont les Murat, Ney, Marmont et consorts qui ne veulent pas lier leurs destins politiques au souverain et pensent à 2022. Ce sont Valls et Macron par exemple.

 

Et puis il reste les fidèles parmi les fidèles, ceux qui en cas de défaite partiront en exil avec le Chef de l’Etat. Ce sont les Cambronne, Caulaincourt et Bertrand d’aujourd’hui à savoir Le Drian, Cazeneuve ou Ayrault.

 

Mais alors que la campagne de France approche, quel plan de bataille pourrait permettre à François Hollande de rester sur le trône cinq ans de plus ?

 

Le Président de la République a accepté de se soumettre à une primaire, ce sera donc une bataille préliminaire pour assoir son autorité sur la gauche (plus exactement le parti socialiste), corps d’armée nécessaire pour affronter la droite, l’extrême-droite et la gauche de la gauche.

 

Pour cette première bataille la division de l’adversaire le sert, plus il y aura de candidats alternatifs moins la primaire apparaitra sérieuse (nous le constatons avec la primaire de la droite et ses douze candidats). L’opposition interne à François Hollande n’est pas unie, Filoche, Lienemann, Hamon et Montebourg n’ont pas été capables d’opposer un front unique.

 

Pour François Hollande il conviendra de les affronter successivement tout en veillant qu’ils ne puissent pas effectuer leur jonction. Avec quel message ? “Le seul qui peut faire gagner la gauche c’est moi. J’ai respecté ma parole et les engagements pris devant les électeurs de la primaire”.

 

Supposons la primaire gagnée, sans nier que des combats d’arrière-garde auront lieu, François Hollande devra alors s’engager dans la plus grande des batailles.

 

Il devra alors affronter simultanément les forces du candidat Les Républicains, du Front National et, cela ne fait aucun doute, de Jean-Luc Mélenchon. Une bataille de Leipzig en quelque sorte avec, dans le rôle du Roi de Saxe, Cécile Duflot, l’ancienne alliée qui ne manquera d’envoyer ses maigres troupes combattre François Hollande dans une alliance de fait avec tous ceux qui veulent mettre fin au règne de François Hollande.

 

A l’issue de cette bataille les jeux seront faits, et les manoeuvres des uns et des autres ne changeront plus rien.

 

Pour l’emporter François Hollande devra se poser en sage père de la Nation, qui assure la sécurité des Français et défend les intérêts de la France dans un monde dangereux. Bien sûr cela ne suffira pas, il devra mettre toutes ses forces dans la bataille et malheureusement pour lui, son bilan ne lui fournira que de faibles régiments.

 

Mais le chemin de crête existe, la multiplication des adversaires peut être une chance si ceux-ci s’affrontent entre eux au lieu de consacrer toutes leurs forces sur lui.

 

 

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