De l’importance de partir tôt sans attendre les investitures

Les 11 et 18 juin 2017 auront lieu les élections législative. L’échéance peut paraître lointaine, d’ailleurs les états-majors politiques sont concentrés sur les élections présidentielles, les législatives attendront.

 

Dans certains cas il s’agit aussi de maintenir la pression sur les potentiels candidats, au PS les investitures ne seront données que le 13 décembre, ce qui est régulièrement rappelé aux frondeurs et aux “alliés”. Chez Les Républicains la confusion n’a d’égale que l’importance de la chose. Avec, en substance, ce message implicitement envoyé par certains candidats aux candidats potentiels : “N’oublies pas que si je gagne, je choisirai qui aura l’investiture, fais bien attention à tes choix”.

 

Enfin au FN et à l’UDI, le choix a été fait de ne pas attendre et de foncer pour ne pas se retrouver le bec dans l’eau, et, peu bercés d’illusions sur le résultat de la présidentielle, se préparer à sauver les meubles à l’Assemblée Nationale.

 

Mais vous qui êtes candidat, ou plus exactement qui souhaitait porter les couleurs de votre parti, pourquoi attendre l’investiture pour mener campagne ? Ne serait-il pas judicieux de commencer dès maintenant ?

 

Commencer à faire campagne aujourd’hui ne signifie pas forcément oblitérer la présidentielle, au contraire, c’est le moment ou jamais de développer votre notoriété dans votre circonscription, de vous y investir, et, innocemment, de parler de vous en parlant du candidat que vous soutenez.

 

L’investiture est en soi déjà une campagne électorale, à vous de devenir le candidat naturel de votre camp, celui qui relève de l’évidence par son implication et son dévouement sans faille à la cause et aux valeurs du parti.

 

À vous de forcer la main de votre parti !

 

La récente modification de la législation réduit la durée de la tenue des comptes de campagne de un an à six mois, vous disposez donc de six mois supplémentaires pour faire campagne sans être tenu à un quelconque plafond de dépenses. Si vous le pouvez, faites un maximum d’actions de terrain ! Commencez à faire du porte-à-porte en votre nom propre, récoltez de l’information, faites vous connaître !

 

Bien sûr les investitures comportent une forte dimension politique, et malheureusement trop souvent du copinage ou du parachutage, mais les législatives qui arrivent s’annoncent comme les plus hasardeuses de la Vème République avec un fort risque d’absence de majorité absolue et d’une tripartition de l’Assemblée Nationale.

 

Aussi les partis ne négligeront aucune circonscription, votre mission en tant que candidat en puissance est de démontrer que vous êtes le mieux à même de conserver ou conquérir votre circonscription.

 

Une campagne électorale ne peut pas se faire en quelques mois et encore moins en quelques semaines, si vous voulez mettre toutes les chances de votre côté il est primordial que vous commenciez dès maintenant à développer votre message et votre programme. Vous devez faire preuve de constance et de cohérence dans le temps, or les électeurs ne peuvent le croire que s’ils vous entendent dès longtemps avant le jour du scrutin.

 

 

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Quelle place dans l’Histoire pour un Président de la République ?

La phrase a attiré la moquerie. À un an de l’élection présidentielle, la déclaration de François Hollande sur France Culture, ce 24 mai 2016 : “Aujourd’hui, je suis dans l’Histoire” ne pouvait qu’être reprise et retournée par ses opposants.

 

Mais sur le fond, cette phrase, et plus globalement tout le propos qui a été tenu, pose une vraie question : Quelle relation nos Présidents entretiennent-ils avec l’Histoire ? Comment construire cette relation ? Certains diraient la mettre en scène.

 

Il est évident que nos Présidents souffrent toujours d’une comparaison avec leurs prédécesseurs, républicains ou non, qui ont fait l’Histoire de France. Louis XIV ou Napoléon ont fait l’Histoire, à coup d’épée et de constructions grandioses. Assurément aidés par l’absence totale de comptes à rendre auprès de leurs sujets.

 

Mais qu’en est-il de nos Présidents de la République ?

 

Le premier d’entre-eux Louis-Napoléon Bonaparte a liquidé la République au bout de trois ans pour devenir Empereur. Et c’est sous le nom de Napoléon III qu’il est passé à la postérité.

 

Patrice de Mac-Mahon et Adolphe Thiers ont marqué l’Histoire car ils ont vécu les tragiques évènements de la guerre franco-prusienne et de la Commune. Mais qui se souvient de Jean Casimir-Perier ? De Sadi Carnot ? De Jules Grévy dont le ministre de l’Instruction Publique, Jules Ferry, a eu un poids historique bien supérieur ?

 

Albert Lebrun vécut les évènements les plus tragiques du XXème siècle, la défaite de la France et l’effondrement de l’armée de la République dans les chaudes journées de juin 1940. Qui s’en souvient ? Qui s’interroge sur son rôle dans la débâcle ? Qui le blâme d’avoir nommé Philippe Pétain Président du Conseil ?

 

Quelle empreinte les deux Présidents de la IVème République ont-ils laissée ? Vincent Auriol mais surtout René Coty volontairement choisi par les parlementaires car inconnu parmi les inconnus.

 

Sans conteste Charles de Gaulle a voulu réinscrire le Chef de l’Etat dans la lignée des figures historiques françaises. Et pour se faire, la Constitution et sa vie personnelle ont été des atouts de poids. Prisonnier à Verdun, chef de la Résistance et restaurateur de la République, il était dans l’Histoire avant de devenir Président de la République. Un avantage considérable dont ne bénéficia aucun de ses successeurs.

 

Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand et Jacques Chirac ont connu la guerre a des degrés divers, ils ont vécu le tragique qui est un marchepied incomparable vers la grandeur et la solennité.

 

Comment marquer l’Histoire lorsqu’on a connu que la paix ? Lorsque devenu Président de la République il n’est plus question de lancer les armées à la conquête de nouvelles provinces ? Lorsque la République n’est plus menacée ?

 

Néanmoins à la différence de ses récents successeurs, François Hollande a peut-être connu davantage de tragique, la guerre au Mali par exemple, où il a du prendre seul la décision d’envoyer des milliers de jeunes soldats combattre dans l’aridité du désert, un ennemi déterminé. Mais aussi et surtout l’horreur des attentats de 2015. Peut-être est-ce cela qui sera retenu de son passage à la tête de l’Etat.

 

Car il est indéniable que personne ne rentrera dans l’Histoire pour avoir réduit le chômage ou la dette. L’Histoire ne s’intéresse pas aux bons gestionnaires mais aux créateurs de rêves.

 

La communication politique a un rôle à jouer pour aider les Présidents à entrer dans l’Histoire. Mitterrand a tout misé sur le concept de monarque républicain, il a voulu marquer physiquement la France et personne n’a autant modifié Paris depuis le baron Haussmann.

 

Les grands personnages de l’Histoire sont ceux qui ont laissé de grands héritages. Ceux qui ont non-seulement marqué leur temps mais dont l’oeuvre perdure à travers les décennies et les siècles. Encore faut-il bâtir le dit héritage et s’assurer qu’il soit reconnu à sa juste valeur.

 

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La circonscription de Christian Estrosi pourrait-elle passer au FN ?

À partir des résultats des différents scrutins électoraux qui ont eu lieu dans la circonscription (sauf les municipales) depuis les législatives de 2012, une projection peut être réalisée en vue des législatives partielles qui auront lieu les 22 et 29 mai.

 

La figure politique dominante de la circonscription est sans conteste Christian Estrosi. Maire de Nice, député de la circonscription il a également été tête de liste pour les régionales de décembre 2015. Toute la problématique étant de savoir si les électeurs qui votaient Christian Estrosi voteront pour Marine Brenier.

 

Tous les scores indiqués sont en % des inscrits.

 

Une domination de la droite de gouvernement

 

La circonscription est très clairement de droite. Sur sept tours de scrutin, la droite gouvernementale est arrivée en tête six fois, la seule exception fut la victoire du FN lors des Européennes 2014.

 

L’électorat de droite n’a que peu bougé depuis 2012, entre les premiers tours des législatives et des régionales le nombre d’électeurs est passé de 21814 à 20215. Le second tour des élections régionales a même marqué un nouveau record absolu pour la droite avec 32166 électeurs.

 

Sur la circonscription, le vote pour la droite est fort partout sans être cependant homogène. Lors des élections législatives, européennes, départementales ou régionales, il n’y a pas eu une seule commune où le score de la droite gouvernementale ait été significativement inférieure à la moyenne de la circonscription.

 

Point curieux, alors que Christian Estrosi est maire de Nice, la droite y réalise des performances inférieures à sa moyenne y compris lors du second tour des élections régionales où l’enjeu était maximal, et y compris lorsque l’élection se fait sur son seul nom (cf législatives 2012).

 

Il n’y a jamais eu de surmobilisation de l’électorat niçois en faveur de la droite gouvernementale. De façon concomitante il apparaît que le score de la droite gouvernementale est anti-corrélé au nombre d’inscrits. Dit autrement, et en moyenne, plus il y a d’inscrits dans une commune moins le score de la droite gouvernemental est élevé. Or comme Nice représente 67% des électeurs de la circonscription, elle tire vers le bas le score de la droite gouvernementale.

 

La disparition de la gauche gouvernementale

 

Si au second tour des législatives 2012 la gauche gouvernementale ne représentait déjà que 18,9% des inscrits soit 16168 électeurs son socle électoral n’a cessé de fondre. Notamment pour sa composante principale, le PS, qui est passé de 12419 électeurs de premier tour à 5350 en trois ans, soit une chute de près de 57% de son électorat. Le creux de la vague ayant été atteint aux européennes lorsque seulement 3444 électeurs avaient voté PS.

 

Le score de 6,07% des inscrits au premier tour des élections régionales pour la liste d’union de la gauche rend inenvisageable toute qualification pour le second tour des élections législatives partielles.

 

La spectaculaire dynamique du FN

 

Depuis les législatives 2012, le FN connaît une progression fulgurante de son électorat. Contrairement à d’autres territoires où 2015 a marqué une pause dans cette progression, ici la dynamique n’a pas été interrompu.

 

De 10559 électeurs en 2012 le FN est passé à 21762 au deuxième tour des élections régionales, soit un doublement de l’électorat en trois ans. De plus il est arrivé en tête, avec une avance très confortable, lors des européennes avec 13288 électeurs contre 9653 pour l’UMP.

 

Car une des caractéristiques désormais du vote FN est la mobilisation constante de son électorat quelque soit le scrutin, ce qui lui donne un poids relatif supérieur lors des élections à faible participation (cf les européennes 2014). Ce qui dans le cadre d’une élection partielle peut être un facteur déterminant.

 

l’implantation du FN sur la circonscription est plutôt homogène avec cinq communes où il surperforme (score supérieur à la moyenne plus l’écart-type) et trois où il sous-performe. Fait intéressant de la circonscription, lors du premier tour des élections législatives et départementales, le score du FN était positivement corrélé au nombre de d’inscrits. Dit autrement le FN réalisait de meilleures performances dans les zones urbaines peuplées que dans les autres, ce qui va à l’encontre du modèle classique du vote FN qui veut que les aires urbaines y soient réticentes. Modèle classique qui a été retrouvé lors de la candidature de Marion Maréchal-Le Pen aux régionales.

 

Sur la seule ville de Nice aucun effet Estrosi contre le vote FN n’est mesurable. Si le FN réalise à Nice un score inférieur à sa moyenne dans la circonscription c’est dans des proportions tout à fait comparable à la droite gouvernementale.

 

D’ailleurs lors du premier tour des régionales, le FN est arrivé en tête dans 21 bureaux de vote sur 66 pour 11190 électeurs contre 12783 pour la liste menée par Christian Estrosi.

 

Conclusions

 

– La législative partielle se jouera entre le FN et Les Républicains

 

– La forte mobilisation du FN dans les scrutins à faible participation est un risque pour la candidate LR (Aux européennes avec 42% de participation le FN est arrivé largement en tête)

 

– Une forte participation à Nice pourrait, paradoxalement, être défavorable à la candidate LR proche de Christian Estrosi.

 

– Il est fort peu probable que le Front Républicain soit efficace, aux régionales l’enjeu était fort avec le risque d’une présidence FN pour toute la PACA pour six ans, là il ne sera question que d’une circonscription et pour un an seulement.

 

Si sur le papier la candidate LR part favorite, les différents éléments développés peuvent laisser craindre un fort score du FN voire sa victoire au terme d’un scrutin qui devrait peu mobiliser l’électorat.

 

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Élections partielles pour enseignements généraux

Hier se sont tenues deux élections partielles. L’une départementale en Meuse où le Front National jouait la préservation de son seul canton du département et l’autre législative en Loire-Atlantique où le PS entendait conserver le siège, ô combien symbolique, de Jean-Marc Ayrault.

 

Force est de constater que si les uns ont atteint leur objectif, le PS malgré une neutralité malveillante d’EELV a conservé la troisième circonscription de la Loire-Atlantique, les autres ont été sèchement désavoué, le binôme FN ayant perdu face à l’UDI dans un score sans appel 57,79% contre 42,21.

 

Mais dans ces deux scrutins le véritable vainqueur, celui qui a réuni plus de 50% des inscrits, ne fut autre que l’abstention. En effet celle-ci s’est élevée à 74,2% en Loire-Atlantique et à 56,6% dans la Meuse. S’il est impossible de dire pourquoi tous ces citoyens se sont abstenus tant les motivations peuvent être diverses, il est en revanche possible de poser ce constat : moins de la moitié des électeurs ont eu suffisamment confiance dans les institutions et le jeu politique pour se déplacer aux urnes.

 

Chez Plebiscit l’abstention est un sujet de préoccupation majeur, persuadés qu’un désintérêt des citoyens pour la vie politique et électorale, une défiance profonde pour le personnel politique ou des règles d’inscription sur les listes électorales trop complexes seront, à terme, des facteurs puissants d’affaiblissement de notre démocratie.

 

Ce constat, ainsi des préconisations urgentes à destination de la classe politique, a été réfléchi et posé noir sur blanc dans un livre : “Aux urnes et caetera…” publié avant les élections régionales.

 

Convaincus que pour renouer le lien avec les citoyens il est urgent de retourner les voir, concrètement par le biais du porte-à-porte, et de mieux cerner leurs préoccupations et leurs attentes, un outil en ligne de gestion des campagnes électorales, Previoo, a également été développé et est disponible depuis le 1er mars.

 

2017 sera une année politique majeure, il est urgent que la classe politique se remette en question et retourne au contact des Français pour mieux les comprendre et aussi pour leur redonner confiance dans nos institutions et leurs représentants.

 

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Que reste-t-il du 21 avril 2002 ?

“Imaginez juste une minute, Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le candidat, que vous ne soyez pas au second tour.

 

– Oui

 

– Vous votez pour qui ?

 

Éclats de rire de Lionel Jospin.

 

– Non, j’ai une imagination normale, mais tempérée par la raison quand même, donc…

 

– C’est impossible ?

 

– Impossible, ne disons pas ça mais ça me paraît assez peu vraisemblable, hein ? Bon, donc on peut passer à la question suivante peut-être ?”

 

Interview de Lionel Jospin, le 17 avril 2002 par John Paul Le Perse pour le Vrai journal de Karl Zéro.

 

La suite nous la connaissons tous, quatre jours plus tard, Lionel Jospin finit en troisième position du premier tour de l’élection présidentielle derrière Jean-Marie Le Pen. Ce fût un séisme politique et médiatique sans précédent dans l’histoire de la Vème République.

 

Séisme imprévisible ? Le 18 avril 2002, face au même journaliste que Lionel Jospin, Jean-Marie Le Pen affiche sa confiance, pour lui tout se jouera entre 17 et 18%, et sans doute à la décimale près pour le départager de Lionel Jospin. Avec 16,86% des suffrages exprimés pour l’un et 16,18 pour l’autre difficile de lui donner tort.

 

Jospin fût-il sanctionné pour son action en tant que Premier Ministre ? Difficile de le croire. Quatre ans après son arrivée, en octobre 2001 le baromètre TNS Sofres (Qui depuis 1978 mesure avec la même méthodologie la popularité des Présidents et des Premier Ministre) lui donne encore 59% d’opinions favorables. Jamais un Premier Ministre n’avait atteint ce score après un si long séjour à Matignon.

 

Entre 1997 et 2001 la croissance fût en moyenne de 3%, du jamais vu depuis la fin des Trente Glorieuses, le chômage reflua de 800 000 personnes et le commerce extérieur redevint excédentaire. De quoi faire baver d’envie les dirigeants actuels.

 

Comment expliquer cet échec ?

 

Forts de leur bilan, les différentes composantes de la Gauche Plurielle ont toutes voulu défendre leurs intérêts et peser sur le programme de Lionel Jospin pour son quinquennat à venir. Ainsi ce sont cinq candidats issus des partis de la Gauche Plurielle qui sont présents au premier tour de la Présidentielle.

 

À eux cinq ils ont obtenu 32,45%, soit un score excellent pour un pouvoir sortant. Il aurait suffi qu’un seul des quatre renonce pour assurer la victoire de Lionel Jospin. Le 21 avril fût d’abord le fruit d’une erreur stratégique majeure.

 

La campagne a également été dominée par les sujets sur l’insécurité, Jacques Chirac ne pouvant attaquer le bilan économique, choisit ce cheval de bataille. Sur TF1, entre le 1er et le 18 avril 2002 ce sont 55 sujets (à 95% avec une tonalité négative) qui furent consacrés à l’insécurité dans les JT.

 

Jospin n’a pas voulu aborder ce sujet outre-mesure et a continué de parler de son programme économique, or puisque l’économie allait bien les Français ne s’en préoccupaient pas et attendaient des réponses sur d’autres sujets. Le 21 avril fût aussi une erreur tactique de la part de Lionel Jospin qui n’a pas fait la campagne qui s’imposait.

 

Après cette catastrophe, la gauche se ressaisit et le concept de “vote utile” émergea, pleinement opérationnel en 2007 il permit à Ségolène Royal de faire plus de 25% des suffrages exprimés quand Les Verts et le PCF sombraient sous les 2%.

 

En 2012 la crainte d’un 21 avril s’est dissipée, à gauche tout le monde mesure le rejet de Nicolas Sarkozy, et François Hollande plane dans les sondages entre 28 et 30%, largement en tête pour le premier tour. Cette dissipation de la crainte conduit de nombreux électeurs de gauche à ne pas voter directement pour le PS au premier tour mais à suivre leurs convictions en votant Mélenchon qui obtient 11% des suffrages.

 

Et pour 2017 ?

 

À gauche sans nul doute le naturel est de retour et les candidatures seront multiples mais pas pour les mêmes raison qu’en 2002. Au vu de la défaite annoncée de François Hollande, chaque composante de la gauche va chercher à marquer des points pour peser sur la recomposition future de la gauche. De plus certains préféreraient sans doute contribuer à la défaite de François Hollande qu’à sa réélection.

 

Quant à la peur d’un 21 avril elle a totalement disparu. Le choc du 21 avril venait en grande partie de la surprise d’une qualification de Jean-Marie Le Pen que personne n’avait anticipé, l’an prochain la véritable surprise viendrait sans doute de la non-qualification de Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle.

 

Un autre élément a également été intégré par les Français : le résultat du second tour en 2002. La défaite de Jean-Marie Le Pen a été cuisante, aucune progression entre les deux tours, un vote sans hésitation des électeurs de gauche pour Jacques Chirac malgré les procédures judiciaires contre lui. Tout laisse à penser que ce même scénario pourrait se répéter l’an prochain.

 

Aussi du 21 avril 2002 il reste un fait historique marquant, des expressions qui sont passées dans le langage populaire “vivre un 21 avril”, “un 21 avril à l’envers” mais l’épouvantail politique lui, est bel et bien mort.

 

 

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Le droit à la formation des élus locaux

Chaque élu local, qu’il soit de la majorité ou de l’opposition, a le droit de bénéficier d’une formation adaptée à ses fonctions.

 

Dans les trois mois suivant leur renouvellement, les conseils municipaux, généraux ou régionaux ainsi que les conseils des communautés de communes, d’agglomérations ou urbaines, doivent délibérer sur l’exercice du droit à la formation de leurs membres.

 

Par ailleurs, un tableau récapitulant les actions de formation des élus financés par la collectivité ou l’établissement est annexé au compte administratif. Ce document donne lieu à débat annuel sur la formation des membres de l’assemblée de la collectivité ou de l’établissement.

 

Depuis le 1er janvier 2016, le montant prévisionnel des dépenses de formation ne peut être inférieur à 2% du montant total des indemnités de fonction susceptibles d’être allouées aux élus de la commune (montant théorique prévu par les textes, majorations y compris).

 

Le montant réel des dépenses de formation ne peut excéder 20% du même montant. Les crédits relatifs aux dépenses de formation qui n’ont pas été consommés à la clôture de l’exercice au titre duquel ils ont été inscrits sont affectés en totalité au budget de l’exercice suivant. Ils ne peuvent être reportés au-delà de la fin de la mandature (c’est à dire l’année au cours de laquelle intervient le renouvellement de l’assemblée délibérante).

Les frais de formation comprennent :

 

– les frais de déplacement qui comprennent, outre les frais de transport, les frais de séjour (c’est-à-dire les frais d’hébergement et de restauration),

 

– les frais d’enseignement,

 

– pour les élus salariés, la compensation de la perte éventuelle de salaire, de traitement ou de revenus, justifiée par l’élu et plafonnée à l’équivalent de 18 jours, par élu et pour la durée du mandat. Elle est de même nature que l’indemnité de fonction et est donc soumise à CSG et à CRDS.

 

Les élus salariés doivent faire une demande écrite à leur employeur au moins 30 jours avant le stage en précisant la date, la durée du stage et le nom de l’organisme de formation agréé par le ministre de l’Intérieur.

 

L’employeur privé accuse réception de cette demande. Si l’employeur privé n’a pas répondu 15 jours avant le début du stage, la demande est considérée comme accordée.

 

Par contre, si l’employeur privé estime, après avis du comité d’entreprise ou des délégués du personnel, que l’absence du salarié aurait des conséquences préjudiciables à la production et à la bonne marche de l’entreprise, la demande peut être refusée, à condition toutefois d’être motivée et notifiée à l’intéressé.

 

Si l’élu salarié renouvelle sa demande 4 mois après la notification d’un premier refus, l’employeur est obligé de lui répondre favorablement.

 

Les élus fonctionnaires ou contractuels sont soumis au même régime mais les décisions de refus, s’appuyant sur les nécessités de fonctionnement du service, doivent être communiquées avec leur motif à la commission administrative paritaire au cours de la réunion qui suit cette décision.

 

Dans tous les cas, l’organisme dispensateur de formation doit délivrer à l’élu une attestation constatant sa fréquentation effective, que l’employeur peut exiger au moment de la reprise du travail.

 

Les frais de formation constituent une dépense obligatoire pour la commune, à condition que l’organisme dispensateur de la formation soit agréé par le ministre de l’Intérieur (agrément dispensé après avis du Conseil national de la Formation des Elus locaux).

 

Droit individuel à la formation (DIF)

 

À compter du 1er janvier 2016, les membres du conseil municipal bénéficient, chaque année, d’un DIF d’une durée de 20 heures, cumulable sur toute la durée du mandat et financé par une cotisation obligatoire, dont le taux ne peut être inférieur à 1 %, prélevée sur leurs indemnités.

 

L’exercice de ce droit relève de l’initiative de chacun des élus et peut concerner des formations sans lien avec l’exercice du mandat, notamment pour acquérir des compétences nécessaires à la réinsertion professionnelle à l’issue du mandat.

 

Les membres de l’organe délibérant des communautés de communes, communautés d’agglomération, communautés urbaines et des métropoles bénéficient également du DIF.

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Les enjeux des législatives de 2017 vus par Plebiscit

Rarement le paysage politique à un an de l’élection présidentielle n’aura été aussi complexe, avec un Président de la République sortant contesté par de larges pans de sa famille politique qui réclament l’organisation d’élections primaires pour désigner le candidat et une droite (Les Républicains et l’UDI) qui avance en ordre dispersée et qui pour la première fois de son histoire gaullo-bonapartiste n’a pas de chef naturel mais une armée mexicaine de poids, plus ou moins, lourds de la vie politique qui rêvent de devenir Président. Ou du moins de peser sur celui qui sera désigné au terme du processus des primaires de la droite.

 

En embuscade, le FN, plus fort que jamais, rassemblant en cette fin d’année 2015 le plus grand nombre d’électeurs de ses quarante années d’existence, aborde l’année 2017 avec confiance. Confiance dans la capacité de Marine Le Pen à se qualifier au second tour de l’élection présidentielle et ainsi reproduire l’exploit du 21 avril 2002 de Jean-Marie Le Pen. Confiance également, au vu de l’implantation locale de plus en plus forte du Front National, à améliorer significativement sa présence à l’Assemblée Nationale où il ne dispose que d’un député et demi pour le moment (En effet Gilbert Collard n’est pas membre du FN, il est apparenté FN et membre du Rassemblement Bleu Marine).

 

Le schéma classique pour tous les Présidents de la Vème République fraîchement installés au Palais de l’Elysée a toujours été soit de trouver une Assemblée Nationale déjà élue en concordance politique (Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy) soit de dissoudre pour bénéficier de la vague électorale (Mitterrand) soit, grâce au quinquennat et à l’inversion du calendrier, de bénéficier de législatives de confirmation un mois après (Hollande).

 

Néanmoins il se pourrait que 2017 produise une situation unique dans les annales de la Vème République, un Président de la République nouvellement élu (L’option la plus probable étant celle de la victoire du candidat qui remportera la primaire de la droite) qui ne disposerait pas d’une majorité claire à l’Assemblée Nationale pour appliquer son programme politique.

 

Et la cause même de cette possibilité est à chercher du côté du mode de scrutin choisi en 1958 pour tailler en pièce le parti communiste français : le scrutin majoritaire à deux tours.

 

Ce scrutin a pour effet d’éliminer de la représentation les petits partis sans alliés qui, s’ils peuvent se qualifier pour le second tour, sont ensuite battus par celui qui dispose des reports de voix. Et à l’origine ce système a parfaitement produit les effets escomptés, les candidats PCF se qualifiaient pour le second tour dans de nombreuses circonscriptions puis ne disposaient d’aucune réserve de voix, notamment car les électeurs SFIO puis PS ont toujours été réticents à apporter leurs suffrages aux candidats communistes.

 

Ainsi, à moins d’être localement majoritaire, un petit parti ne pouvait pas espérer disposer de sièges à l’Assemblée Nationale. Les deux grandes forces politiques, et les alliés qu’ils acceptaient de soutenir, étaient assurées de contrôler l’Assemblée Nationale en toute circonstance.

 

Cependant aujourd’hui le même système qui devrait assurer la prédominance de Les Républicains  et de ses alliés de l’Union des Démocrates et des Indépendants (UDI) lors des législatives 2017 pourrait les empêcher de devenir majoritaire à l’Assemblée Nationale.

 

Car en effet à la différence de l’élection présidentielle où seuls les deux premiers sont qualifiés pour le second tour, une originalité a été introduite dans le scrutin majoritaire pour les élections législatives. Le seuil des 12,5% des inscrits.

 

Ce seuil, qui autorise chaque candidat à une élection législative ayant réalisé au moins 12,5% des inscrits à se qualifier pour le second tour, permet les fameuses triangulaires ou quadrangulaires où le vainqueur est celui qui obtient la majorité relative des suffrages exprimés.

 

Cette possibilité est un paradoxe car elle va à l’encontre même du principe majoritaire du scrutin car peut gagner un candidat qui n’est pas majoritaire parmi les suffrages exprimés !

 

Sur un plan arithmétique, la participation aux élections législatives est désormais d’environ 60%, avec la règle des 12,5% des inscrits cela signifie qu’il faut réaliser en moyenne 20,8% des suffrages exprimés accéder au second tour. Or ce score est actuellement atteignable par trois forces politiques : le Parti Socialiste, Les Républicains et le Front National.

 

Sur tout le territoire le nombre de triangulaires potentiels est massif, si l’on se fie aux résultats des élections régionales, les candidats du Front National devraient se qualifier quasi-systématiquement dans les Hauts-de-France, le Grand Est, la Bourgogne-Franche-Comté, la PACA et l’ancien Languedoc-Roussillon.

 

Que se passera-t-il lors des seconds tours ? Notamment si les résultats se tiennent dans un mouchoir de poche ? Qui peut croire qu’après avoir perdu la présidentielle, la gauche abandonne systématiquement chaque circonscription où elle arriverait troisième ? Qui peut croire qu’après une victoire à la présidentielle des candidats de droite renoncent à tout espoir de devenir députés pour faire barrage au FN ?

 

Si chaque camp réalise 25% des suffrages exprimés, alors avec le principe d’une victoire à la majorité relative, il est légitime de croire en ses chances de victoire.

 

Les triangulaires, dans la configuration politique actuelle, peuvent être source du plus grand aléa dans la composition de l’Assemblée Nationale dont disposera le prochain Président de la République.

 

Que faire avec une Assemblée Nationale qui comporterait 250 députés de gauche, 250 de droite, 50 du Front National et le reste (17) de non-inscrits ou de non alignés ? Comment gouverner le pays ? Qui nommer Premier Ministre ? Comment appliquer le programme présidentiel ?

 

Un élément renforce également les chances de victoire du Front National dans de nombreuses circonscriptions : les candidatures multiples.

 

Longtemps une règle simple a valu, à droite comme à gauche chaque parti présente un candidat par circonscription puis, au soir du premier tour, tous les candidats d’un camp rallient celui qui est arrivé en tête y compris s’ils ont eux-mêmes atteint les 12,5% des inscrits. Cette configuration permettait d’assurer un duel droite/gauche au second tour dans chaque circonscription et le groupe de chaque parti était fonction de sa capacité à placer son candidat en tête.

 

Le premier tour devenait au sein de chaque camp l’équivalent d’un scrutin majoritaire à un tour !

 

Aujourd’hui cette option est inenvisageable car avec le poids du Front National, et la faiblesse de la participation, présenter deux candidatures dans un camp (par exemple un candidat Les Républicains et un candidat UDI au premier tour) serait synonyme de risque de disqualification des deux lors du premier tour.

 

Or cette hypothèse n’est pas une vue de l’esprit, les relations entre l’UDI et Les Républicains ne sont pas au beau fixe et le congrès de l’UDI du 20 mars 2016 a acté la préparation des législatives en autonomie et le lancement du processus d’investiture des candidats.

 

Les divisions dans les deux grands camps de la vie politique ne pourront que bénéficier au Front National qui verra sa qualification pour le second tour facilité, y compris lorsqu’il n’atteindra pas les 12,5% des inscrits, et affrontera des candidats qui risquent de ne pas bénéficier d’un bon report des voix.

 

Le scénario le plus noir, les instances internes du Front National l’ont déjà envisagé. À partir des résultats des élections régionales, bureau de vote par bureau de vote, ils estiment que 107 circonscriptions peuvent être remportées par des candidats FN.

 

Avec 107 députés FN il est évident que la droite républicaine et le centre peuvent difficilement espérer disposer des 289 députés nécessaires pour disposer de la majorité absolue, en comptant les non-inscrits ce la reviendrait à réduire la gauche, toutes tendances confondues, à 150 députés.

 

Alors tout espoir est-il perdu ? Non !

 

Chez Plebiscit, agence de communication politique, nous sommes convaincus que la tangente n’est pas nécessairement la courbe et que bien des facteurs peuvent encore empêcher ce scénario catastrophe d’avoir lieu.

 

Pourquoi ? D’abord parce qu’en politique une année est équivalent à une éternité et que donc tout peut arriver, et surtout car dans un scrutin serré, les 40% d’abstentionnistes aux élections législatives détiennent les clés du scrutin.

 

Ce sont eux que les candidats de la droite et du centre (Les Républicains et UDI) qui veulent remporter les élections législatives dans la foulée d’une victoire présidentielle de la droite, doivent aller rencontrer en priorité ! Pour les voir, pour comprendre leurs préoccupations et pour les convaincre d’aller voter.

 

Voici le véritable enjeu des élections législatives 2017 pour les candidats de la droite et du centre : aller à la reconquête des abstentionnistes, et surtout tous ces électeurs qui après avoir voté à droite à la présidentielle ne compteraient pas aller voter aux élections législatives.

 

Pour ce faire Plebiscit propose à tous ces candidats un outil pour gagner les législatives : Previoo, le logiciel d’organisation des campagnes électorales.

 

Avec Previoo chaque candidat peut très facilement diriger sa campagne sous tous ses aspects et organiser des missions de campagne pour aller à la rencontre des citoyens.

 

Previoo permet d’affecter des missions à des militants, de collecter de l’information sur les citoyens et notamment leurs préoccupations, leur propension à l’abstentionnisme ou leur volonté de s’engager aux côtés du candidat.

 

Dans le détail, Previoo permet d’assigner sept missions principales tournées vers les citoyens : le porte-à-porte, passer des appels, le tractage, le collage d’affiches, la collecte de dons, le parrainage et l’organisation d’évènements.

 

Et parce que dans une campagne le candidat n’est jamais mais dispose d’une équipe autour de lui, Previoo lui permet d’organiser son équipe et de donner à chacun des responsabilités au sein même de l’outil.

 

Previoo c’est l’outil global qui va permettre aux candidats de renouer le lien avec ses électeurs car chez Plebiscit nous sommes convaincus qu’il est vital pour notre démocratie que les élus retournent au contact des citoyens, et ce sur le long terme, pas uniquement les quatre semaines précédents le scrutin et pas uniquement dans le cadre de la distribution de tracts sur les marchés ou par quelques messages sur Facebook ou Twitter.

 

Pour nous chez Plebiscit, Previoo n’est un outil pertinent que s’il est utilisé très en amont du scrutin, dès aujourd’hui  pour les législatives 2017 et pourquoi pas les municipales 2020.

 

Il est urgent pour les candidats de renouer avec les citoyens et Previoo, avec ses nombreuses fonctionnalités, est le logiciel en ligne qui va faciliter ce renouveau de la pratique des campagnes électorales et permettre de les remporter en 2017.

 

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Que reste-t-il de la gauche en France ?

 

Qu’il semble loin ce 6 mai 2012, cette place de la Bastille où le “peuple de gauche” exultait de remporter enfin l’élection présidentielle 24 ans après la dernière victoire de François Mitterrand. C’en était fini de Nicolas Sarkozy, l’UMP était renvoyée dans l’opposition redécouvrir un rôle qu’elle ne maîtrise que peu.

 

Ce soir là, sur la scène tout le monde est heureux de la victoire de François Hollande. Valérie Trierweiller, Martine Aubry, Arnaud Montebourg, Jean-Marc Ayrault ou Jérôme Guedj applaudissent à tout rompre.

 

Un mois après, le PS et ses alliés remportent la majorité absolue des sièges à l’Assemblée Nationale, 331 députés sont élus pour mettre en oeuvre la politique du Président de la République. À ce moment précis jamais la gauche en France n’a connu un pareil alignement des étoiles.

 

Présidence de la République, Assemblée Nationale, Sénat, Régions, Départements et Communes, la gauche dispose de tous les leviers du pouvoir à tous les niveaux du pays. Cerise sur le gâteau, la fin de l’année est marquée par une lutte fratricide entre Copé et Fillon, qui décrédibilise totalement l’UMP.

 

2013 aurait dû être l’année de tous les possibles pour la gauche, un zénith de pouvoir et de transformation de la société par la réforme négociée. Mais cela n’a jamais eu lieu…

 

Dès son entrée en fonction une incompréhension est née entre François Hollande et une partie de la gauche. Dans l’imaginaire collectif de gauche, lorsque la gauche arrive au pouvoir, de grandes mesures sociales au profit des plus faibles sont prises, or François Hollande veut créer des richesses avant de les redistribuer, les symboles attendront. Tout un symbole.

 

Les incompréhensions se succèdent, qu’est ce qui empêche la réalisation de la grande réforme fiscale ? La séparation des activités spéculatives de celles de dépôt au sein des banques ? Pourquoi avoir céder aussi vite sur le nouveau traité européen ?

 

À l’autre bout du spectre de la gauche les mêmes incompréhensions ont lieu, pourquoi ne va-t-on pas plus loin et plus vite dans la réforme ? Vers une vraie sociale-démocratie ?

 

Le pacte sur lequel reposait l’union de la gauche pour 2012 était imprécis, fruit d’une synthèse de François Hollande pour s’assurer du soutien de tous les courants du PS dans l’entre-deux tours des primaires de 2011, ce qui a conduit à son explosion rapide.

 

La fracture a eu lieu et elle est béante, les premiers symptômes sont apparus plus vite qu’on n’a pu le croire. L’opposition entre Arnaud Montebourg et Jean-Marc Ayrault sur la nationalisation de Florange ou le désaccord de Delphine Batho sur le budget furent les premiers révélateurs d’une crise profonde.

 

Deux visions du monde différentes ont cru pouvoir travailler de concert, chacune espérant secrètement convertir l’autre dans l’exercice du pouvoir, et il s’avéra que ce ne fût pas possible.

 

Un homme veut accélérer le processus de clarification et liquider définitivement la gauche “à l’ancienne”. Cet homme c’est évidemment Manuel Valls, depuis son arrivée à Matignon il s’efforce de bâtir cette nouvelle gauche qui du passé veut faire table rase. Mais la résistance à son action est forte et son poids politique demeure limité, car après tout, n’a-t-il pas fait que 5% à la primaire ?

 

Alors une guerre ouverte a lieu, chaque camp a ses généraux qui en leur sein entretiennent des luttes fratricides plus qu’ils ne bâtissent des coalitions. Toutes les composantes de la gauche s’affrontent entre elles, laissant le champ libre à un FN de plus en plus fort (Qui ne se prive pas d’ailleurs de recycler la rhétorique de la gauche) et à des Républicains qui, sans être désirés par la Nation, entendent bien reprendre un à un les leviers du pouvoirs.

 

La gauche dispose encore de l’Assemblée Nationale et de la Présidence de la République. Pour 16 mois seulement ? Peut-être, mais il ne faut jamais oublier que en politique comme en chimie rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Qui aurait misé sur l’avenir du PS après les législatives de 1993 ? La gauche est en pleine recomposition, nul ne peut dire ce qu’il en adviendra ni qui la dirigera.

 

 

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Le livre dans la communication politique en France

À l’approche de l’élection présidentielle la fibre littéraire des candidats se réveille, chacun publie un livre où il dévoile sa vision de la France et le rapport qu’il entretient avec elle, pourquoi elle va mal et comment il entend lui redonner sa splendeur d’antan.

 

Cet exercice du livre politique est une spécificité française, sans doute la conséquence que notre classe politique avant d’être dominée par les énarques, les polytechniciens, les professions libérales et les fonctionnaires, fût le lieu d’affrontements des lettrés et des littéraires.

 

Mitterrand, De Gaulle, Jaurès ou Hugo furent les dignes représentants de ces politiques lettrés à la production littéraire foisonnante.

 

Aussi l’imaginaire collectif est-il imprégné de cette croyance du Chef d’Etat gardien d’un certain classicisme à la française qui doit savoir prendre la plume pour détailler ses idées. Pour sa réélection de 1988 François Mitterrand n’a-t-il pas écrit une “Lettre à tous les Français” ?

 

Néanmoins une évolution très significative à eu lieu au cours des dernières décennies dans le fond comme dans la forme de ces ouvrages. Au fil du temps le sujet principal de ces livres n’a plus été la France, la République, la société ou même la politique au sens de l’ensemble des affaires qui touchent à la vie de la cité.

 

Un glissement a eu lieu vers l’égocentrisme, le livre politique aujourd’hui parle de son auteur par son auteur dans un exercice autocentré. La disparition progressive de la frontière entre la vie privée et la vie publique conduit les hommes politiques à projeter leurs expériences personnelles comme autant de preuves de leurs déterminations futures.

 

Le projet n’est plus prioritaire, la réflexion sur la vision du monde, l’avenir de notre société n’importent plus. Le politique ne nous éclaire plus sur le chemin où il veut nous conduire, il nous demande de lui faire confiance et de le suivre.

 

Les livres politiques étaient des essais, ils sont devenus des romans d’apprentissage où le “je” qui n’existait pas est devenu omniprésent et surtout omnipotent.

 

On a beaucoup parlé de la “peopolisation” de la vie politique ces dernières années, il est intéressant de noter que leurs photos se trouvent désormais en gros sur la première de couverture, juste en dessous de leurs noms.

 

Mais dans la profusion certains tirent leurs épingles du jeu et continue de perpétuer cette tradition du livre politique naviguant entre pamphlet et essai. Citons Jean-Luc Mélenchon ou François Bayrou qui résistent encore à la tentation de ne parler que de leurs augustes personnes. Et au fond ce sont eux que l’histoire retiendra peut-être, quelque soit leur succès en librairie.

 

Et si tout le monde se souvient du “Coup d’Etat permanent” de François Mitterrand, pourtant peu de gens l’ont eu dans leur bibliothèque car avec 60 000 exemplaires vendus entre 1964 et 1993, il est difficile de parler d’un succès commercial. Malgré cela le destin fût au rendez-vous.

 

 

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Yannik Hennequin analyse la sortie de “La France pour la vie” pour le journal 20 Minutes

Le 25 janvier est sorti le dernier livre de Nicolas Sarkozy. Neuf ans après “Ensemble” publié dans l’euphorie de la marche triomphale vers le pouvoir, “La France pour la vie” est moins un livre programmatique qu’une tentative de renouer avec les Français en esquissant timidement une rétrospective du quinquennat.

 

Dans un article du 28 janvier, le journal 20 Minutes s’intéresse au désintérêt généralisé des Français pour le nouveau livre de Nicolas Sarkozy, et interroge à ce sujet le co-fondateur de Plebiscit Yannik Hennequin.

 

Interrogé sur la raison du désintérêt, le jugement du consultant est sans appel : “En termes de communication, le problème de Nicolas Sarkozy est la crédibilité. Comment, après avoir été le représentant de la digression, peut-il passer à l’autoflagellation ? C’est incohérent et cela ne fonctionne pas.”

 

Pour 75% des sondés le livre s’inscrit dans le cadre d’une opération de communication de Nicolas Sarkozy visant à reconquérir son électorat. Cependant pour Yannik Hennequin “un livre politique réussi doit manier le courage, l’authenticité et du fond. Or Nicolas Sarkozy saupoudre ses idées dans ce livre réalisé à la dernière minute, sans que le fond ne suive”

 

Retrouvez l’intégralité de l’article sur le site de 20 Minutes

 

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