Primaires républicaines : le plébiscite du Président sortant

Alors que les primaires démocrates battent leur plein et que la concurrence se fait toujours aussi rude après plusieurs semaines de campagne, les primaires républicaines se font beaucoup plus discrètes.

Et pour cause, Donald Trump, le président sortant, est assuré de l’emporter, n’ayant que des opposants de forme pour permettre le lancement de sa campagne pour des élections générales.

Pour autant, la campagne des primaires républicaines peut parfois s’éloigner de son but recherché. En l’occurrence, les premières primaires indiquent que certains candidats parviennent à obtenir des scores honorables face à D. Trump. Enfin, puisque le résultat des primaires semble évident, il est important d’essayer de qualifier la participation des électeurs républicains.

Le précédent des primaires républicaines de 2016

Le déroulé des primaires de 2016 indique que cette primo-élection est parfois sujette à des surprises de taille et permet d’anticiper plusieurs facteurs lors des élections générales suivantes.

À rebours de la grande majorité des analyses politiques et des sondages Donald Trump, avec son style outrancier et sa rhétorique nationaliste, parvient à s’imposer face à des cadors de l’establishment républicain. Peu prise au sérieux au début de la campagne, la candidature de celui qui deviendra Président des États-Unis témoigne pourtant très rapidement d’une possibilité de victoire assez nette. Le secret ? Reprendre des électeurs abstentionnistes en jouant sur la fibre nationaliste et la doctrine « America First » et utiliser les réseaux sociaux pour faire passer des messages très percutants et quasiment personnalisés en exploitant les données en ligne.  

Donald Trump gagne ainsi dans plusieurs États de « la ceinture de la rouille » (Rust Bell), États qu’il gagnera de nouveau lors des élections générales lui permettant, en partie, de l’emporter face à H. Clinton.

La menace Bill Weld

Le gouverneur du Massachusetts, en manque de notoriété sur le plan national, mène une campagne qu’il sait perdue d’avance.

Il est parvenu à prendre un délégué dans l’Iowa et à obtenir 9 % des suffrages et des sondages le donnent à 14 % dans le Massachusetts.

Il se positionne comme un modéré capable de gagner dans un État démocrate avec plus de 70 % des suffrages. Il estime par ailleurs qu’il en va de son « devoir moral » d’offrir une opportunité aux électeurs républicains face à Trump.

Malgré cette candidature, Donald Trump aborde les primaires comme une formalité, à juste titre tant la victoire lui semble assurée pour atteindre le nombre de délégués requis.

Un autre élément est de bon augure pour les élections générales à venir. Alors que D. Trump n’a de rivaux sur le papier, la mobilisation et l’enthousiasme de son camp sont très forts.

Les primaires : répétition générale avant l’élection de novembre

Comme l’explique Alex ISENSTADT de Politico, Donald Trump reprend déjà ses habitudes qui l’ont fait gagner en 2016. Il encourage ses fervents supporters à aller voter pour une démonstration de force face aux démocrates, dont les primaires sont bien plus concurrentielles et donc plus médiatisées.

En usant lors de meetings et d’attaques personnifiées envers les caciques du parti démocrate, mais aussi contre les minorités, les médias, voire même certains pays rivaux, le Président entretient une spirale de violence politique à travers les réseaux sociaux.

La recette fonctionne : 31 000 voix obtenues en Iowa quand B. Obama en obtenait 25 000 en 2012, pour sa campagne de réélection. Dans le New Hampshire, l’écart est encore plus important puisque le Président sortant reçoit 129 696 votes, plus du double des totaux de G. Bush et B. Obama.

Donald Trump semble certain de gagner les élections générales et estime que l’objectif des démocrates est de l’éjecter du pouvoir à tous prix. Il dénonce ainsi la mise en accusation dont le procès très médiatisé a finalement abouti à un acquittement.

Cette rhétorique très violente face aux démocrates laisse cependant place à une plus grande incertitude, évoquée par plusieurs commentateurs de la situation politique aux États-Unis : en décrédibilisant ses opposants politiques et en estimant être le seul à pouvoir garder le pouvoir, acceptera-t-il le résultat des urnes en novembre prochain ? 

Retrouvez tous nos articles sur la campagne américaine

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Le Super Tuesday

Le Super Tuesday est un incontournable des primaires aux Etats-Unis. Lors de cette grande journée électorale, 1357 délégués ont été désignés pour la Convention Nationale qui consacrera le candidat démocrate face à D. Trump.

Les candidats en lice étaient encore nombreux la semaine précédent ce vote crucial. Se trouvaient du coté modéré J. Biden, ancien vice-Président sous B. Obama, la sénatrice du Minnesota A. Klobuchar, le maire de South Bend, P. Buttigieg, le philanthrope T. Steyer, ainsi que la candidate représentante d’Hawaï T. Gabbard (dont les résultats sont négligeables). À ce panel de candidats s’ajoute l’ancien maire de New-York, le multimilliardaire M. Bloomberg. L’ensemble de ces candidats soutient une inflexion relative des politiques états-uniennes, dans la continuité de celles menées par B. Obama.

Le principal argument de ces candidats ? La nécessité de défaire D. Trump lors des élections générales de novembre.

De l’autre coté de la fracture idéologique prégnante au sein du parti démocrate se trouvent les radicaux E. Warren, sénatrice du Massachusetts et B. Sanders, sénateur du Vermont et déjà candidat aux primaires de 2016 face à H. Clinton. Ces derniers promeuvent une transformation radicale de la politique américaine en usant des prérogatives de l’État pour surseoir aux droits élémentaires de la population comme l’accès à la santé et à l’éducation, mais aussi la dépénalisation du cannabis, l’effacement de la dette étudiante … Leurs détracteurs leur reprochent de ne pas avoir de financement fiable pour mener ces politiques.  

Contexte : des ralliements inattendus de dernière minute

Le contexte précédent le Super Tuesday est plutôt favorable à B. Sanders qui remporte le New Hampshire et le Nevada autant en nombre de voix qu’en nombre délégués, malgré l’énorme cafouillage lors de l’obtention des résultats du Caucus de l’Iowa, première étape des primaires. Il est par ailleurs au coude-à-coude avec P. Buttigieg dans l’Iowa mais largement distancé par J. Biden en Caroline du Sud, dernière étape avant le Super Tuesday.

Les premiers résultats permettent de scinder l’électorat selon leurs caractéristiques sociologiques et leur vote vers un candidat modéré ou un candidat radical. Les jeunes, les latino-américains ainsi que les indépendants votent en majorité pour B. Sanders tandis que les démocrates plus âgés, plus riches, ainsi que les électeurs africain-américains votent en plus grande majorité pour les modérés.

C’est à l’issue de la primaire de Caroline du Sud que Tom Steyer abandonne la course, le 29 février, après des scores décevants. P. Buttigieg et A. Klobuchar qui ne parviennent pas à s’imposer en Caroline du Sud, État avec une forte population africaine-américaine et déterminant pour les élections générales, abandonnent leur campagne respective. A. Klobuchar rallie immédiatement J. Biden tandis que P. Buttigieg prendra cette décision quelques jours après.

Résultats : Joe Biden – le champion de la gauche centriste

La campagne s’éclaircit alors avec J. Biden, T, Gabbard et M. Bloomberg d’un coté et B. Sanders ainsi que E. Warren de l’autre.

Dans la continuité de sa victoire en Caroline du Sud, J. Biden l’emporte dans les États du Sud comme l’Alabama, l’Arkansas, l’Oklahoma et le Tennessee mais aussi dans d’autres États où la population est plus aisée comme la Virginie. Le ralliement de la sénatrice du Minnesota lui permet de prendre l’État du Nord du pays.

La surprise provient de deux États : le Massachussetts, d’où est élue la sénatrice E. Warren qui est sèchement battue et arrive derrière J. Biden et B. Sanders malgré un électorat favorable aux radicaux. Les supporters de B. Sanders ne manqueront alors pas d’appeler au retrait de la sénatrice et de critiquer les conséquences du maintien de sa candidature. Un grand État, pourvoyeur de 228 délégués sur les 3 979 sur l’ensemble des primaires, est remporté de justesse par J. Biden, bien que B. Sanders était donné gagnant.

Ce dernier remporte tout de même la Californie, plus grand pourvoyeur de délégués, ainsi que le Colorado, l’Utah et le Vermont, lui permettant de rester largement en course, avec 80 délégués de retard sur son concurrent J. Biden.

La fracture idéologique du parti et la décomposition du vote selon les caractéristiques sociologiques de la population se confirme à l’issue du Super Tuesday, annonçant une campagne haletante et longue pour les deux septuagénaires. L’objectif est de s’opposer en permettant tout de même un rassemblement ultérieur face à D. Trump.

Quels enseignements tirer ?

Dans l’optique des élections municipales en France, un enseignement majeur est à tirer : la dynamique l’emporte sur l’arithmétique.

Bien que très présent sur le terrain, donné gagnant dans plusieurs États, une adhésion de l’électorat démocrate aux idées défendues, le sénateur B. Sanders s’est fait reprendre par le candidat J. Biden, qui enchaine les approximations et erreurs de communication comme de fond. Son passé ne joue pas en sa faveur puisqu’il a voté pour la guerre en Irak, contre le mariage gay et a entretenu une politique ségrégationniste. Son comportement envers les femmes est également pointé du doigt. À tout cela s’ajoute le fait que J. Biden n’a pas fait campagne dans tous les États remportés.

Et pourtant, il est parvenu à écrire l’histoire de sa campagne, celle d’un perdant qui revient en force. Il est par ailleurs largement perçu comme le candidat le plus rassembleur, capable de prendre des voix aux Républicains modérés (la même analyse était faite avec H. Clinton).

Cette dynamique de campagne se retrouve en partie lors des élections municipales lors de l’entre deux tours. Avec une seule semaine de battement, une dynamique est difficile à inverser même avec une campagne très bien organisée. Il est donc primordial d’éviter au maximum une dispersion des listes afin d’arriver en tête lors du premier tour et de s’imposer lors du second.

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Shadow : l’appli qui secoue la primaire démocrate

En 2020, et pour la première fois dans l’histoire des primaires démocrates, les résultats des caucus sont transmis par voie électronique au détriment de l’utilisation du téléphone. Ce changement, mal anticipé et caractérisé par de nombreux problèmes, a conduit à la débâcle du caucus de l’Iowa.

Dans le cas des primaires démocrates, plusieurs chiffres sont publiés : le vote initial que chaque candidat avait obtenu ; le score des candidats à l’issue du « Second Round » ; le nombre de délégués finaux désignés par candidat. Le tout contribuant à brouiller en partie la lecture des résultats et source potentielle de tensions. 

Le déroulement des caucus de l’Iowa

La plupart des primaires démocrates se déroulent précisément sous forme de primaires à l’échelle des États. Pour autant, certains d’entre eux ont conservé le mode de désignation des délégués pour la Convention Nationale sous forme de caucus, bien que sa forme soit contestée.

L’Iowa, tout comme le Nevada, le Colorado, le Minnesota, les Samoa, le Dakota du Nord, les Iles Mariannes, l’Alaska, Hawaï, le Wyoming, le Wisconsin, Guam, et les Iles Vierges, a conservé cette forme de désignation des délégués.

Un changement majeur : l’utilisation de l’application Shadow

Le parti démocrate avait opté pour une solution électronique, estimant que l’envoi des résultats par téléphone était trop peu fiable.

Pourtant, il semblerait que Shadow, l’application choisie pour le remplacer est largement critiquable : le téléchargement et l’installation de l’application, le manque de fonctionnement des codes de sécurité, l’impossibilité de transférer l’intégralité des résultats.

Lorsque l’état-major du parti a voulu revenir à l’utilisation du téléphone, les lignes étaient saturées notamment du fait d’un acte de malveillance à l’initiative de forums de l’alt-right américaine. 

Bien que les problèmes techniques n’aient pas été détaillés, il est désormais connu que l’entreprise n’a eu que deux mois pour créer l’application sans possibilité de tests en amont des élections. L’agence de sécurité informatique du département de l’Intérieur n’a pas pu contrôler les mesures de sécurité de l’application.

Aux problèmes techniques s’ajoutent les problèmes des utilisateurs : parfois âgés ou en zone rurale, ils n’ont pas tous la capacité à utiliser l’application.

De fait, les organisateurs du caucus du Nevada ont annoncé avoir renoncé à utiliser cette application le 22 février.

Quels effets pour quelle durée ?

Les effets sont multiples sur la campagne et pour autant peu quantifiables sur l’impact en termes de participation à venir pour les primaires dans les autres États et dans la confiance envers le Parti Démocrate.

Plusieurs voix s’étaient faites entendre en 2016 lors de la victoire de H. Clinton déjà face à B. Sanders notamment grâce aux voix des grands électeurs, ces caciques du parti démocrate qui n’ont à présent plus ce droit, pour contester la volonté réelle ou supposée du Parti pour empêcher une victoire de la gauche radicale. Le fait que des anciens responsables de la campagne de H. Clinton et de celle de P. Buttigieg soient responsables de l’application Shadow, censée comptabiliser les résultats et source de disfonctionnement, amplifie le climat de méfiance.

Loin de pallier à ces doutes, le déroulement du caucus de l’Iowa les renforce en partie puisque, une semaine après le vote, les résultats ne sont toujours pas connus que plusieurs membres des équipes des candidats les contestent.

En parallèle, l’acquittement de Donald Trump lors de son procès en impeachment et la hausse de sa côte de popularité à 49 % confirme la difficulté des démocrates à venir. Comme l’affirme une partie des républicains, le seul gagnant des primaires démocrates c’est celui qui n’y participe pas : Donald Trump.

Voir aussi : les primaires démocrates, comment ça marche ?

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Les primaires démocrates : comment ça marche ?

Les primaires démocrates de 2020 ont débuté le 3 février et se termineront le 6 juin 2020. La convention nationale, qui désignera le ou la candidate du Parti démocrate pour les élections générales de novembre se déroulera entre le 13 et le 16 juillet 2020 à Milwaukee, dans le Wisconsin.

Le processus des primaires s’échelonne donc au fur et à mesure de l’année et correspond à autant d’élections qu’il y a d’États. Chaque État envoie un certain nombre de délégués à la Convention Nationale selon sa population et l’importance de l’État pour le Parti. Chez les démocrates, chaque candidat obtient un nombre de délégués proportionnel au score obtenu dans chaque État. Le parti républicain a parfois un envoi de délégué selon l’adage « the winner takes it all » : le candidat arrivé en tête remporte tous les délégués de l’État.

Ainsi, les démocrates favorisent les états qui votent « bleu » (couleur traditionnellement liée à ce parti) aux élections générales, comme la Californie ou New York, en leur accordant une plus grande importance en termes de nombre de délégués lors des primaires.

Les républicains adoptent la même stratégie en renforçant le poids du Texas par exemple.

Les différentes primaires

Les primaires s’appuient sur les votes des électeurs qui désignent directement le candidat qu’ils soutiennent. Des délégués sont ensuite désignés à la proportionnelle à partir de ce vote pour la Convention Nationale. Les primaires peuvent être ouvertes, fermées, semi-fermées ou semi-ouvertes.

  • La primaire ouverte permet à l’ensemble des électeurs quelque soit leur parti de venir voter à la primaire.
  • La primaire semi-ouverte est elle aussi ouverte à tous les électeurs mais ces derniers doivent choisir un bulletin de vote (en public ou en privé) affilié à un parti. L’électeur peut donc voter aux primaires démocrates et républicaines mais sa préférence partisane sera enregistrée uniquement pour les primaires.
  • La primaire semi-fermée permet aux membres du parti en question d’aller voter ainsi que les indépendants. Pour autant, ces derniers, lors du vote, doivent adhérer à un parti au moment de leur vote (de fait de manière publique).
  • La primaire fermée n’est ouverte qu’aux adhérents du parti qui organise la primaire.

Les différents caucus

Le caucus n’est pas un vote au sens strict du terme. Les militants des primaires se regroupent dans des endroits définis et forment des groupes selon les candidats qu’ils soutiennent. Il s’agit du « First Round ».

Par ailleurs, cette année et pour la première fois, des « caucus satellites » sont mis en place : il s’agit des caucus effectués en amont afin de permettre aux absents le soir du caucus en question de pouvoir quand même participer. 

Le « Second Round » est l’élimination des candidats qui ne regroupent pas au moins 15 % de ces « électeurs ». Ils peuvent alors se reporter vers des candidats encore en lice. Les militants désignent leurs représentants au niveau du comté selon le candidat qu’ils soutiennent. Ces représentants élisent ensuite des représentants au niveau de l’État qui envoient ensuite d’autres délégués à la Convention Nationale. Il s’agit donc d’un vote en pyramide avec trois étapes (en plus de la dernière qui consacre le candidat pour les élections générales).

Les caucus ressemblent aux primaires en ce que certains sont ouverts, fermés, semi-ouverts ou semi-fermés.

Ce mode d’élection est critiqué notamment pour son manque de représentativité et donc de démocratie : les représentants des comtés, avec la règle des 15 % agissent parfois de manière indépendante et donc au détriment du vote des militants. Les corrélations partisanes (les candidats de gauche radicale se reportent les uns vers les autres ; tout comme les modérés entre eux) sont parfois annihilées au profit de préférences personnelles.

Le calendrier des primaires

Date État Élection Nombre de délégués
3 février Iowa Caucus semi-ouverts 41
11 février New Hampshire Primaire semi-fermée 24
22 février Nevada Caucus fermés 36
29 février Caroline du Sud Primaire ouverte 54
3 mars Alabama Primaire ouverte 52
Arkansas Primaire ouverte 31
Californie Primaire semi-ouverte 415
Caroline du Nord Primaire semi-ouverte 110
Colorado Caucus fermés 67
Maine Primaire fermée 24
Massachusetts Primaire semi-fermée 91
Minnesota Caucus ouverts 75
Oklahoma Primaire semi-fermée 37
Samoa américaines Caucus fermés 6
Tennessee Primaire ouverte 64
Texas Primaire ouverte 228
Utah Primaire ouverte 29
Vermont Primaire ouverte 16
Virginie Primaire ouverte 99
10 mars Dakota du Nord Caucus 14
Étranger Primaire fermée 13
Idaho Primaire ouverte 20
Michigan Primaire ouverte 125
Mississippi Primaire ouverte 36
Missouri Primaire ouverte 68
Washington Primaire ouverte 89
14 mars Iles Mariannes Caucus fermé 6
17 mars Arizona Primaire fermée 67
Floride Primaire fermée 219
Illinois Primaire ouverte 155
Ohio Primaire semi-ouverte 136
24 mars Géorgie Primaire ouverte 105
29 mars Porto Rico Primaire ouverte 51
4 avril Alaska Caucus fermés 15
Hawaï Caucus semi-fermés 24
Louisiane Primaire fermée 54
Wyoming Caucus fermés 14
7 avril Wisconsin Caucus fermés 84
28 avril Connecticut Primaire fermée 60
Delaware Primaire fermée 21
Maryland Primaire fermée 96
New York Primaire fermée 274
Pennsylvanie Primaire fermée 186
Rhode Island Primaire semi-fermée 26
2 mai Guam Caucus fermés 7
Kansas Primaire fermée 39
5 mai Indiana Primaire ouverte 82
12 mai Nebraska Primaire semi-fermée 29
Virginie occidentale Primaire semi-fermée 28
19 mai Kentucky Primaire fermée 54
Oregon Primaire fermée 61
2 juin Dakota du Sud Primaire semi-ouverte 16
Montana Primaire ouverte 19
New Jersey Primaire fermée 126
Nouveau Mexique Primaire fermée 34
Washington DC Primaire fermée 20
6 juin Iles Vierges Caucus fermés 7


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Elections américaines : on vous dit tout !

Pour ceux qui nous connaissent, ce n’est pas un scoop : Plebiscit est née au pays de l’Oncle Sam.

Alors bien sûr, on garde un œil attentif sur l’agitation qui gagne le pays au fur et à mesure que se rapproche la date fatidique du 3 novembre 2020.

Retrouvez chaque vendredi (ou presque 😉 ) un nouveau billet sur notre blog qui fait le point sur le scrutin qui élira le nouveau « leader du monde libre » !

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PlebiscitCamp 2019 : le Québec à l’honneur !

Après le Belge Stephen BOUCHER en 2018, c’est Catherine FOURNIER, députée québécoise indépendante, sera le grand témoin de notre prochain PlebiscitCamp !

Élue pour la première fois en décembre 2016, Catherine devient à 24 ans la plus jeune femme de l’histoire du Québec à faire son entrée à l’Assemblée nationale.

Réélue en 2018, elle quitte le Parti québécois en mars 2019, considérant que malgré les efforts de revitalisation du parti et de reconquête des jeunes, sa démarche de renouvellement a été un échec.

Elle lance en parallèle la plateforme en ligne « Oui, il faut que ça bouge »

Elle nous parlera du succès de cette démarche et, dans son rôle de Grand Témoin, nous apportera tout au long de la journée des éléments de comparaison avec l’utilisation des technologies dans les campagnes outre-atlantique.

Pour en savoir plus sur le PlebiscitCamp, visitez le site dédié.

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Elections : et si les néophytes étaient désormais les favoris ?

Macron en France, Caputova en Slovaquie, Zelensky en Ukraine… Alors que la tendance au « dégagisme » se confirme, les primo-candidats semblent avoir le vent en poupe.

Une femme présidente en Slovaquie

Entrée en campagne il y a à peine un an, l’avocate et militante Zuzana Caputova devient la première présidente de la Slovaquie, remportant à près de 54% des voix la bataille contre Maroš Šefčovič, poids lourd du parti social-démocrate au pouvoir et actuel vice-président de la Commission européenne.

En Slovaquie, la présidence relève davantage de l’apparat, de la représentation. Toutefois, cette victoire est riche de symboles : première femme à accéder à ce poste, elle s’est fait connaitre par ses combats environnementaux, sa lutte contre la corruption et ses idées libérales tant en matière économique que sociale.

Reste maintenant au parti que Zuzana Caputova a fondé il y a quelques mois à se mettre en action et faire ses preuves. Et on le voit avec les multiples difficultés du néo-candidat, aujourd’hui Président, Emmanuel Macron : les choses peuvent rapidement devenir périlleuses !

La comparaison n’est pas innocente : les adhérents de ce parti se sont inspirés et se comparent à En Marche ! On leur souhaite de remporter le même succès aux élections législatives : sans soutien parlementaire, il leur sera difficile de lutter contre l’inertie d’un système que leur candidate a pointé pendant toute la campagne.

Un comédien à la tête de l’Ukrain post-Euromaïdan ?

En Ukraine, la réalité a rejoint la fiction : l’acteur et humoriste Volodymyr Zelensky, très connu dans les pays russophones, vient de remporter le premier tour de l’élection présidentielle devant l’actuel chef de l’État, Petro Porochenko ou encore Iulia Timochenko, étoile montante aujourd’hui controversée de la scène politique ukrainienne.

Zelensky qui est, depuis 2 saisons, l’acteur principal d’une série dans laquelle il figure un professeur … devenu président. Il crée, en parallèle, son parti il y a an et se déclare officiellement candidat fin décembre 2018.

Le second tour devrait avoir lieu le 21 avril prochain. S’il est élu, il sera lui aussi confronté à la mise en oeuvre de sa politique : son programme est flou, et ses meetings de campagne ressemblent davantage aux shows que l’on voyait en France sous la IIIe République qu’à un exposé de ses objectifs ou une présentation de l’équipe qui l’entourera.

Quelles leçons pour les futur(e)s candidat(e)s aux scrutins en France ?

Alors, si l’on en revient aux prochaines élections qui vont faire la France, à savoir les municipales de 2020, puis les départementales et régionales de 2021, les néo-candidats sont-ils les mieux placés pour remporter la victoire ?

Devraient-ils partir au tout dernier moment et mener une campagne éclair ? Au contraire, les candidats sortants devraient-ils déjà être sur le terrain pour rattraper un retard dont ils n’ont pas conscience ?

Nous pensons que plus que jamais, c’est la personnalité qui va faire la différence. Nous avons d’ailleurs élaboré et donné plusieurs fois une formation intitulée « Bilan, programme, personnalité« , afin de travailler sur ces 3 aspects-clés des prochaines campagnes.

Nous pensons également que les outils de terrain, couplés -et non substitués- à une campagne-relais sur le web doit commencer tôt pour porter ses fruits.

Et nous pensons enfin que les citoyens ne sont plus dupes des effets d’annonce : s’ils ont soif de « têtes nouvelles » et d’idées neuves, ils attendent des candidats crédibles et fiables avec autour d’eux une équipe identifiée, et un programme ambitieux et réaliste.

La politique des idéaux n’est peut-être pas morte, mais le pragmatisme a bel et bien pris le dessus !

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Inscrivez-vous au PlebiscitCamp sur les nouvelles formes de mobilisation en politique !

Le 6 décembre prochain à Paris, participez à une journée de formation inspirante et concrète.

En compagnie d’experts venus de toute l’Europe (et au-delà… mais on en reparlera !) et aux horizons professionnels bien plus divers encore, réinventez votre démocratie locale et repensez votre manière d’aller au contact du citoyen !

Voir les intervenants confirmés et le programme

 

Si vous souhaitez une prise en charge par le DIF (droit individuel à la formation des élus), vous pouvez directement nous faire parvenir le dossier de demande de financement en pièce jointe signé et complété avant le 6 octobre prochain.

Si vous souhaitez une prise en charge par votre collectivité, merci de nous contacter pour que nous établissions une convention de formation.

 

 

 

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Europe : à droite toute !

Pays-Bas, Hongrie, France, Autriche, Pologne, Allemagne ou Italie : l’extrême-droite s’impose peu à peu comme une force politique incontournable en Europe.

L’Autriche, bis repetita

Une tendance amorcée au début du siècle, avec notamment l’entrée de Jörg HAIDER, leader du parti d’extrême-droite FPÖ, dans la coalition gouvernementale autrichienne en 2000, déclenchant alors un tollé partout en Europe.

Presque 20 ans plus tard, le FPÖ revient au gouvernement et décroche des portefeuilles influents tels que l’Intérieur ou la Défense mais l’indignation n’est plus de mise. Donald TUSK, président polonais du Conseil européen, affirme par exemple croire au « rôle constructif et pro-européen » que jouera le nouveau gouvernement autrichien dans l’Union européenne (UE). On l’espère, d’autant plus que l’Autriche prendra la présidence de l’Union européenne le 1er juillet 2018 pour 6 mois !

Mais l’Autriche n’est pas la seule dans ce cas : une dizaine de coalitions comprenant des partis d’extrême-droite se sont formées ces dernières années dans l’UE, avec des succès variables.

Ailleurs, des succès variables …

Aux Pays-Bas par exemple, le PVV de Geert WILDERS a fait partie du gouvernement de Mark RUTTE pendant 2 ans, avant de connaître une véritable déroute électorale puis de revenir en force aux législatives de 2017.

En Allemagne, le NPD (parti nationaliste) menacé plusieurs fois de dissolution, a réussi à obtenir des sièges au Parlement européen en 2014 et l’AfD a réalisé un score historique aux législatives de septembre 2017, obtenant 90 sièges au Parlement.

En France, malgré une défaite cuisante au second tour de la présidentielle, le Front national a confirmé sa place dans le paysage et la vie politiques français. Le choc du 21 avril est bien loin, à tel point qu’aujourd’hui les observateurs sont surpris lorsque ce parti ne parvient pas à se hisser au second tour de scrutin.

…et quelques « poches de résistance »

En Irlande, l’extrême-droite est inexistante. En Espagne, au Portugal, les électeurs se tournent bien plus facilement vers l’extrême-gauche que vers l’extrême-droite. Au Luxembourg, en Slovénie, à Malte, elle peine à émerger.

Alors que faire ?

Bouc-émissaire des partis d’extrême-droite qui obtiennent souvent de bons scores aux élections européennes, l’UE reste un rempart à la montée des populismes du fait même des valeurs d’union et de paix qui la fondent.

La promouvoir, dénoncer les contre-vérités et les arguments simplistes des partis d’extrême-droite à son égard, démystifier le travail au sein des institutions européennes, … autant de pistes pour celles et ceux qui craignent déjà qu’une vague extrémiste n’emporte les prochaines élections européennes de 2019.

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Financement des partis européens : la réforme qui ne change rien !

 « Les partis politiques au niveau européen contribuent à la formation de la conscience politique européenne et à l’expression de la volonté politique des citoyens de l’Union » (art. 10, paragraphe 4, du traité sur l’Union européenne). Sauf que…

Sauf que dans la réalité du Parlement européen, les partis politiques (Parti populaire européen -PPE-, Parti socialiste européen -PSE-, Alliance des démocrates et libéraux -ADLE, pour ne citer que les plus importants) ne sont ni plus ni moins que des émanations des partis politiques nationaux, une agrégation de lignes politiques nationales, une sorte de mythologie uniquement compréhensible des #EUGeeks les plus chevronnés.

C’est particulièrement flagrant lors des réunions de groupe lorsque, sur des dossiers épineux (comprendre : qui pourraient aller à l’encontre d’intérêts économiques nationaux ou d’une législation nationale plus culturelle que rationnelle), le groupe décide sur tel ou tel point de laisser ses eurodéputés libres de leur vote. Difficile, dans ses conditions, de penser que les partis politiques européens remplissent réellement le rôle qui leur a été assigné par le traité.

Mais c’est décidé, les choses vont changer : Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne depuis 2014 (et donc en plein bilan de mi-mandat) l’a annoncé haut et fort dans son dernier discours sur l’état de l’Union.

Son équipe a préparé une série de modifications du règlement de 2014 relatif au statut et au financement des partis politiques européens, qu’il « conviendrait d’adopter et d’appliquer (…) avant les élections européennes de 2019 », dixit le communiqué de presse de la Commission.

Le but ? « Accroître la transparence pour que les citoyens votent en connaissance de cause, améliorer la légitimité démocratique pour que le financement reflète mieux l’électorat européen et renforcer l’application de la législation afin que les abus puissent être punis et les fonds récupérés ».

On dit bravo, en particulier sur la réforme du financement dont la proportionnalité aux résultats du scrutin sera renforcée. Enfin, sur le papier car si on regarde de plus près, cela ne changera rien pour les trois grands partis mais affaiblira davantage les petits (voir les simulations réalisées par la Commission, page 6 de la proposition de règlement). Surtout, avec un scrutin tous les 5 ans, dont la campagne passe quasi inaperçue et reste partout marquée par des débats majoritairement nationaux, on doute toutefois qu’elle permette véritablement « d’améliorer la légitimité démocratique » des parlementaires européens.

On apprécie, aussi, le sens du détail : les partis nationaux auront l’obligation de publier le programme et d’apposer le logo du parti européen auquel ils sont affiliés, ainsi que la «répartition hommes/femmes actuelle de leurs membres siégeant au Parlement européen».

Qu’on se le dise, la Commission ne reculera plus devant rien pour assurer la transparence et promouvoir la démocratie ! Attendons de voir si les partis, par le biais des parlementaires qu’ils ont envoyé siéger à Bruxelles et Strasbourg, abonderont dans son sens lors de l’examen au Parlement. Qui sait, étant eux aussi en pleine période de mi-mandat, certains eurodéputés pourraient même vouloir aller plus loin…

 

Lire la proposition de règlement

Voir la répartition des fonds alloués par le Parlement européen par parti et par an (données 2017)

 

 

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