Sénatoriales 2020 : tout ce qu’il faut savoir

Dates des élections, territoires concernés, enjeux politiques et modifications en raison du Covid-19, on fait le point ensemble sur les élections sénatoriales !

Quel impact de la crise sanitaire sur les sénatoriales de septembre 2020 ?

Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a précisé devant le Sénat que les élections sénatoriales de 2020 auront bien lieu comme à l‘accoutumée le dernier dimanche de septembre, c’est-à-dire le 27 septembre 2020. La question des élections municipales étant levée, le ministre a évoqué la date du 10 juillet pour convoquer les conseils municipaux afin qu’ils désignent les grands électeurs. Il a tout de même précisé devant les sénateurs que ces informations n’étaient pas formalisées .

Le Sénat étant renouvelé de moitié tous les 3 ans, 178 sièges de la série 2 auraient dû être concernés (voir notre infographie).Toutefois, il a été acté le report à l’année prochaine des élections consulaires, qui permettent de désigner le collège électoral des sénateurs représentant les Français établis hors de France,  et devaient avoir lieu en mai. La loi adoptée le 17 juin dernier dispose donc que 6 sénateurs siégeront un an de plus et prévoit qu’exceptionnellement leurs successeurs siégeront 5 ans au lieu de 6 pour ne pas avoir des élections à géométrie variable.

La question de la Guyane a aussi été abordée. Sur ce territoire, le second tour des élections municipales a été une nouvelle fois reporté en raison des conditions sanitaires qui n’étaient pas réunies. S’appuyant sur une décision du Conseil Constitutionnel du 15 décembre 2005,  qui évoque le report d’une élection sénatoriale afin «  que cette dernière ne soit désignée par un collège en majeure partie composé d’élus exerçant leur mandat au-delà de son terme normal »  , le Sénat a pu démontrer que les trois quarts des grands électeurs ont été renouvelés en mars dernier. Par conséquent, le report du second tour en Guyane n’entraine pas le report de l’élection sénatoriale sur le département. Pour résumer, l’élection de septembre 2020 entrainera le renouvellement de 172 sièges sur 348 et de 6 sièges en 2021.

Quels enjeux politiques ?

Concernant les enjeux politiques, ils sont très différents d’un groupe politique à un autre :

  • La République En Marche : avec 23 sénateurs, le jeune parti espère élargir son groupe avec les nouveaux conseillers municipaux se revendiquant de la majorité. Cependant sa déroute aux municipales pourrait fortement compromettre un élargissement significatif du groupe au Palais Bourbon. A noter que les 10 sièges renouvelables correspondent à des sénateur(ices)élu(e)s sous une autre étiquette car le parti n’existait pas il y a 6 ans. Par conséquent, il sera intéressant de suivre les réélections des sénateurs avec la nouvelle étiquette, notamment dans le Haut-Rhin. Dans ce département où LREM n’est pas du tout implanté, et où les seuls élus se trouvent dans l’opposition à Mulhouse, la réélection de Patricia Schillinger se jouera au réseau et au bilan.
  • Du coté des Républicains, peu d’enjeu sur cette sénatoriale car elle concerne 79 sièges sur des territoires ruraux plutôt acquis à la droite. Ils peuvent espérer consolider leur base et obtenir une majorité absolue sans l’aide des centristes. Cela constituerait une belle opération avant 2023, la sénatoriale suivante, qui pourrait être plus compliquée en raison de la perte de nombreuses grandes villes. Le Rhône, avec le candidat malheureux à la métropole François-Noel Buffet, sera notamment à suivre.
  • Europe Ecologie – Les Verts : après des victoires décisives notamment à Strasbourg, Bordeaux et Lyon, le parti devrait augmenter le nombre de ses élus à la chambre haute et ainsi former un groupe indépendant.  Les départements du Bas-Rhin, du Rhône et de la Gironde seront notamment à suivre de près.
  • Pour le Parti socialiste, l’objectif est de stopper l’hémorragie après l’effondrement des dernières sénatoriales. Ceci semble tout à fait réalisable notamment dans les Bouches-du-Rhône avec la percée de la gauche à Marseille autour de Michèle Rubirola mais aussi grâce aux nombreuses alliances faites lors des municipales.
  • Concernant le Rassemblement National, Stéphane Ravier remet son siège en jeu, ce dernier qui vient de perdre l’élection comme maire de secteur à Marseille pourrait donc perdre son siège pour les Bouches-du-Rhône. De plus, le parti ne pourra pas recueillir les fruits de l’élection de Louis Alliot puisque le renouvellement des sénateurs des Pyrénées-Orientales ne se fera qu’en 2023.  

En savoir plus sur la procédure des élections sénatoriales

Candidat(e) ? Nous vous accompagnons ! Contactez-nous 

Publié le Catégories Constats de campagne, Sénatoriales

Une crise démocratique derrière la crise sanitaire ?

En général, chez Plebiscit, on blogue pragmatique. Parce qu’on est inquiets quant à la santé démocratique de notre pays, parce qu’on aimerait poser tout haut des questions qui sont procrastinées tout bas, nous dérogeons à notre ligne éditoriale. Une fois n’est pas coutume !

Faible participation, report sine die du 2e tour des élections municipales et communautaires, installations suspendues des assemblées élues au premier tour, obligation de collaborer entre équipes entrantes et sortantes… Au-delà d’une ré-organisation empirique des collectivités qui laissera pour certaines des stigmates tout au long du mandat 2020-2026, quel impact la crise sanitaire que nous traversons va-t-elle avoir sur notre vie démocratique déjà essoufflée ?

Une participation insuffisante pour garantir la sincérité du scrutin ?

En 2014, 7600 maires avaient été élus dès le premier tour, principalement dans des petites communes où ils n’avaient pas d’adversaire ou une seule liste concurrente. Quelle différence avec 2020 où le nombre d’élus au premier tour approche les 30 000 ! S’il y a bien sûr autant de raisons à cela que de scrutins, l’une d’elle nous semble prépondérante : l’abstention.

Une abstention massive, dont il est impossible de savoir dans quelle proportion la préservation de sa santé ou le désintérêt pour la chose publique en est responsable. Néanmoins, un sondage IFOP « jour du vote » montre que pour 79% des abstentionnistes, c’est le fait qu’ils étaient inquiets de la progression de l’épidémie qui a joué un rôle déterminant ou important quant à leur décision de s’abstenir. A un sondage effectué le 10 mars, ce taux n’était que de 20%.

Pour rappel, en 2014, le taux de participation au 1er tour était de 63,55% des inscrits. En 2020, il est de 44,66%, mais il faut affiner :

  • Dans les communes de moins de 1 000 habitants ayant élu leur maire au premier tour (soit 24 945 communes représentant près de 7 millions d’inscrits), le taux de participation est autour de 60%. On trouve une commune avec une abstention de plus de 80%, une dizaine autour de 70%, mais pour une bonne moitié de ces petites communes, le taux d’abstention reste autour de 35%.
  • Dans les communes de plus de 1 000 habitants (soit 9 978 communes et environ 40 millions d’inscrits), la participation est bien plus basse : 42% de votants seulement. Parmi elles, 16 ont un taux d’abstention supérieur à 80%, 540 à 70% et près de 3 200 à 60%. A Tourcoing par exemple, fief du ministre de l’Action et des comptes publics Gérald DARMANIN, celui-ci est certes réélu au premier tour, mais avec une abstention de près de 75% des inscrits : sur 63 728 inscrits, seuls 16 174 ont été voter (dont environ 9 000 en faveur de la liste En Marche menée par le ministre).
  • A Fort-de-France, seuls 16% des électeurs se sont déplacés, à Roubaix 22%, à Mulhouse, 26%, à Bordeaux, Pau, Avignon, Aix-en-Provence ou Toulouse, ils sont autour de 35%.

Au vu de ces chiffres, l’on peut donc douter de la sincérité de ce premier tour de scrutin.

Pour le Conseil constitutionnel, la sincérité électorale « implique que le résultat de l’élection soit l’exact reflet de la volonté, exprimée par la majorité du corps électoral« . Si l’on reprend les 3 composantes de cette notion (l’égalité, la liberté et le caractère secret du vote), il nous semble en effet que les deux premières peinent à être remplies dans le cadre de ce premier tour.

Fallait-il ou non maintenir le scrutin ? Dans un sondage Harris Interactive x Epoka du 15 mars, pour 60% des interrogés, la réponse est non car, pour 83% d’entre eux, aller voter présentait un danger.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, les résultats du premier tour, qu’ils aient été décisifs ou non, restent valables. Conséquence : les municipalités et intercommunalités fonctionnent temporairement selon des modalités inédites et décidées extrêmement rapidement.

Au-delà d’une légitimité démocratique mitigée, la coexistence de collectivités à différents « statuts transitoires » met également en péril le bon déroulement du futur mandat, sans parler des relations entre élus ou entre élus et citoyens, du fait d’un manque certain de lisibilité.

Une période transitoire aux fondements juridiques instables, des conséquences pratiques ravageuses pour les assemblées élues

En principe, le calendrier des élections municipales et communautaires est le suivant : convocation des électeurs, tenue du premier tour, puis tenue du second tour le cas échéant « le dimanche suivant » (art.56 du Code électoral) ; ensuite, installation des conseils municipaux et élection du maire ; enfin installation des conseils communautaires et élection du président.

Adaptant le cadre juridique au contexte sanitaire, plusieurs ordonnances prises fin mars et début avril « bricolent » un droit électoral qui n’est pas préparé à subir l’urgence.

En découlent un allongement des délais contentieux, qui risque défaire des élections acquises d’ici plusieurs mois et qui créent en outre une instabilité juridique supplémentaire, renforcée par des fondements juridiques hasardeux. A titre d’exemple, le report du second tour par décret fait encore débat parmi les universitaires, puisqu’en vertu de la hiérarchie des normes, un décret ne peut en principe revenir sur une loi (l’art. 56 que nous venons de mentionner).

Sans nous prononcer en droit, considérons les faits : détacher les deux tours du scrutin, les espacer de plusieurs semaines ou mois, crée à notre sens une inégalité entre les candidats : d’une part entre ceux élus dès le premier tour et ceux qui devront être départagés par un deuxième tour de scrutin ; t d’autre part, parmi ceux qui participeront au deuxième tour, entre les sortants restés aux commandes et leurs adversaires, moins visibles dans un entre-deux-tour qui ne dit pas son nom.

Enfin, cette inégalité touche aussi les citoyens : ceux qui devront revoter verront leurs assemblées élues prendre leurs fonctions plus tard que ceux relevant de communes dont l’exécutif est déjà pourvu.

Comment adapter notre droit électoral aux circonstances exceptionnelles ? Comme pour toute gestion de crise, l’anticipation permet d’aborder plus sereinement la crise et il nous semble aujourd’hui nécessaire, bien plus que de revenir sur ce qui s’est déjà produit, de s’y préparer. Il pourrait à notre sens être pertinent, à l’issue de la crise sanitaire, de réunir des experts autour de cette question pour titrer toutes les leçons utiles de cette période transitoire.

Au-delà des fondements instables de ces décisions, elles génèrent une situation très complexe, mettant à mal le fonctionnement des assemblées élues et même la symbolique du vote citoyen :

  • Nous avons tout d’abord des communes où les listes ont été élues au 1er tour, dont certaines ont installé leur conseil municipal malgré l’appel du Premier ministre à ne pas le faire (au moment de sa déclaration devant le Sénat, aucun texte juridique n’allait toutefois dans ce sens, comment blâmer ceux qui ont voulu agir « dans les règles »?).

Celles-ci voient leur installation suspendue et se retrouvent dans le même cas de figure que les communes dans lesquelles une liste a été élue dès le 1er tour et dont les instances ne se sont pas réunies.

Pour ces deux premières catégories, la période transitoire est soumise au même régime et il est rude, en particulier pour les nouvelles équipes, c’est-à-dire celles qui ont battu le maire sortant ou celles qui « prennent la relève » d’un maire sortant qui ne se représentait pas. Les « anciens », ceux du mandat 2014-2020, restent aux commandes et ont l’obligation de transmettre toutes les décisions prises aux « nouveaux », ceux du mandat 2020-2026… Dans un monde parfait, la transmission des informations serait fluide et complète. Disons le tout net, ce n’est pas le cas partout, loin de là.

L’on n’a, pour l’heure, aucune idée de quand cette situation cessera et même si des recours gracieux (en préfecture) ou contentieux sont initiés, aucune sanction n’étant prévue, il y a peu de chances que cela change. Premier stigmate donc, celui d’une passation rendue encore plus difficile par les mesures d’urgence. Comment expliquer aux citoyens que ceux qu’ils viennent d’élire sont dans la salle d’attente, impuissants, tandis que ceux qui devaient partir continuent de décider pour eux ?

  • Nous avons ensuite des communes dans lesquelles un second tour sera nécessaire.

Quand aura-t-il lieu? La question reste ouverte à ce stade mais nous tendons à penser qu’il n’aura pas lieu avant l’automne.

Pour ces communes, également soumises au difficile régime de coopération transitoire entre « élus de 2014-2020 » et « élus éventuels de 2020-2026 », un stigmate supplémentaire : comment ne pas penser que ceux dont le mandat est prorogé le temps de la crise ne gagnent pas un avantage comparatif dans la course électorale ? Au-delà, comment peuvent « exister » leurs adversaires qui, s’ils sont qualifiés au second tour sont, nous semble-t-il, déjà représentatifs si ce n’est représentants des habitants ?

Rien n’est prévu en ce sens dans les lois d’urgence et cela nous semble bien dommageable quant à l’égalité nécessaire entre les candidats à un même scrutin.

  • Là où cela se complique, c’est au niveau intercommunal, dans un contexte où presque tous les candidats ont éludé la question de l’interco dans leurs programmes, alors même que tous savent bien qu’aujourd’hui, c’est à ce niveau que tout se joue pour leur commune.

Se mélangent aujourd’hui pèle-mêle : les sortants du mandat 2014-2020, qui restent aux commandes, les élus du 1er tour du mandat 2020-2026, pas encore installés et dénués de toute prérogative et ceux, enfin, qui devront attendre le second tour. La question est d’une simplicité enfantine : comment ça marche ?

Éloignées des citoyens qui s’en préoccupent peu, affaiblies par des jeux de pouvoir amenés à se prolonger entre ceux qui sont déjà en place, ceux qui le resteront et ceux qui devront le quitter, l’on se demande bien comment les intercommunalités, notamment celles rassemblant des centaines de petites communes rurales, parviendront à trouver leur vitesse de croisière ?

La création d’une inégalité de fait entre les citoyens-électeurs

Pour Esther DUFLO, les conséquences de cette crise sanitaire, en particulier le manque de lien social dû au confinement, va amener les citoyens à réévaluer collectivement leurs priorités à l’issue de la crise. Ainsi, l’on peut douter que des programmes « validés » le 15 mars par les électeurs conviennent encore aux électeurs de juin ou d’octobre.

Dans les faits, nous risquons de voir apparaître 2 catégories d’élus locaux au prochain mandat :

  • ceux élus, le plus souvent avec une participation faible, sur des programmes « d’avant COVID », dont la légitimité sera fragile ;
  • et ceux élus après la crise, en particulier si l’entièreté du processus électoral est repris (et pas uniquement le premier tour), avec une légitimité accrue grâce à une participation plus importante et un programme actualisé (si tant est qu’ils prennent la peine de procéder à une remise en question et à la traduire en orientations et projets politiques).

Ces deux « catégories » d’élus devront coexister pendant tout le mandat. Pour la plupart, les exécutifs des intercommunalités seront renouvelés après la complétion définitive du scrutin municipal. Celles-ci pourront donc peut-être jouer un rôle « égalisateur » entre les élus du premier tour et les autres, permettant à programmes « post-COVID » de prendre le pas sur les programmes « pré-COVID ».

Mais ici encore, il s’agit d’un scénario dans un monde idéal, où la légitimité démocratique des élus serait plus déterminante que leur légitimité politique ou personnelle dans la gouvernance.

Dans un contexte où les citoyens ne s’engagent plus en politique, doutent de leurs représentants et participent de moins en moins aux rendez-vous électoraux, cette crise marque le passage d’un nouveau cap, celui d’un scrutin maintenu par défaut, par volonté politique et sans considération à court ou moyen terme de l’intérêt général des électeurs.

Publié le Catégories Constats de campagne, En cours de mandat, Intercos, Municipales

PREVIOO, c’est vous qui en parlez le mieux !

Comme après chaque campagne, nous avons pris contact avec nos utilisateurs pour leur demander leur avis sur PREVIOO. Cet exercice nous aide à améliorer notre outil et à développer de nouvelles fonctionnalités. Nous ne dévoilerons pas ici ce que nous allons mettre en production dans les prochaines semaines, mais nous avons eu envie de partager quelques témoignages ! Nous espérons qu’ils vous donneront envie d’essayer, et peut-être d’adopter, PREVIOO !

Stéphane, coordinateur des actions de terrain, dans une commune de 130 000 habitants :

« Je pense que sans PREVIOO nous n’aurions peut-être pas atteint le 2nd tour, le ciblage des seniors dans notre porte-à-porte aura été prépondérant ! »

Frédéric, directeur de campagne, dans une commune de 150 000 habitants :

« Je n’ai qu’un seul regret, ne pas avoir connu PREVIOO 6 mois plus tôt. C’est un outil redoutable pour identifier les préoccupations des électeurs et prioriser nos actions »

Sylvie, candidate, dans une commune de 2 000 habitants :

« Retrouver tous nos électeurs sur une carte c’est formidable et cela nous a fait gagner un temps fou, je ne pensais pas pouvoir mener autant d’actions pendant la campagne. »

En savoir plus sur PREVIOO

Demander une présentation (en ligne, rien à voir avec le confinement, on fonctionne comme ça… mais on peut se rencontrer plus tard si vous voulez !)

Publié le Catégories Astuces de campagne, Constats de campagne, PREVIOO

Message personnel à nos candidat(e)s aux municipales

De la part :

des consultants, graphistes, web et motion designers, développeurs de l’agence Plebiscit, leurs formateurs externes et des conseillers Previoo,

A l’attention :

des têtes de listes, colistiers, collaborateurs, militants, sympathisants et petites mains de la campagne,

Chères toutes,
Chers tous,

Alors que la campagne entre dans sa période officielle, nous prenons quelques minutes pour vous écrire qu’on vous aime (oui) et qu’on espère fêter avec vous votre victoire le 15 ou au plus tard le 22 mars.

On vous aime, même si parfois, vous nous détestez :

  • quand on n’utilise pas les photos que vous nous avez envoyées alors que l’on vous a prévenu(e) qu’elles n’étaient pas libres de droit (variante : qu’elles étaient de qualité insuffisante pour l’impression) ;  
  • qu’on n’est pas assez rapides pour vous envoyer un BAT (alors que cela fait 3 jours qu’on vous presse pour que vous puissiez donner votre document à l’imprimeur en temps utile) ;
  • ou enfin, quand on ne vous répond pas « le week-end » alors qu’on vous a prévenu(e)s que ce dimanche-là ce sont les 90 ans de Maminette et qu’on ne sera pas dispo entre 11h30 et 14h30 (heure à laquelle vous nous appelez).

On vous aime, même si parfois, on vous déteste :

  • quand vous nous sollicitez pour un conseil que vous ne suivez pas et que vous revenez vers nous pour que l’on vous aide à rattraper la situation ;
  • quand on travaille ensemble à un déroulé de réunion publique « aux petits oignons » et que vous partez soudainement dans un discours-fleuve à la Castro ;
  • quand vous avez validé un chemin de fer pour votre programme, que nous y travaillons depuis 15 jours et qu’à H-3 heures du BAT vous nous envoyez celui d’un concurrent en nous disant « voilà ce que nous voulons » ;
  • quand on vous demande « et vous en êtes où de votre porte-à-porte ? » et que vous nous répondez … que vous n’avez toujours pas commencé ;
  • quand on vous a prévenu(e)s que le off n’existe pas, que tellement heureux(se) de votre intervention, vous lâchez une bombe au journaliste en partant et qu’évidemment, c’est cette bombe qui fait les gros titres le lendemain (à nous de jouer pour rattraper cette horreur !).

Mais on vous aime, et même très fort en fait,

  • quand, après vous avoir formé(e) vous et/ou votre équipe il y a 2 ans, 10 mois ou quelques semaines, vous continuez de partager votre campagne avec nous en nous envoyant des photos et des vidéos (c’est exactement cela qui a motivé ce message) ;
  • quand après des heures de boulot et de tergiversations, vous nous donnez enfin votre BAT en mode pom-pom girl (« donnez-moi un B ! donnez-moi un A ! donnez-moi un T ! BAT ! ») ;
  • quand un(e) autre candidat(e) aux municipales ou aux départementales (eh oui, ça commence !) nous appelle de votre part, parce que vous l’avez convaincu(e) qu’on était les meilleurs ;
  • quand vous pensez déjà à ce qu’on fera ensemble pendant votre futur mandat… chabadabada.

Une campagne, c’est usant, ça met les corps à rude épreuve et ça échauffe les esprits.

On le sait, on les a toutes faites depuis 2013, année de notre création. Cette année, nous en gérons près de 80, des plus petites villes (750 habitants) aux plus grandes (230 000 habitants) et on est super fier(e)s du chemin qu’on fait à vos côtés depuis 2013.

Une campagne, c’est surtout des liens très forts parce qu’on partage tous le même objectif, gagner, qu’on est tous soumis à la même pression, aux mêmes délais. Plein de beaux moments, de belles rencontres, de leçons apprises sur le terrain, the hard way comme on dit outre-Atlantique.

Alors on vous souhaite :

  • bon courage, à fond dans la dernière ligne droite !
  • bonne chance, car il en faut, aussi, en plus de tout le travail que vous avez déjà accompli (une de nos leçons de 2017…)
  • bon vent, car Rochelais nous sommes et Rochelais nous restons, qu’il vous porte droit vers la victoire dès le 1er tour !

Et surtout, souvenez-vous : on vous aime !!

L’équipe de Plebiscit

Publié le Catégories Constats de campagne, Municipales, Non classé

Elections : et si les néophytes étaient désormais les favoris ?

Macron en France, Caputova en Slovaquie, Zelensky en Ukraine… Alors que la tendance au « dégagisme » se confirme, les primo-candidats semblent avoir le vent en poupe.

Une femme présidente en Slovaquie

Entrée en campagne il y a à peine un an, l’avocate et militante Zuzana Caputova devient la première présidente de la Slovaquie, remportant à près de 54% des voix la bataille contre Maroš Šefčovič, poids lourd du parti social-démocrate au pouvoir et actuel vice-président de la Commission européenne.

En Slovaquie, la présidence relève davantage de l’apparat, de la représentation. Toutefois, cette victoire est riche de symboles : première femme à accéder à ce poste, elle s’est fait connaitre par ses combats environnementaux, sa lutte contre la corruption et ses idées libérales tant en matière économique que sociale.

Reste maintenant au parti que Zuzana Caputova a fondé il y a quelques mois à se mettre en action et faire ses preuves. Et on le voit avec les multiples difficultés du néo-candidat, aujourd’hui Président, Emmanuel Macron : les choses peuvent rapidement devenir périlleuses !

La comparaison n’est pas innocente : les adhérents de ce parti se sont inspirés et se comparent à En Marche ! On leur souhaite de remporter le même succès aux élections législatives : sans soutien parlementaire, il leur sera difficile de lutter contre l’inertie d’un système que leur candidate a pointé pendant toute la campagne.

Un comédien à la tête de l’Ukrain post-Euromaïdan ?

En Ukraine, la réalité a rejoint la fiction : l’acteur et humoriste Volodymyr Zelensky, très connu dans les pays russophones, vient de remporter le premier tour de l’élection présidentielle devant l’actuel chef de l’État, Petro Porochenko ou encore Iulia Timochenko, étoile montante aujourd’hui controversée de la scène politique ukrainienne.

Zelensky qui est, depuis 2 saisons, l’acteur principal d’une série dans laquelle il figure un professeur … devenu président. Il crée, en parallèle, son parti il y a an et se déclare officiellement candidat fin décembre 2018.

Le second tour devrait avoir lieu le 21 avril prochain. S’il est élu, il sera lui aussi confronté à la mise en oeuvre de sa politique : son programme est flou, et ses meetings de campagne ressemblent davantage aux shows que l’on voyait en France sous la IIIe République qu’à un exposé de ses objectifs ou une présentation de l’équipe qui l’entourera.

Quelles leçons pour les futur(e)s candidat(e)s aux scrutins en France ?

Alors, si l’on en revient aux prochaines élections qui vont faire la France, à savoir les municipales de 2020, puis les départementales et régionales de 2021, les néo-candidats sont-ils les mieux placés pour remporter la victoire ?

Devraient-ils partir au tout dernier moment et mener une campagne éclair ? Au contraire, les candidats sortants devraient-ils déjà être sur le terrain pour rattraper un retard dont ils n’ont pas conscience ?

Nous pensons que plus que jamais, c’est la personnalité qui va faire la différence. Nous avons d’ailleurs élaboré et donné plusieurs fois une formation intitulée « Bilan, programme, personnalité« , afin de travailler sur ces 3 aspects-clés des prochaines campagnes.

Nous pensons également que les outils de terrain, couplés -et non substitués- à une campagne-relais sur le web doit commencer tôt pour porter ses fruits.

Et nous pensons enfin que les citoyens ne sont plus dupes des effets d’annonce : s’ils ont soif de « têtes nouvelles » et d’idées neuves, ils attendent des candidats crédibles et fiables avec autour d’eux une équipe identifiée, et un programme ambitieux et réaliste.

La politique des idéaux n’est peut-être pas morte, mais le pragmatisme a bel et bien pris le dessus !

Publié le Catégories A l'étranger, Constats de campagne, Formation des élus, Municipales, Présidentielle

La campagne … à la campagne !

Lorsque des élu(e)s ou des candidat(e)s de petites communes nous contactent pour un projet d’accompagnement, ils commencent presque toujours par s’assurer que cela pourrait nous intéresser : « vous comprenez, une agence, pour une petite commune… ». C’est ce qui nous a donné l’idée de ce billet ! 

Est-il nécessaire d’élaborer une stratégie de campagne pour une collectivité de moins de 5000 habitants ? Comment fait-on une place à sa « petite » commune au sein d’une « grande » communauté rurale ? Après une fusion de communes, comment préparer les élections municipales de 2020 ? 

Soyons clairs : oui, ces sujets nous intéressent ! Et pour anticiper la question qui suit généralement : oui, nous travaillons sur des territoires ruraux ou périurbains !

Nous l’avions constaté en 2014 et une étude parue en 2016 l’a confirmé, dans les petites communes où l’élection se joue parfois à quelques voix près, travailler avec une agence, suivre une méthode et adopter des outils professionnels peut faire la différence dans la dernière ligne droite de la campagne.

Concrètement : depuis 2014, la population et donc le corps électoral des villes rurales et périurbaines se sont modifiés avec l’arrivée de familles urbaines, néo-rurales, aux attentes différentes de celles installées de longue date.

Ces nouveaux électeurs n’attendent plus seulement de leur maire qu’il soit proche de la population, ils veulent aussi un maire gestionnaire, « manager de territoire », comme on voit aujourd’hui des managers de centre-ville. 

Faire une « vraie » campagne est donc devenu un impératif dans ces collectivités, qui se double d’une nécessité d’innovation pour convaincre et concilier ces deux types d’électorat. 

Vous voulez en savoir plus ? N’hésitez plus, contactez-nous !

Publié le Catégories Astuces de campagne, Constats de campagne, Départementales, Municipales, PREVIOO

Le porte-à-porte : l’indispensable outil du candidat et de l’élu !

En 1977, 42% des Français estimaient que les hommes politiques se préoccupent « très peu ou pratiquement pas » de ce que pensent les Français.  En janvier 2013, nouveau sondage et cette proportion passe à 85%. Et aujourd’hui, les chiffres de la participation aux scrutins de 2017, qui peinent dans certaines circonscriptions, à atteindre les 20%, parlent d’eux-mêmes !

Cette crise de confiance, nous pensons chez Plebiscit que la présence des élus sur le terrain, au plus proche du quotidien des Français, est cruciale pour la résorber. En cela, le porte-à-porte est un outil indispensable qui ne doit pas être cantonné à la seule période de campagne officielle pour porter ses fruits.

L’on entend parfois dans certaines équipes de campagne que les moyens de communication modernes (mailing, SMS, etc.) permettent de démultiplier le message politique, de toucher des milliers de personnes en quelques secondes… Certes, mais en termes d’efficacité, le compte n’est pas bon ! Par exemple, si le porte-à-porte permet de gagner une voix pour 14 entretiens, le phoning permet quant à lui de gagner une voix pour 38 appels téléphoniques personnalisés passés !

Comment vous organiser ?

Ce qui va orienter votre choix stratégique et aussi, votre organisation, c’est le résultat de votre analyse électorale. Elle vous permettra de savoir par quel quartier ou bureau de vote commencer ou finir, mais aussi à quelle heure et quel jour de la semaine y passer en fonction du type de quartier (commerçant, résidentiel, …).

Une fois que vous avez tous ces paramètres en tête, organisez votre programme de visites : par quel quartier allez-vous commencer ? Combien de fois allez-vous vous rendre dans chaque quartier ? Avec quels objectifs (prise de contact, questionnaire pour récolter des informations, présentation du candidat et de son projet, mobilisation pour le vote, ….) ?

Et constituez vos équipes de porte-à-porteurs en binômes en diversifiant les profils : homme et femme, jeune et plus âgé, novice et expérimenté …. Préparez ensuite les trames d’entretien et réunissez vos militants avant de commencer la session de porte-à-porte : expliquez clairement l’objectif de la session, rappelez les grandes lignes du storytelling, distribuez les documents à remettre (carte de passage, programme) et les « signes distinctifs » aux couleurs de votre campagne.

Passez rapidement à l’action !

Du porte-à-porte en campagne électorale, c’est bien. En amont, c’est encore mieux !

D’abord car peu de vos adversaires y pensent et cela vous donne un avantage comparatif, en particulier pour les candidats novices qui ont intérêt à commencer le plus tôt possible.

Ensuite, cela vous permet de revoir plusieurs fois les électeurs, élément-clé de l’efficacité de cet outil. Par exemple, dès maintenant pour les informer des modalités d’inscription sur les listes électorales s’ils ne le sont pas encore ; puis dans quelques mois pour recueillir leur avis sur le bilan de la collectivité ; au moment où la campagne se lance, vous vous concentrerez sur le mot d’ordre « votez et faire voter ».

Enfin, un dernier conseil : dans 60% des cas, les portes ne s’ouvriront pas. Ce n’est pas pour autant du temps perdu ! Vos équipes doivent tout de même rapporter les informations entendues. Par exemple, elles notent un lampadaire défectueux, ou un voisin leur précisent à quelle heure vous pourrez trouver Monsieur et Madame Untel chez eux, etc. Ces informations doivent être centralisées et traitées par un responsable au sein de votre équipe pour pouvoir être réutilisées ultérieurement.

Envie d’en savoir plus ? Besoin d’aide pour organiser votre équipe ? Contactez-nous !

 

Publié le Catégories Constats de campagne, Départementales, Européennes, Législatives, Municipales, Porte à porte

Storytelling : le conte de faits

Utilisé en marketing mais pas seulement, le storytelling présente pour la communication politique plusieurs atouts qui vont de l’efficacité de la diffusion du message au renforcement de la notoriété de l’élu(e) ou du candidat, en passant par son positionnement sur la scène politique. Dans les grandes lignes, comment le réalise-t-on ?

Un storytelling, pour quoi faire ?

Un sondage récent montre que la personnalité, l’histoire du candidat ou de l’élu, vont jouer un rôle important pour les prochaines municipales. Il est donc important d’en travailler la présentation et de faire en sorte que vos collaborateurs, vos militants et sympathisants, puissent vous présenter dans les mêmes termes, en vue notamment de diffuser à votre propos un message uniforme.

Un bon storytelling, c’est quoi ?

C’est un paquet cadeau ! Poursuivons cette métaphore : si vous recevez un objet inutile dans un beau paquet cadeau, vous allez ressentir de la déception ; si vous recevez un cadeau dans un paquet mal ficelé, vous allez rechigner à l’ouvrir ; en revanche, si vous recevez un beau paquet cadeau, vous vous empressez de l’ouvrir et à l’intérieur, vous découvrez un cadeau qui vous comble de joie : là, le contrat est rempli !

Si l’on en revient au storytelling en communication politique, il doit donner envie aux citoyens de mieux connaître l’élu(e) ou le candidat et transcrire fidèlement son parcours, son projet, pour pouvoir s’inscrire dans la durée. Un contre-exemple ? Le storytelling du candidat Macron : un « petit candidat » parti de rien, jamais élu, qui parvient à force de travail à conquérir l’Elysée. Et non pas un énarque, banquier, ancien ministre de Hollande, rompu aux arcanes politiques… L’histoire est belle, mais a fait long feu !

Comment procéder ?

Chez Plebiscit, nous nous basons sur plusieurs entretiens. Nous abordons avec nos candidats des questions politiques, personnelles ou prospectives. Par exemple, quels sont vos souvenirs politiques marquants ? Eprouvez-vous des difficultés à déléguer ? Quel délégation souhaitez-vous obtenir au prochain mandat ?

Sur cette base, nous allons chercher le bon axe pour raconter votre histoire. Le bon axe, c’est celui qui répond à votre positionnement et aspirations politiques. L’histoire, comme toute bonne histoire, est celle qui va susciter la curiosité et l’écoute. Pas inspiré ? Reprenez vos classiques : contes de Grimm, fables de La Fontaine, tragédies grecques … Et comme dans les contes, votre storytelling doit avoir un début, un rebondissement et une fin. Le début peut être l’occasion de présenter le candidat et son parcours ; le rebondissement peut être un élément perturbateur, un ennemi, un échec, etc. Et la fin, c’est toujours la résolution, qui peut être heureuse, surprenante, moralisatrice, etc.

Rédigez, dans un style simple, rythmé et concis, un premier jet que vous soumettez à quelques proches et prenez en compte leurs remarques dans une seconde mouture.

Puis tirez-en l’essentiel en quelques lignes, quelques mots, que vous partagez avec votre équipe de militants ou sympathisants afin qu’ils puissent parler de vous dans les mêmes termes aux citoyens qu’ils rencontreront dans le cadre de votre campagne.

Envie d’en savoir plus ? Besoin d’aide pour réaliser votre storytelling ? Prenez contact avec nous !

Publié le Catégories Astuces de campagne, Constats de campagne, Départementales, Formation des élus, Municipales

Quel budget pour ma campagne ?

Commençons par un constat : un « gros » budget n’est pas synonyme de victoire ! En revanche, un budget planifié, organisé, confère un réel avantage au candidat/à la liste.

L’anticipation, maître-mot de toute campagne ! En déterminant vos besoins à l’avance, en sachant quand vous aurez à engager telle ou telle dépense et en anticipant les recettes, vous aller gagner en temps et en sérénité pendant la campagne. Comment procéder ?

  • Partez d’abord, si vous en bénéficiez, du plafond de remboursement des dépenses de campagne, calculé en fonction du nombre d’habitants.

Pour rappel, dans le cadre des élections municipales, en-dessous de 1 000 habitants, vous ne bénéficiez d’aucun remboursement.

A partir de 1 000 habitants, vous pouvez uniquement prétendre au remboursement des frais de propagande visés à l’article R.39 du Code électoral (affiches de campagne, circulaires et bulletins de vote).

Et à partir de 9 000 habitants, vous bénéficiez d’un remboursement forfaitaire de 47.5% du plafond des dépenses de campagne sous certaines conditions, et notamment celles de désigner un mandataire financier et de déposer votre compte de campagne.

  • Listez ensuite les grands postes de dépense : on estime par exemple que le poste « communication » représente de 60 à 70% du total des dépenses de campagne. Chez Plebiscit, nos prix sont packagés pour plus de transparence, mais nous détaillons nos devis après un entretien avec le ou les candidats, afin d’adapter nos packs à leurs besoins réels.

Vous devez également prévoir les frais de transport et de restauration de vos militants, l’achat ou la location de matériel, le loyer de votre permanence, etc. Vous pouvez alors détailler chaque poste et demander des devis pour vous faire un avis plus précis des prix pratiqués. Et comme la meilleure dépense est celle que l’on n’engage pas, reprenez l’ensemble de votre budget en vous demandant si telle ou telle autre dépense est bien utile ou si vous pouvez trouver une alternative.

  • Enfin, déterminez quelles recettes vous pouvez espérer ajouter à votre budget, principalement : un apport personnel, un prêt bancaire et des dons.

Dans les grandes lignes, les dons des personnes physiques sont autorisés dans la limite de 7 500€ par an ou 4 600€ par campagne. Si certains candidats sont gênés par l’exercice, la collecte de dons est, à notre sens, indispensable. Là encore, tout est une question de méthode : si vous préparez bien votre collecte, vous constaterez que ce n’est pas si difficile… et que cela fonctionne !

Et maintenant, à vous de jouer !

Besoin de conseils personnalisés ? Utilisez notre simulateur ou contactez-nous ! 

Publié le Catégories Astuces de campagne, Constats de campagne, Municipales

Les élections se gagnent-elles réellement en ligne ?

Si la campagne électorale américaine de 2008 marque à bien des égards un tournant politique radical, elle est aujourd’hui reconnue comme le point de départ du recours aux réseaux sociaux comme outils de campagne électorale. Depuis, Cameron, Rajoy, Macron, … tous ont intégré la nécessité de soigner leur présence en ligne et plus encore celle de recueillir, analyser, voire influencer les tendances qui émergent des réseaux sociaux. A un point tel que certains se demandent aujourd’hui s’il est encore bien utile de perdre son temps sur le terrain, IRL (in real life) ?

Campagne traditionnelle vs. campagne 2.0

L’objectif d’une campagne électorale est simple : faire connaitre le candidat et susciter l’adhésion à son programme. Coller des affiches, distribuer des tracts, faire du porte-à-porte, autant de méthodes ancrées dans les habitudes des directeurs de campagne comme des militants, et qui restent d’usage malgré le développement des réseaux sociaux.

Le constat est plutôt celui de la complémentarité. Par exemple, chez Plebiscit nous proposons systématiquement aux candidats que nous accompagnons une version numérique compatible à la mise en ligne sur les réseaux sociaux de leurs documents de propagande. Depuis cette année, tous  les candidats aux élections législatives disposent en outre de la possibilité de mettre en ligne leurs circulaires sur un site gouvernemental.

L’accès à l’information en est démultiplié et c’est précisément l’une des vertus des réseaux sociaux : atteindre des citoyens qui ne s’intéressent pas ou plus à la politique par les canaux traditionnels (presse, radio, etc).

Quels réseaux sociaux ?

Le « petit nouveau » des campagnes françaises de 2017 est YouTube (28.6 millions d’utilisateurs en France) avec la volonté affichée par les YouTubers politiques (en particulier l‘UPR, le FN ou FI) de s’affranchir des circuits médiatiques traditionnels qu’ils trouvent, au choix, partiaux ou inopérants. Quelques candidats aux élections législatives ont fait le choix d’Instagram pour vanter la beauté de leur circonscription, ou de LinkedIn, leur permettant de mettre en avant leur réseau.

En Grande-Bretagne, à l’occasion des élections du 8 juin dernier, un militant du Labour et une doctorante, aidés de développeurs, ont mis en place un chatbot sur Tinder, application de rencontre qui fonctionne sur la base de Facebook, pour convaincre des jeunes situés dans des circonscriptions où les sondages annonçaient des résultats serrés. Par exemple, si l’utilisateur répondait vouloir voter Labour, le robot envoyait un lien vers le bureau de vote le plus proche. Les utilisateurs qui avaient accepté de « prêter » leur profil pour l’expérience pouvaient à tout moment intervenir dans la conversation. L’initiative a été accueillie de manière très positive par les utilisateurs et a permis d’envoyer 30 000 messages à des jeunes situés dans les key constituencies.

Facebook reste toutefois le poids lourd des réseaux sociaux, non seulement parce qu’il est l’un des plus anciens et le plus utilisé (2 milliards d’utilisateurs mondiaux dont 33 millions en France), mais aussi parce que c’est celui qui permet d’avoir accès au plus de données personnelles. Enfin, il embarque un outil de sondage, permet la diffusion de vidéos en direct, de gérer l’organisation et la participation à des événements… sans compter la récente possibilité d’ajouter un « A voté » à son profil !

Aux comptes personnels des débuts, les hommes et femmes politiques préfèrent désormais la page, plus facile d’accès et qui présente l’avantage technique de pouvoir être liée à un site personnel via une API.

Quelle utilisation ?

Préalable nécessaire, la présence sur les réseaux sociaux ne suffit pas à elle seule à changer la donne.

D’abord, parce que les hommes et femmes politiques doivent se conformer à des codes qu’ils ont parfois des difficultés à saisir. Communiquer efficacement sur les réseaux sociaux requiert à la fois une spontanéité maîtrisée et un savoir-être numérique dont l’apprentissage peut s’avérer difficile ! Ensuite, parce qu’au-delà de la seule présence, ce sont bien l’influence et la connaissance de son électorat qui sont le nerf de la guerre électorale.

En d’autres termes, ouvrir un compte Twitter pour relayer de l’information factuelle ne sert à rien ; c’est utiliser Twitter pour attirer l’attention de la communauté qui fait toute la différence… ce qu’a peut-être trop bien compris Donald Trump, au risque de tomber dans l’excès inverse !

Le risque étant, pour les citoyens, de succomber aux fake news et autres alternative facts, et que la campagne ne se gagne plus sur des bases sincères. La stratégie d’influence peut aller plus loin : l’astroturfing, technique qui permet de forcer la viralité d’une information pour influencer l’opinion publique et les médias, a été utilisée dans le cadre de la dernière campagne américaine, mais l’est également sur une base plus régulière par des pays comme la Chine, qui emploie plusieurs dizaines de milliers de fonctionnaires (la water army) pour diffuser des messages pro-gouvernementaux sur les réseaux sociaux.

Concernant ensuite la connaissance de l’électorat, le développement des réseaux sociaux et des CRM de campagne électorale est clairement une manne pour les hommes et femmes politiques, si tant est qu’ils s’astreignent non seulement à les utiliser correctement mais aussi à respecter les cadres juridiques propres à chaque pays.

On se souvient par exemple des débats qui ont entouré la signature de l’accord euro-américain visant à instituer un privacy shield : les différences culturelles et juridiques en matière de protection des données entre ces deux pays est telle qu’elle peut conduire à des différends, comme cela a été récemment le cas pour le logiciel américain NationBuilder, sanctionné par la CNIL française pour une utilisation illégale des données personnelles des Français.

Quant à l’utilisation de CRM électoraux, elle s’est largement démocratisée et est de plus en plus plébiscitée par les candidats, directeurs de campagne, mandataires financiers et communicants. Toutefois, elle reste une nouveauté pour les militants les moins connectés. Parmi les clients de PREVIOO, le logiciel de campagne que Plebiscit a développé, certains font même le choix d’imprimer depuis l’outil leurs feuilles de route détaillées pour garder un support papier en porte-à-porte.

Reste que tous ceux qui ont décidé de s’y investir ont apprécié l’extrême simplicité de son utilisation et sa pertinence dans le cadre d’une campagne électorale. Pour ceux-là, le gain en termes d’efficacité du ciblage de la communication et de la diffusion des messages notamment est significatif. Tous apprécient de pouvoir regrouper en un seul endroit, au profit de l’ensemble de l’équipe, les données qui permettent de faire toute la différence dans une campagne au même titre qu’étoffer et qualifier leur socle électoral leur semble efficace pour mieux appréhender le citoyen et ses attentes.

 « Pas encore » ou « certainement pas » ?

A la question initiale « Les élections se gagnent-elles réellement en ligne ? », la réponse peut être l’une ou l’autre. « Pas encore » car pour l’heure, les campagnes menées en ligne ne sont qu’une transposition des méthodes classiques de campagne. « Certainement pas » car au final, l’utilisation des data et de CRM, ainsi que l’influence sur les réseaux, si elles constituent des outils à ne pas négliger, ne remplacent en rien le contact avec les citoyens ou l’appréhension concrète des problématiques locales.

La période actuelle semble ainsi relever davantage de la transition que de la révolution et là réside tout son intérêt : nous, concepteurs et développeurs de logiciels, qui sommes « de l’autre côté de la barrière », sentons bien que nous mettons en place les premières bases des campagnes de demain !

Publié le Catégories Constats de campagne, Législatives, Présidentielle