Intercos : installation ou transition, mode d’emploi !

Sur 1100 EPCI, seuls 154 dont l’ensemble des communes-membres ont élu leurs conseils municipaux dès le 1er tour, pourront fonctionner régulièrement après leur installation au plus tard le 8 juin. Les autres entameront une période transitoire, où leurs conseils seront composés à la fois d’anciens et de nouveaux élus. Pour tous, quelques rappels et nos fiches pratiques !

Pour les EPCI dont l’ensemble des communes-membres ont élu entièrement leurs conseils, les conseils communautaires devront être installés au plus tard le 8 juin.

C’est par ordonnance, adoptée le 13 mai dernier, que l’exécutif règle les modalités de fonctionnement pendant la période transitoire pour les EPCI dont les communes-membres n’ont pas (ou pas toutes) élu l’ensemble des conseils municipaux.

En attendant le 2nd tour des municipales, les conseils communautaires sont composés d’élus du précédent mandat (dans les communes où le conseil municipal n’a pas été élu) et d’élus de 2020 (dans les communes où le conseil a été élu complètement).

Attention, les membres du bureau du mandat 2014-2020 restent en fonction jusqu’à l’installation de tous les nouveaux membres du conseil communautaire, donc après la tenue du 2nd tour dans les communes où il est nécessaire. Aussi, certains élus du précédent mandat et qui ne seront plus élus au mandat 2020-2026 restent membres du bureau pendant la période transitoire. On ignore pour l’instant quel sera exactement leur statut, notamment s’ils pourront prendre part aux votes.

Les conseils d’installation devront permettre à leurs participants de respecter les gestes-barrières.

Comme pour les conseils municipaux, « pour assurer la tenue de la réunion de l’organe délibérant dans des conditions conformes aux règles sanitaires en vigueur, (…) celle-ci [pourra se dérouler] sans que le public ne soit autorisé à y assister ou en fixant un nombre maximal de personnes autorisées à y assister. Le caractère public de la réunion est réputé satisfait lorsque les débats sont accessibles en direct au public de manière électronique ».

En pratique

Pas de modification en revanche quant aux modalités d’installation : convocation par le président du conseil communautaire, comportant l’ordre du jour (élection du président, élection des vice-présidents, élection des membres du bureau, ….).

La loi Engagement et proximité de décembre 2019 a en revanche introduit plusieurs nouveautés : création d’une conférence des maires (sauf si tous les maires de l’EPCI sont membres du bureau), élaboration d’un pacte de gouvernance (dont l’adoption n’est toutefois pas obligatoire), enfin la possibilité de créer un conseil de développement (plus d’infos dans cet article).

La délibération relative aux indemnités de fonction devra ensuite être prise dans les 3 mois suivant l’installation, de même que celle relative à la formation des élus.

Le règlement intérieur sera quant à lui adopté dans les 6 mois.

Nos modèles pour vous aider à préparer les conseils d’installation

Plus d’infos ? Besoin d’aide ? Contactez-nous !

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Organiser la réponse aux questions citoyennes ? Avec PREVIOO, c’est facile !

En cours de mandat comme pendant une campagne électorale, votre crédibilité se construit en même temps que votre fiabilité. Revenez avec une réponse concrète vers l’administré qui vous a sollicité de vive voix ou par courrier, il en parlera. Mais si vous l’oubliez, il en parlera aussi !

Il est donc nécessaire, en tant qu’élu ou en tant que candidat, d’organiser très rapidement le recueil et le traitement des questions citoyennes : déterminez dès que possible qui va se charger de les centraliser, de les transmettre à l’élu ou au service compétent, de répondre au citoyen et de vous tenir informé ?

PREVIOO vous permettra d’avoir un aperçu complet des demandes et de leur état de traitement, de savoir qui est en charge de la réponse et pourra vous apporter plus de précision et d’être sûr que la réponse est bien parvenue au citoyen demandeur.

Comment ? La réponse en image :

Pour en savoir plus, contactez nos conseillers ou demandez une présentation de PREVIOO !

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Premiers jours de maire : notre guide pour bien démarrer !

Félicitations, vous êtes élu(e) et installé(e) ! Laissez-vous guider dans vos premiers pas : nous avons recueilli l’expérience d’un maire sur ses 6 premières années de mandat et nous partageons avec vous son recul, ses techniques et ses outils. Un ouvrage court et didactique, indispensable pour bien (re)commencer son mandat !

C’est votre tout premier mandat de maire? Guettez votre boite aux lettres, nous vous le faisons parvenir par voie postale dans les prochains jours !

Vous êtes intéressé(e) à le lire ? Pour recevoir le guide « Premiers jours de maire », laissez-nous vos coordonnées via notre formulaire de contact, en précisant votre demande dans un message.

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Installation des conseils municipaux : nos conseils et nos outils pour vous aider !

Suite à la promulgation du décret du 14 mai 2020, les conseils municipaux élus entièrement le 15 mars dernier entrent en fonction le lundi 18 mai 2020. Ils devront être installés entre le 23 et le 28 mai. Quelques outils « maison » pour vous aider à tout organiser !

Installation : les adaptations temporaires pour raisons sanitaires

L’ordonnance du 13 mai 2020 adapte l’organisation habituelle des conseils municipaux pendant la période de crise sanitaire. Tant que l’état d’urgence sanitaire sera maintenu, ces procédures dérogatoires s’appliqueront. Ainsi :

  • le conseil peut ne pas se réunir en mairie (art. 9) et même, au besoin, en-dehors du territoire de la commune (et donc, pourquoi pas utiliser la salle du conseil communautaire si elle est suffisamment grande pour accueillir tous les conseillers de votre commune à une distance raisonnable les uns des autres … ) ;
  • le quorum est abaissé au tiers des membres ;
  • les conseillers présents peuvent être porteurs de 2 pouvoirs (voir notre modèle de pouvoir ci-après).

Attention toutefois, au moment du vote pour l’élection du maire et pour celle des adjoints, seuls les conseillers présents seront pris en compte pour le calcul du quorum.

  • Enfin, l’article 10 de l’ordonnance dispose que : « pour assurer la tenue de la réunion de l’organe délibérant dans des conditions conformes aux règles sanitaires en vigueur, que celle-ci [pourra se dérouler] sans que le public ne soit autorisé à y assister ou en fixant un nombre maximal de personnes autorisées à y assister. Le caractère public de la réunion est réputé satisfait lorsque les débats sont accessibles en direct au public de manière électronique« .

En d’autres termes : pas de famille ou amis émus de vous voir prendre vos nouvelles fonctions dans la salle ; pas non plus de citoyens intéressés.

En revanche, rien ne vous empêche de diffuser ce premier conseil (et les suivants) sur internet : solutions de webstream ou simple Facebook Live. Pour tout vous dire, on vous incite même vivement à le faire !

Pour plus de plus amples informations sur le fonctionnement du conseil municipal tout au long du mandat, nous vous proposons de vous reporter aux :

Nos modèles

Vous trouverez ci-dessous plusieurs modèles d’actes qui contiennent également des rappels juridiques et de procédure en fin de document.

Veuillez noter qu’ils sont purement indicatifs et doivent systématiquement être revus et adaptés aux besoins de votre collectivité avant leur présentation.

Installation

—> Pour plus d’informations sur la Charte de l’élu local, nous vous renvoyons vers le « Mode d’emploi » édité par la SMACL en mars 2020.

Délégations

Et les intercos ?

Seules 154 intercommunalités pourront s’installer : celles dont l’ensemble des conseils municipaux de leurs communes-membres ont été élus dès le premier tour.

Pour les autres, un système transitoire va être mis en place, faisant cohabiter des élus du mandat précédent et ceux du mandat 2020-2026. Nous y reviendrons très prochainement.

Nous travaillons également à l’élaboration de modèles, revenez visiter notre blog et/ou abonnez-vous à nos réseaux sociaux (Facebook, Twitter et LinkedIn) ou notre newsletter pour être tenu(e) informé(e).

Besoin d’aide ou de plus d’infos ? Contactez-nous !

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Déclaration de situation patrimoniale : pensez-y !

Les maires de communes de plus de 20 000 habitants, ainsi que leurs directeurs, directeurs adjoints et chefs de cabinets et, pour les communes de plus de 100 000 habitants, les adjoints aux maires titulaires d’une délégation de signature ou de fonction doivent procéder à leur déclaration de situation patrimoniale en début ou fin de mandat. Que vous soyez entrant, reconduit ou sortant, pensez – y!

Qui est concerné ?

Au-delà de ceux mentionnés en introduction, la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) recueille de la même façon les déclarations de certains président d’EPCI, des députés et sénateurs, membres du gouvernement, les présidents de conseils régionaux et départementaux etc.

Voir le tableau récapitulatif sur le site de la HATVP.

Que déclarer ?

Vos biens immobiliers, emprunts, véhicules, assurances vie…

Quand le faire ?

Au début de votre mandat, jusqu’à 2 mois après la date de l’élection, en cas de modification en cours de mandat, et entre 1 et 2 mois avant le terme de votre mandat.

Quelle sanction à défaut ?

Ne pas déclarer, fournir une évaluation mensongère de son patrimoine ou omettre une partie substantielle de son patrimoine ou de ses intérêts est un délit puni de trois ans d’emprisonnement et de 45000 euros d’amende. Une peine d’inéligibilité de 10 ans peut également être prononcée ainsi que l’interdiction d’exercer une fonction publique.

Plus d’infos sur le site de la HATVP.

Des questions ? Contactez-nous

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Déconfinez bien accompagné !

Plebiscit, conseil en communication et stratégie politique, et Omnigibus, conseil en communication sensible et complexe, s’associent pour accompagner votre collectivité avant, pendant et après le déconfinement.

Nous unissons les compétences de nos experts pour travailler ensemble à :

  • L’élaboration et la validation d’un positionnement politique et d’une stratégie de communication personnalisée, déclinée en fonction des besoins de votre collectivité, secteur par secteur ;
  • L’accompagnement stratégique et en communication quotidien pendant la phase opérationnelle du déconfinement.

Pourquoi recourir à nos services ?

  • Les premières semaines de la crise ont démontré qu’une communication hasardeuse génère doute, méfiance et parfois colère. Que vous soyez réélu depuis le 15 mars, élu « intérimaire » et candidat à votre succession, ou faisant fonction en attendant l’installation de la nouvelle équipe (inter)communale, cette période est cruciale pour le bon déroulement du mandat à venir !
  • L’organisation matérielle du déconfinement et la gestion du redémarrage de l’activité dans les meilleures conditions de sécurité seront des paramètres essentiels de réussite. Vos choix politiques et votre manière de les communiquer seront également déterminants pour accompagner cette nouvelle (et souhaitons-le, dernière) phase de la crise.

Concrètement, nous vous aidons à :

  • Maîtriser votre crédibilité, améliorer votre relation citoyenne et encourager la motivation des agents en interne : quels messages, quand, à quel rythme, vers quels publics ?
  • Communiquer avec pertinence et bienveillance, en vous aidant à définir et/ou rédiger des messages et/ou argumentaires appropriés ou en anticipant l’impact de votre prise de position ou communication sur vos différents publics pour vous aider à l’affiner.

Intéressé(e) par notre offre ? Contactez-nous !

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Continuité budgétaire dans le cadre de la crise sanitaire : notre schéma qui vous dit tout !

Si l’adoption du budget relève souvent du casse-tête tant les enjeux sont importants, l’affaire se corse encore plus cette année avec des élections suspendues parfois entre-deux-tours, des délais modifiés et des services fonctionnant au ralenti. Essayons d’y voir plus clair ensemble !

Nous vous proposons pour cela un schéma très synthétique qui vous donnera quelques pistes pour avancer.

L’adoption du budget dans le cadre de la crise du COVID19

Notez par ailleurs que les municipalités et intercommunalités peuvent adopter leur budget avant l’installation des nouvelles assemblées élues ; ou encore avant la tenue du second tour des élections municipales et communautaires (dont la date reste incertaine à ce jour). Les élus qui ont été réélus dès le 1er tour peuvent quant à eux continuer à exécuter le budget de leur collectivité.

Besoin d’aide ? De précisons ? Contactez-nous !

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Une crise démocratique derrière la crise sanitaire ?

En général, chez Plebiscit, on blogue pragmatique. Parce qu’on est inquiets quant à la santé démocratique de notre pays, parce qu’on aimerait poser tout haut des questions qui sont procrastinées tout bas, nous dérogeons à notre ligne éditoriale. Une fois n’est pas coutume !

Faible participation, report sine die du 2e tour des élections municipales et communautaires, installations suspendues des assemblées élues au premier tour, obligation de collaborer entre équipes entrantes et sortantes… Au-delà d’une ré-organisation empirique des collectivités qui laissera pour certaines des stigmates tout au long du mandat 2020-2026, quel impact la crise sanitaire que nous traversons va-t-elle avoir sur notre vie démocratique déjà essoufflée ?

Une participation insuffisante pour garantir la sincérité du scrutin ?

En 2014, 7600 maires avaient été élus dès le premier tour, principalement dans des petites communes où ils n’avaient pas d’adversaire ou une seule liste concurrente. Quelle différence avec 2020 où le nombre d’élus au premier tour approche les 30 000 ! S’il y a bien sûr autant de raisons à cela que de scrutins, l’une d’elle nous semble prépondérante : l’abstention.

Une abstention massive, dont il est impossible de savoir dans quelle proportion la préservation de sa santé ou le désintérêt pour la chose publique en est responsable. Néanmoins, un sondage IFOP « jour du vote » montre que pour 79% des abstentionnistes, c’est le fait qu’ils étaient inquiets de la progression de l’épidémie qui a joué un rôle déterminant ou important quant à leur décision de s’abstenir. A un sondage effectué le 10 mars, ce taux n’était que de 20%.

Pour rappel, en 2014, le taux de participation au 1er tour était de 63,55% des inscrits. En 2020, il est de 44,66%, mais il faut affiner :

  • Dans les communes de moins de 1 000 habitants ayant élu leur maire au premier tour (soit 24 945 communes représentant près de 7 millions d’inscrits), le taux de participation est autour de 60%. On trouve une commune avec une abstention de plus de 80%, une dizaine autour de 70%, mais pour une bonne moitié de ces petites communes, le taux d’abstention reste autour de 35%.
  • Dans les communes de plus de 1 000 habitants (soit 9 978 communes et environ 40 millions d’inscrits), la participation est bien plus basse : 42% de votants seulement. Parmi elles, 16 ont un taux d’abstention supérieur à 80%, 540 à 70% et près de 3 200 à 60%. A Tourcoing par exemple, fief du ministre de l’Action et des comptes publics Gérald DARMANIN, celui-ci est certes réélu au premier tour, mais avec une abstention de près de 75% des inscrits : sur 63 728 inscrits, seuls 16 174 ont été voter (dont environ 9 000 en faveur de la liste En Marche menée par le ministre).
  • A Fort-de-France, seuls 16% des électeurs se sont déplacés, à Roubaix 22%, à Mulhouse, 26%, à Bordeaux, Pau, Avignon, Aix-en-Provence ou Toulouse, ils sont autour de 35%.

Au vu de ces chiffres, l’on peut donc douter de la sincérité de ce premier tour de scrutin.

Pour le Conseil constitutionnel, la sincérité électorale « implique que le résultat de l’élection soit l’exact reflet de la volonté, exprimée par la majorité du corps électoral« . Si l’on reprend les 3 composantes de cette notion (l’égalité, la liberté et le caractère secret du vote), il nous semble en effet que les deux premières peinent à être remplies dans le cadre de ce premier tour.

Fallait-il ou non maintenir le scrutin ? Dans un sondage Harris Interactive x Epoka du 15 mars, pour 60% des interrogés, la réponse est non car, pour 83% d’entre eux, aller voter présentait un danger.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, les résultats du premier tour, qu’ils aient été décisifs ou non, restent valables. Conséquence : les municipalités et intercommunalités fonctionnent temporairement selon des modalités inédites et décidées extrêmement rapidement.

Au-delà d’une légitimité démocratique mitigée, la coexistence de collectivités à différents « statuts transitoires » met également en péril le bon déroulement du futur mandat, sans parler des relations entre élus ou entre élus et citoyens, du fait d’un manque certain de lisibilité.

Une période transitoire aux fondements juridiques instables, des conséquences pratiques ravageuses pour les assemblées élues

En principe, le calendrier des élections municipales et communautaires est le suivant : convocation des électeurs, tenue du premier tour, puis tenue du second tour le cas échéant « le dimanche suivant » (art.56 du Code électoral) ; ensuite, installation des conseils municipaux et élection du maire ; enfin installation des conseils communautaires et élection du président.

Adaptant le cadre juridique au contexte sanitaire, plusieurs ordonnances prises fin mars et début avril « bricolent » un droit électoral qui n’est pas préparé à subir l’urgence.

En découlent un allongement des délais contentieux, qui risque défaire des élections acquises d’ici plusieurs mois et qui créent en outre une instabilité juridique supplémentaire, renforcée par des fondements juridiques hasardeux. A titre d’exemple, le report du second tour par décret fait encore débat parmi les universitaires, puisqu’en vertu de la hiérarchie des normes, un décret ne peut en principe revenir sur une loi (l’art. 56 que nous venons de mentionner).

Sans nous prononcer en droit, considérons les faits : détacher les deux tours du scrutin, les espacer de plusieurs semaines ou mois, crée à notre sens une inégalité entre les candidats : d’une part entre ceux élus dès le premier tour et ceux qui devront être départagés par un deuxième tour de scrutin ; t d’autre part, parmi ceux qui participeront au deuxième tour, entre les sortants restés aux commandes et leurs adversaires, moins visibles dans un entre-deux-tour qui ne dit pas son nom.

Enfin, cette inégalité touche aussi les citoyens : ceux qui devront revoter verront leurs assemblées élues prendre leurs fonctions plus tard que ceux relevant de communes dont l’exécutif est déjà pourvu.

Comment adapter notre droit électoral aux circonstances exceptionnelles ? Comme pour toute gestion de crise, l’anticipation permet d’aborder plus sereinement la crise et il nous semble aujourd’hui nécessaire, bien plus que de revenir sur ce qui s’est déjà produit, de s’y préparer. Il pourrait à notre sens être pertinent, à l’issue de la crise sanitaire, de réunir des experts autour de cette question pour titrer toutes les leçons utiles de cette période transitoire.

Au-delà des fondements instables de ces décisions, elles génèrent une situation très complexe, mettant à mal le fonctionnement des assemblées élues et même la symbolique du vote citoyen :

  • Nous avons tout d’abord des communes où les listes ont été élues au 1er tour, dont certaines ont installé leur conseil municipal malgré l’appel du Premier ministre à ne pas le faire (au moment de sa déclaration devant le Sénat, aucun texte juridique n’allait toutefois dans ce sens, comment blâmer ceux qui ont voulu agir « dans les règles »?).

Celles-ci voient leur installation suspendue et se retrouvent dans le même cas de figure que les communes dans lesquelles une liste a été élue dès le 1er tour et dont les instances ne se sont pas réunies.

Pour ces deux premières catégories, la période transitoire est soumise au même régime et il est rude, en particulier pour les nouvelles équipes, c’est-à-dire celles qui ont battu le maire sortant ou celles qui « prennent la relève » d’un maire sortant qui ne se représentait pas. Les « anciens », ceux du mandat 2014-2020, restent aux commandes et ont l’obligation de transmettre toutes les décisions prises aux « nouveaux », ceux du mandat 2020-2026… Dans un monde parfait, la transmission des informations serait fluide et complète. Disons le tout net, ce n’est pas le cas partout, loin de là.

L’on n’a, pour l’heure, aucune idée de quand cette situation cessera et même si des recours gracieux (en préfecture) ou contentieux sont initiés, aucune sanction n’étant prévue, il y a peu de chances que cela change. Premier stigmate donc, celui d’une passation rendue encore plus difficile par les mesures d’urgence. Comment expliquer aux citoyens que ceux qu’ils viennent d’élire sont dans la salle d’attente, impuissants, tandis que ceux qui devaient partir continuent de décider pour eux ?

  • Nous avons ensuite des communes dans lesquelles un second tour sera nécessaire.

Quand aura-t-il lieu? La question reste ouverte à ce stade mais nous tendons à penser qu’il n’aura pas lieu avant l’automne.

Pour ces communes, également soumises au difficile régime de coopération transitoire entre « élus de 2014-2020 » et « élus éventuels de 2020-2026 », un stigmate supplémentaire : comment ne pas penser que ceux dont le mandat est prorogé le temps de la crise ne gagnent pas un avantage comparatif dans la course électorale ? Au-delà, comment peuvent « exister » leurs adversaires qui, s’ils sont qualifiés au second tour sont, nous semble-t-il, déjà représentatifs si ce n’est représentants des habitants ?

Rien n’est prévu en ce sens dans les lois d’urgence et cela nous semble bien dommageable quant à l’égalité nécessaire entre les candidats à un même scrutin.

  • Là où cela se complique, c’est au niveau intercommunal, dans un contexte où presque tous les candidats ont éludé la question de l’interco dans leurs programmes, alors même que tous savent bien qu’aujourd’hui, c’est à ce niveau que tout se joue pour leur commune.

Se mélangent aujourd’hui pèle-mêle : les sortants du mandat 2014-2020, qui restent aux commandes, les élus du 1er tour du mandat 2020-2026, pas encore installés et dénués de toute prérogative et ceux, enfin, qui devront attendre le second tour. La question est d’une simplicité enfantine : comment ça marche ?

Éloignées des citoyens qui s’en préoccupent peu, affaiblies par des jeux de pouvoir amenés à se prolonger entre ceux qui sont déjà en place, ceux qui le resteront et ceux qui devront le quitter, l’on se demande bien comment les intercommunalités, notamment celles rassemblant des centaines de petites communes rurales, parviendront à trouver leur vitesse de croisière ?

La création d’une inégalité de fait entre les citoyens-électeurs

Pour Esther DUFLO, les conséquences de cette crise sanitaire, en particulier le manque de lien social dû au confinement, va amener les citoyens à réévaluer collectivement leurs priorités à l’issue de la crise. Ainsi, l’on peut douter que des programmes « validés » le 15 mars par les électeurs conviennent encore aux électeurs de juin ou d’octobre.

Dans les faits, nous risquons de voir apparaître 2 catégories d’élus locaux au prochain mandat :

  • ceux élus, le plus souvent avec une participation faible, sur des programmes « d’avant COVID », dont la légitimité sera fragile ;
  • et ceux élus après la crise, en particulier si l’entièreté du processus électoral est repris (et pas uniquement le premier tour), avec une légitimité accrue grâce à une participation plus importante et un programme actualisé (si tant est qu’ils prennent la peine de procéder à une remise en question et à la traduire en orientations et projets politiques).

Ces deux « catégories » d’élus devront coexister pendant tout le mandat. Pour la plupart, les exécutifs des intercommunalités seront renouvelés après la complétion définitive du scrutin municipal. Celles-ci pourront donc peut-être jouer un rôle « égalisateur » entre les élus du premier tour et les autres, permettant à programmes « post-COVID » de prendre le pas sur les programmes « pré-COVID ».

Mais ici encore, il s’agit d’un scénario dans un monde idéal, où la légitimité démocratique des élus serait plus déterminante que leur légitimité politique ou personnelle dans la gouvernance.

Dans un contexte où les citoyens ne s’engagent plus en politique, doutent de leurs représentants et participent de moins en moins aux rendez-vous électoraux, cette crise marque le passage d’un nouveau cap, celui d’un scrutin maintenu par défaut, par volonté politique et sans considération à court ou moyen terme de l’intérêt général des électeurs.

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Maires et présidents d’interco : quelle stratégie de communication pour 2020-2026 ?

Le début de mandat est chamboulé (et juridiquement retardé), votre communication tourne pour l’instant autour de la protection sanitaire de vos citoyens… Raison de plus pour définir une stratégie de communication claire et à long terme, qui servira les objectifs que vous et votre équipe vous êtes fixés pour les 6 ans à venir.

Nous vous proposons un audit de vos outils et stratégie de communication (envoi par mail des documents, entretien téléphonique ou en visio) sur la base duquel nous formulons des recommandations ciblées sur vos priorités, les besoins et la sociologie de vos administrés (présentation en ligne, remise d’un document de travail écrit, session de questions/réponses et suivi à 6 mois, puis un an).

Vous êtes intéressés ou souhaitez en savoir plus ? Contactez-nous !

Développer vos compétences en communication et celles de votre équipe : prenez connaissance de nos offres de formation sur cette page.

Voir aussi notre proposition d’audit budgétaire en cliquant ici.

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Budget (inter)communal : partez sur de bonnes bases !

Mettez à profit la période intermédiaire avant le début officiel du mandat 2020-2026 pour le préparer sereinement ! Nous vous proposons un audit du budget de votre commune (ou intercommunalité) et des conseils adaptés à votre projet politique.

En pratique ? Vous fournissez à notre expert les documents budgétaires des années précédentes, il les étudie et formule des recommandations qu’il vous présente (en visioconférence ou in situ). Vous pourrez alors lui poser vos questions et affiner votre stratégie.

Une opportunité à saisir tant pour ceux qui ont été (ou le seront dans quelques semaines) confirmés dans leur mandat, et plus encore pour ceux qui prennent les rênes de leur collectivité.

Pour réserver votre audit ou pour plus d’informations, contactez-nous !

Nous proposons aussi un audit de votre communication, cliquez ici pour en savoir plus.

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