Élections partielles pour enseignements généraux

Hier se sont tenues deux élections partielles. L’une départementale en Meuse où le Front National jouait la préservation de son seul canton du département et l’autre législative en Loire-Atlantique où le PS entendait conserver le siège, ô combien symbolique, de Jean-Marc Ayrault.

 

Force est de constater que si les uns ont atteint leur objectif, le PS malgré une neutralité malveillante d’EELV a conservé la troisième circonscription de la Loire-Atlantique, les autres ont été sèchement désavoué, le binôme FN ayant perdu face à l’UDI dans un score sans appel 57,79% contre 42,21.

 

Mais dans ces deux scrutins le véritable vainqueur, celui qui a réuni plus de 50% des inscrits, ne fut autre que l’abstention. En effet celle-ci s’est élevée à 74,2% en Loire-Atlantique et à 56,6% dans la Meuse. S’il est impossible de dire pourquoi tous ces citoyens se sont abstenus tant les motivations peuvent être diverses, il est en revanche possible de poser ce constat : moins de la moitié des électeurs ont eu suffisamment confiance dans les institutions et le jeu politique pour se déplacer aux urnes.

 

Chez Plebiscit l’abstention est un sujet de préoccupation majeur, persuadés qu’un désintérêt des citoyens pour la vie politique et électorale, une défiance profonde pour le personnel politique ou des règles d’inscription sur les listes électorales trop complexes seront, à terme, des facteurs puissants d’affaiblissement de notre démocratie.

 

Ce constat, ainsi des préconisations urgentes à destination de la classe politique, a été réfléchi et posé noir sur blanc dans un livre : “Aux urnes et caetera…” publié avant les élections régionales.

 

Convaincus que pour renouer le lien avec les citoyens il est urgent de retourner les voir, concrètement par le biais du porte-à-porte, et de mieux cerner leurs préoccupations et leurs attentes, un outil en ligne de gestion des campagnes électorales, Previoo, a également été développé et est disponible depuis le 1er mars.

 

2017 sera une année politique majeure, il est urgent que la classe politique se remette en question et retourne au contact des Français pour mieux les comprendre et aussi pour leur redonner confiance dans nos institutions et leurs représentants.

 

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Que reste-t-il du 21 avril 2002 ?

“Imaginez juste une minute, Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le candidat, que vous ne soyez pas au second tour.

 

– Oui

 

– Vous votez pour qui ?

 

Éclats de rire de Lionel Jospin.

 

– Non, j’ai une imagination normale, mais tempérée par la raison quand même, donc…

 

– C’est impossible ?

 

– Impossible, ne disons pas ça mais ça me paraît assez peu vraisemblable, hein ? Bon, donc on peut passer à la question suivante peut-être ?”

 

Interview de Lionel Jospin, le 17 avril 2002 par John Paul Le Perse pour le Vrai journal de Karl Zéro.

 

La suite nous la connaissons tous, quatre jours plus tard, Lionel Jospin finit en troisième position du premier tour de l’élection présidentielle derrière Jean-Marie Le Pen. Ce fût un séisme politique et médiatique sans précédent dans l’histoire de la Vème République.

 

Séisme imprévisible ? Le 18 avril 2002, face au même journaliste que Lionel Jospin, Jean-Marie Le Pen affiche sa confiance, pour lui tout se jouera entre 17 et 18%, et sans doute à la décimale près pour le départager de Lionel Jospin. Avec 16,86% des suffrages exprimés pour l’un et 16,18 pour l’autre difficile de lui donner tort.

 

Jospin fût-il sanctionné pour son action en tant que Premier Ministre ? Difficile de le croire. Quatre ans après son arrivée, en octobre 2001 le baromètre TNS Sofres (Qui depuis 1978 mesure avec la même méthodologie la popularité des Présidents et des Premier Ministre) lui donne encore 59% d’opinions favorables. Jamais un Premier Ministre n’avait atteint ce score après un si long séjour à Matignon.

 

Entre 1997 et 2001 la croissance fût en moyenne de 3%, du jamais vu depuis la fin des Trente Glorieuses, le chômage reflua de 800 000 personnes et le commerce extérieur redevint excédentaire. De quoi faire baver d’envie les dirigeants actuels.

 

Comment expliquer cet échec ?

 

Forts de leur bilan, les différentes composantes de la Gauche Plurielle ont toutes voulu défendre leurs intérêts et peser sur le programme de Lionel Jospin pour son quinquennat à venir. Ainsi ce sont cinq candidats issus des partis de la Gauche Plurielle qui sont présents au premier tour de la Présidentielle.

 

À eux cinq ils ont obtenu 32,45%, soit un score excellent pour un pouvoir sortant. Il aurait suffi qu’un seul des quatre renonce pour assurer la victoire de Lionel Jospin. Le 21 avril fût d’abord le fruit d’une erreur stratégique majeure.

 

La campagne a également été dominée par les sujets sur l’insécurité, Jacques Chirac ne pouvant attaquer le bilan économique, choisit ce cheval de bataille. Sur TF1, entre le 1er et le 18 avril 2002 ce sont 55 sujets (à 95% avec une tonalité négative) qui furent consacrés à l’insécurité dans les JT.

 

Jospin n’a pas voulu aborder ce sujet outre-mesure et a continué de parler de son programme économique, or puisque l’économie allait bien les Français ne s’en préoccupaient pas et attendaient des réponses sur d’autres sujets. Le 21 avril fût aussi une erreur tactique de la part de Lionel Jospin qui n’a pas fait la campagne qui s’imposait.

 

Après cette catastrophe, la gauche se ressaisit et le concept de “vote utile” émergea, pleinement opérationnel en 2007 il permit à Ségolène Royal de faire plus de 25% des suffrages exprimés quand Les Verts et le PCF sombraient sous les 2%.

 

En 2012 la crainte d’un 21 avril s’est dissipée, à gauche tout le monde mesure le rejet de Nicolas Sarkozy, et François Hollande plane dans les sondages entre 28 et 30%, largement en tête pour le premier tour. Cette dissipation de la crainte conduit de nombreux électeurs de gauche à ne pas voter directement pour le PS au premier tour mais à suivre leurs convictions en votant Mélenchon qui obtient 11% des suffrages.

 

Et pour 2017 ?

 

À gauche sans nul doute le naturel est de retour et les candidatures seront multiples mais pas pour les mêmes raison qu’en 2002. Au vu de la défaite annoncée de François Hollande, chaque composante de la gauche va chercher à marquer des points pour peser sur la recomposition future de la gauche. De plus certains préféreraient sans doute contribuer à la défaite de François Hollande qu’à sa réélection.

 

Quant à la peur d’un 21 avril elle a totalement disparu. Le choc du 21 avril venait en grande partie de la surprise d’une qualification de Jean-Marie Le Pen que personne n’avait anticipé, l’an prochain la véritable surprise viendrait sans doute de la non-qualification de Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle.

 

Un autre élément a également été intégré par les Français : le résultat du second tour en 2002. La défaite de Jean-Marie Le Pen a été cuisante, aucune progression entre les deux tours, un vote sans hésitation des électeurs de gauche pour Jacques Chirac malgré les procédures judiciaires contre lui. Tout laisse à penser que ce même scénario pourrait se répéter l’an prochain.

 

Aussi du 21 avril 2002 il reste un fait historique marquant, des expressions qui sont passées dans le langage populaire “vivre un 21 avril”, “un 21 avril à l’envers” mais l’épouvantail politique lui, est bel et bien mort.

 

 

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Le droit à la formation des élus locaux

Chaque élu local, qu’il soit de la majorité ou de l’opposition, a le droit de bénéficier d’une formation adaptée à ses fonctions.

 

Dans les trois mois suivant leur renouvellement, les conseils municipaux, généraux ou régionaux ainsi que les conseils des communautés de communes, d’agglomérations ou urbaines, doivent délibérer sur l’exercice du droit à la formation de leurs membres.

 

Par ailleurs, un tableau récapitulant les actions de formation des élus financés par la collectivité ou l’établissement est annexé au compte administratif. Ce document donne lieu à débat annuel sur la formation des membres de l’assemblée de la collectivité ou de l’établissement.

 

Depuis le 1er janvier 2016, le montant prévisionnel des dépenses de formation ne peut être inférieur à 2% du montant total des indemnités de fonction susceptibles d’être allouées aux élus de la commune (montant théorique prévu par les textes, majorations y compris).

 

Le montant réel des dépenses de formation ne peut excéder 20% du même montant. Les crédits relatifs aux dépenses de formation qui n’ont pas été consommés à la clôture de l’exercice au titre duquel ils ont été inscrits sont affectés en totalité au budget de l’exercice suivant. Ils ne peuvent être reportés au-delà de la fin de la mandature (c’est à dire l’année au cours de laquelle intervient le renouvellement de l’assemblée délibérante).

Les frais de formation comprennent :

 

– les frais de déplacement qui comprennent, outre les frais de transport, les frais de séjour (c’est-à-dire les frais d’hébergement et de restauration),

 

– les frais d’enseignement,

 

– pour les élus salariés, la compensation de la perte éventuelle de salaire, de traitement ou de revenus, justifiée par l’élu et plafonnée à l’équivalent de 18 jours, par élu et pour la durée du mandat. Elle est de même nature que l’indemnité de fonction et est donc soumise à CSG et à CRDS.

 

Les élus salariés doivent faire une demande écrite à leur employeur au moins 30 jours avant le stage en précisant la date, la durée du stage et le nom de l’organisme de formation agréé par le ministre de l’Intérieur.

 

L’employeur privé accuse réception de cette demande. Si l’employeur privé n’a pas répondu 15 jours avant le début du stage, la demande est considérée comme accordée.

 

Par contre, si l’employeur privé estime, après avis du comité d’entreprise ou des délégués du personnel, que l’absence du salarié aurait des conséquences préjudiciables à la production et à la bonne marche de l’entreprise, la demande peut être refusée, à condition toutefois d’être motivée et notifiée à l’intéressé.

 

Si l’élu salarié renouvelle sa demande 4 mois après la notification d’un premier refus, l’employeur est obligé de lui répondre favorablement.

 

Les élus fonctionnaires ou contractuels sont soumis au même régime mais les décisions de refus, s’appuyant sur les nécessités de fonctionnement du service, doivent être communiquées avec leur motif à la commission administrative paritaire au cours de la réunion qui suit cette décision.

 

Dans tous les cas, l’organisme dispensateur de formation doit délivrer à l’élu une attestation constatant sa fréquentation effective, que l’employeur peut exiger au moment de la reprise du travail.

 

Les frais de formation constituent une dépense obligatoire pour la commune, à condition que l’organisme dispensateur de la formation soit agréé par le ministre de l’Intérieur (agrément dispensé après avis du Conseil national de la Formation des Elus locaux).

 

Droit individuel à la formation (DIF)

 

À compter du 1er janvier 2016, les membres du conseil municipal bénéficient, chaque année, d’un DIF d’une durée de 20 heures, cumulable sur toute la durée du mandat et financé par une cotisation obligatoire, dont le taux ne peut être inférieur à 1 %, prélevée sur leurs indemnités.

 

L’exercice de ce droit relève de l’initiative de chacun des élus et peut concerner des formations sans lien avec l’exercice du mandat, notamment pour acquérir des compétences nécessaires à la réinsertion professionnelle à l’issue du mandat.

 

Les membres de l’organe délibérant des communautés de communes, communautés d’agglomération, communautés urbaines et des métropoles bénéficient également du DIF.

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Les enjeux des législatives de 2017 vus par Plebiscit

Rarement le paysage politique à un an de l’élection présidentielle n’aura été aussi complexe, avec un Président de la République sortant contesté par de larges pans de sa famille politique qui réclament l’organisation d’élections primaires pour désigner le candidat et une droite (Les Républicains et l’UDI) qui avance en ordre dispersée et qui pour la première fois de son histoire gaullo-bonapartiste n’a pas de chef naturel mais une armée mexicaine de poids, plus ou moins, lourds de la vie politique qui rêvent de devenir Président. Ou du moins de peser sur celui qui sera désigné au terme du processus des primaires de la droite.

 

En embuscade, le FN, plus fort que jamais, rassemblant en cette fin d’année 2015 le plus grand nombre d’électeurs de ses quarante années d’existence, aborde l’année 2017 avec confiance. Confiance dans la capacité de Marine Le Pen à se qualifier au second tour de l’élection présidentielle et ainsi reproduire l’exploit du 21 avril 2002 de Jean-Marie Le Pen. Confiance également, au vu de l’implantation locale de plus en plus forte du Front National, à améliorer significativement sa présence à l’Assemblée Nationale où il ne dispose que d’un député et demi pour le moment (En effet Gilbert Collard n’est pas membre du FN, il est apparenté FN et membre du Rassemblement Bleu Marine).

 

Le schéma classique pour tous les Présidents de la Vème République fraîchement installés au Palais de l’Elysée a toujours été soit de trouver une Assemblée Nationale déjà élue en concordance politique (Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy) soit de dissoudre pour bénéficier de la vague électorale (Mitterrand) soit, grâce au quinquennat et à l’inversion du calendrier, de bénéficier de législatives de confirmation un mois après (Hollande).

 

Néanmoins il se pourrait que 2017 produise une situation unique dans les annales de la Vème République, un Président de la République nouvellement élu (L’option la plus probable étant celle de la victoire du candidat qui remportera la primaire de la droite) qui ne disposerait pas d’une majorité claire à l’Assemblée Nationale pour appliquer son programme politique.

 

Et la cause même de cette possibilité est à chercher du côté du mode de scrutin choisi en 1958 pour tailler en pièce le parti communiste français : le scrutin majoritaire à deux tours.

 

Ce scrutin a pour effet d’éliminer de la représentation les petits partis sans alliés qui, s’ils peuvent se qualifier pour le second tour, sont ensuite battus par celui qui dispose des reports de voix. Et à l’origine ce système a parfaitement produit les effets escomptés, les candidats PCF se qualifiaient pour le second tour dans de nombreuses circonscriptions puis ne disposaient d’aucune réserve de voix, notamment car les électeurs SFIO puis PS ont toujours été réticents à apporter leurs suffrages aux candidats communistes.

 

Ainsi, à moins d’être localement majoritaire, un petit parti ne pouvait pas espérer disposer de sièges à l’Assemblée Nationale. Les deux grandes forces politiques, et les alliés qu’ils acceptaient de soutenir, étaient assurées de contrôler l’Assemblée Nationale en toute circonstance.

 

Cependant aujourd’hui le même système qui devrait assurer la prédominance de Les Républicains  et de ses alliés de l’Union des Démocrates et des Indépendants (UDI) lors des législatives 2017 pourrait les empêcher de devenir majoritaire à l’Assemblée Nationale.

 

Car en effet à la différence de l’élection présidentielle où seuls les deux premiers sont qualifiés pour le second tour, une originalité a été introduite dans le scrutin majoritaire pour les élections législatives. Le seuil des 12,5% des inscrits.

 

Ce seuil, qui autorise chaque candidat à une élection législative ayant réalisé au moins 12,5% des inscrits à se qualifier pour le second tour, permet les fameuses triangulaires ou quadrangulaires où le vainqueur est celui qui obtient la majorité relative des suffrages exprimés.

 

Cette possibilité est un paradoxe car elle va à l’encontre même du principe majoritaire du scrutin car peut gagner un candidat qui n’est pas majoritaire parmi les suffrages exprimés !

 

Sur un plan arithmétique, la participation aux élections législatives est désormais d’environ 60%, avec la règle des 12,5% des inscrits cela signifie qu’il faut réaliser en moyenne 20,8% des suffrages exprimés accéder au second tour. Or ce score est actuellement atteignable par trois forces politiques : le Parti Socialiste, Les Républicains et le Front National.

 

Sur tout le territoire le nombre de triangulaires potentiels est massif, si l’on se fie aux résultats des élections régionales, les candidats du Front National devraient se qualifier quasi-systématiquement dans les Hauts-de-France, le Grand Est, la Bourgogne-Franche-Comté, la PACA et l’ancien Languedoc-Roussillon.

 

Que se passera-t-il lors des seconds tours ? Notamment si les résultats se tiennent dans un mouchoir de poche ? Qui peut croire qu’après avoir perdu la présidentielle, la gauche abandonne systématiquement chaque circonscription où elle arriverait troisième ? Qui peut croire qu’après une victoire à la présidentielle des candidats de droite renoncent à tout espoir de devenir députés pour faire barrage au FN ?

 

Si chaque camp réalise 25% des suffrages exprimés, alors avec le principe d’une victoire à la majorité relative, il est légitime de croire en ses chances de victoire.

 

Les triangulaires, dans la configuration politique actuelle, peuvent être source du plus grand aléa dans la composition de l’Assemblée Nationale dont disposera le prochain Président de la République.

 

Que faire avec une Assemblée Nationale qui comporterait 250 députés de gauche, 250 de droite, 50 du Front National et le reste (17) de non-inscrits ou de non alignés ? Comment gouverner le pays ? Qui nommer Premier Ministre ? Comment appliquer le programme présidentiel ?

 

Un élément renforce également les chances de victoire du Front National dans de nombreuses circonscriptions : les candidatures multiples.

 

Longtemps une règle simple a valu, à droite comme à gauche chaque parti présente un candidat par circonscription puis, au soir du premier tour, tous les candidats d’un camp rallient celui qui est arrivé en tête y compris s’ils ont eux-mêmes atteint les 12,5% des inscrits. Cette configuration permettait d’assurer un duel droite/gauche au second tour dans chaque circonscription et le groupe de chaque parti était fonction de sa capacité à placer son candidat en tête.

 

Le premier tour devenait au sein de chaque camp l’équivalent d’un scrutin majoritaire à un tour !

 

Aujourd’hui cette option est inenvisageable car avec le poids du Front National, et la faiblesse de la participation, présenter deux candidatures dans un camp (par exemple un candidat Les Républicains et un candidat UDI au premier tour) serait synonyme de risque de disqualification des deux lors du premier tour.

 

Or cette hypothèse n’est pas une vue de l’esprit, les relations entre l’UDI et Les Républicains ne sont pas au beau fixe et le congrès de l’UDI du 20 mars 2016 a acté la préparation des législatives en autonomie et le lancement du processus d’investiture des candidats.

 

Les divisions dans les deux grands camps de la vie politique ne pourront que bénéficier au Front National qui verra sa qualification pour le second tour facilité, y compris lorsqu’il n’atteindra pas les 12,5% des inscrits, et affrontera des candidats qui risquent de ne pas bénéficier d’un bon report des voix.

 

Le scénario le plus noir, les instances internes du Front National l’ont déjà envisagé. À partir des résultats des élections régionales, bureau de vote par bureau de vote, ils estiment que 107 circonscriptions peuvent être remportées par des candidats FN.

 

Avec 107 députés FN il est évident que la droite républicaine et le centre peuvent difficilement espérer disposer des 289 députés nécessaires pour disposer de la majorité absolue, en comptant les non-inscrits ce la reviendrait à réduire la gauche, toutes tendances confondues, à 150 députés.

 

Alors tout espoir est-il perdu ? Non !

 

Chez Plebiscit, agence de communication politique, nous sommes convaincus que la tangente n’est pas nécessairement la courbe et que bien des facteurs peuvent encore empêcher ce scénario catastrophe d’avoir lieu.

 

Pourquoi ? D’abord parce qu’en politique une année est équivalent à une éternité et que donc tout peut arriver, et surtout car dans un scrutin serré, les 40% d’abstentionnistes aux élections législatives détiennent les clés du scrutin.

 

Ce sont eux que les candidats de la droite et du centre (Les Républicains et UDI) qui veulent remporter les élections législatives dans la foulée d’une victoire présidentielle de la droite, doivent aller rencontrer en priorité ! Pour les voir, pour comprendre leurs préoccupations et pour les convaincre d’aller voter.

 

Voici le véritable enjeu des élections législatives 2017 pour les candidats de la droite et du centre : aller à la reconquête des abstentionnistes, et surtout tous ces électeurs qui après avoir voté à droite à la présidentielle ne compteraient pas aller voter aux élections législatives.

 

Pour ce faire Plebiscit propose à tous ces candidats un outil pour gagner les législatives : Previoo, le logiciel d’organisation des campagnes électorales.

 

Avec Previoo chaque candidat peut très facilement diriger sa campagne sous tous ses aspects et organiser des missions de campagne pour aller à la rencontre des citoyens.

 

Previoo permet d’affecter des missions à des militants, de collecter de l’information sur les citoyens et notamment leurs préoccupations, leur propension à l’abstentionnisme ou leur volonté de s’engager aux côtés du candidat.

 

Dans le détail, Previoo permet d’assigner sept missions principales tournées vers les citoyens : le porte-à-porte, passer des appels, le tractage, le collage d’affiches, la collecte de dons, le parrainage et l’organisation d’évènements.

 

Et parce que dans une campagne le candidat n’est jamais mais dispose d’une équipe autour de lui, Previoo lui permet d’organiser son équipe et de donner à chacun des responsabilités au sein même de l’outil.

 

Previoo c’est l’outil global qui va permettre aux candidats de renouer le lien avec ses électeurs car chez Plebiscit nous sommes convaincus qu’il est vital pour notre démocratie que les élus retournent au contact des citoyens, et ce sur le long terme, pas uniquement les quatre semaines précédents le scrutin et pas uniquement dans le cadre de la distribution de tracts sur les marchés ou par quelques messages sur Facebook ou Twitter.

 

Pour nous chez Plebiscit, Previoo n’est un outil pertinent que s’il est utilisé très en amont du scrutin, dès aujourd’hui  pour les législatives 2017 et pourquoi pas les municipales 2020.

 

Il est urgent pour les candidats de renouer avec les citoyens et Previoo, avec ses nombreuses fonctionnalités, est le logiciel en ligne qui va faciliter ce renouveau de la pratique des campagnes électorales et permettre de les remporter en 2017.

 

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Que reste-t-il de la gauche en France ?

 

Qu’il semble loin ce 6 mai 2012, cette place de la Bastille où le “peuple de gauche” exultait de remporter enfin l’élection présidentielle 24 ans après la dernière victoire de François Mitterrand. C’en était fini de Nicolas Sarkozy, l’UMP était renvoyée dans l’opposition redécouvrir un rôle qu’elle ne maîtrise que peu.

 

Ce soir là, sur la scène tout le monde est heureux de la victoire de François Hollande. Valérie Trierweiller, Martine Aubry, Arnaud Montebourg, Jean-Marc Ayrault ou Jérôme Guedj applaudissent à tout rompre.

 

Un mois après, le PS et ses alliés remportent la majorité absolue des sièges à l’Assemblée Nationale, 331 députés sont élus pour mettre en oeuvre la politique du Président de la République. À ce moment précis jamais la gauche en France n’a connu un pareil alignement des étoiles.

 

Présidence de la République, Assemblée Nationale, Sénat, Régions, Départements et Communes, la gauche dispose de tous les leviers du pouvoir à tous les niveaux du pays. Cerise sur le gâteau, la fin de l’année est marquée par une lutte fratricide entre Copé et Fillon, qui décrédibilise totalement l’UMP.

 

2013 aurait dû être l’année de tous les possibles pour la gauche, un zénith de pouvoir et de transformation de la société par la réforme négociée. Mais cela n’a jamais eu lieu…

 

Dès son entrée en fonction une incompréhension est née entre François Hollande et une partie de la gauche. Dans l’imaginaire collectif de gauche, lorsque la gauche arrive au pouvoir, de grandes mesures sociales au profit des plus faibles sont prises, or François Hollande veut créer des richesses avant de les redistribuer, les symboles attendront. Tout un symbole.

 

Les incompréhensions se succèdent, qu’est ce qui empêche la réalisation de la grande réforme fiscale ? La séparation des activités spéculatives de celles de dépôt au sein des banques ? Pourquoi avoir céder aussi vite sur le nouveau traité européen ?

 

À l’autre bout du spectre de la gauche les mêmes incompréhensions ont lieu, pourquoi ne va-t-on pas plus loin et plus vite dans la réforme ? Vers une vraie sociale-démocratie ?

 

Le pacte sur lequel reposait l’union de la gauche pour 2012 était imprécis, fruit d’une synthèse de François Hollande pour s’assurer du soutien de tous les courants du PS dans l’entre-deux tours des primaires de 2011, ce qui a conduit à son explosion rapide.

 

La fracture a eu lieu et elle est béante, les premiers symptômes sont apparus plus vite qu’on n’a pu le croire. L’opposition entre Arnaud Montebourg et Jean-Marc Ayrault sur la nationalisation de Florange ou le désaccord de Delphine Batho sur le budget furent les premiers révélateurs d’une crise profonde.

 

Deux visions du monde différentes ont cru pouvoir travailler de concert, chacune espérant secrètement convertir l’autre dans l’exercice du pouvoir, et il s’avéra que ce ne fût pas possible.

 

Un homme veut accélérer le processus de clarification et liquider définitivement la gauche “à l’ancienne”. Cet homme c’est évidemment Manuel Valls, depuis son arrivée à Matignon il s’efforce de bâtir cette nouvelle gauche qui du passé veut faire table rase. Mais la résistance à son action est forte et son poids politique demeure limité, car après tout, n’a-t-il pas fait que 5% à la primaire ?

 

Alors une guerre ouverte a lieu, chaque camp a ses généraux qui en leur sein entretiennent des luttes fratricides plus qu’ils ne bâtissent des coalitions. Toutes les composantes de la gauche s’affrontent entre elles, laissant le champ libre à un FN de plus en plus fort (Qui ne se prive pas d’ailleurs de recycler la rhétorique de la gauche) et à des Républicains qui, sans être désirés par la Nation, entendent bien reprendre un à un les leviers du pouvoirs.

 

La gauche dispose encore de l’Assemblée Nationale et de la Présidence de la République. Pour 16 mois seulement ? Peut-être, mais il ne faut jamais oublier que en politique comme en chimie rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Qui aurait misé sur l’avenir du PS après les législatives de 1993 ? La gauche est en pleine recomposition, nul ne peut dire ce qu’il en adviendra ni qui la dirigera.

 

 

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Le livre dans la communication politique en France

À l’approche de l’élection présidentielle la fibre littéraire des candidats se réveille, chacun publie un livre où il dévoile sa vision de la France et le rapport qu’il entretient avec elle, pourquoi elle va mal et comment il entend lui redonner sa splendeur d’antan.

 

Cet exercice du livre politique est une spécificité française, sans doute la conséquence que notre classe politique avant d’être dominée par les énarques, les polytechniciens, les professions libérales et les fonctionnaires, fût le lieu d’affrontements des lettrés et des littéraires.

 

Mitterrand, De Gaulle, Jaurès ou Hugo furent les dignes représentants de ces politiques lettrés à la production littéraire foisonnante.

 

Aussi l’imaginaire collectif est-il imprégné de cette croyance du Chef d’Etat gardien d’un certain classicisme à la française qui doit savoir prendre la plume pour détailler ses idées. Pour sa réélection de 1988 François Mitterrand n’a-t-il pas écrit une “Lettre à tous les Français” ?

 

Néanmoins une évolution très significative à eu lieu au cours des dernières décennies dans le fond comme dans la forme de ces ouvrages. Au fil du temps le sujet principal de ces livres n’a plus été la France, la République, la société ou même la politique au sens de l’ensemble des affaires qui touchent à la vie de la cité.

 

Un glissement a eu lieu vers l’égocentrisme, le livre politique aujourd’hui parle de son auteur par son auteur dans un exercice autocentré. La disparition progressive de la frontière entre la vie privée et la vie publique conduit les hommes politiques à projeter leurs expériences personnelles comme autant de preuves de leurs déterminations futures.

 

Le projet n’est plus prioritaire, la réflexion sur la vision du monde, l’avenir de notre société n’importent plus. Le politique ne nous éclaire plus sur le chemin où il veut nous conduire, il nous demande de lui faire confiance et de le suivre.

 

Les livres politiques étaient des essais, ils sont devenus des romans d’apprentissage où le “je” qui n’existait pas est devenu omniprésent et surtout omnipotent.

 

On a beaucoup parlé de la “peopolisation” de la vie politique ces dernières années, il est intéressant de noter que leurs photos se trouvent désormais en gros sur la première de couverture, juste en dessous de leurs noms.

 

Mais dans la profusion certains tirent leurs épingles du jeu et continue de perpétuer cette tradition du livre politique naviguant entre pamphlet et essai. Citons Jean-Luc Mélenchon ou François Bayrou qui résistent encore à la tentation de ne parler que de leurs augustes personnes. Et au fond ce sont eux que l’histoire retiendra peut-être, quelque soit leur succès en librairie.

 

Et si tout le monde se souvient du “Coup d’Etat permanent” de François Mitterrand, pourtant peu de gens l’ont eu dans leur bibliothèque car avec 60 000 exemplaires vendus entre 1964 et 1993, il est difficile de parler d’un succès commercial. Malgré cela le destin fût au rendez-vous.

 

 

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Yannik Hennequin analyse la sortie de “La France pour la vie” pour le journal 20 Minutes

Le 25 janvier est sorti le dernier livre de Nicolas Sarkozy. Neuf ans après “Ensemble” publié dans l’euphorie de la marche triomphale vers le pouvoir, “La France pour la vie” est moins un livre programmatique qu’une tentative de renouer avec les Français en esquissant timidement une rétrospective du quinquennat.

 

Dans un article du 28 janvier, le journal 20 Minutes s’intéresse au désintérêt généralisé des Français pour le nouveau livre de Nicolas Sarkozy, et interroge à ce sujet le co-fondateur de Plebiscit Yannik Hennequin.

 

Interrogé sur la raison du désintérêt, le jugement du consultant est sans appel : “En termes de communication, le problème de Nicolas Sarkozy est la crédibilité. Comment, après avoir été le représentant de la digression, peut-il passer à l’autoflagellation ? C’est incohérent et cela ne fonctionne pas.”

 

Pour 75% des sondés le livre s’inscrit dans le cadre d’une opération de communication de Nicolas Sarkozy visant à reconquérir son électorat. Cependant pour Yannik Hennequin “un livre politique réussi doit manier le courage, l’authenticité et du fond. Or Nicolas Sarkozy saupoudre ses idées dans ce livre réalisé à la dernière minute, sans que le fond ne suive”

 

Retrouvez l’intégralité de l’article sur le site de 20 Minutes

 

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2016 : Année de primaires présidentielles

Aux Etats-Unis comme de notre côté de l’Atlantique, 2016 est l’année des primaires en vue de désigner les candidats aux élections présidentielles. Nouveau Président assuré aux Etats-Unis, compétition plus incertaine en France, mais avant cela il faut choisir les candidats de chaque camp.

 

Sur quatre circuits de désignation, deux connaissent un véritable suspense, un est de pure forme et le dernier n’aura pas lieu, peu importe que ce soit prévu dans les statuts du parti en question.

 

Les deux scrutins à suspense sont ceux des Républicains. Aux Etats-Unis, Donald Trump, le spécialiste des phrases outrancières au vocabulaire limité, caracole en tête des sondages, catalysant toutes les colères de l’Amérique profonde qui déteste Washington et a le sentiment qu’on lui a volé son rêve américain.

 

Donald Trump,  c’est le champion des américains isolationnistes et anti-immigration, qui sont contre l’Etat fédéral et ses impôts, et pour les libertés individuelles. Mais Donald Trump va loin, très loin dans ses propos au risque d’effrayer les Républicains les plus modérés qui estiment qu’un tel candidat ne pourra pas l’emporter le 4 novembre.

 

En France deux favoris s’affrontent, deux poids lourds de la droite, adversaires ou partenaires au gré des circonstances depuis plus de vingt ans. Alain Juppé et Nicolas Sarkozy étaient ministres ensemble de 1993 à 1995, ennemis pour la présidentielle de 1995, en 2002 Sarkozy devint Ministre alors que Juppé était président de l’UMP, puis Juppé fût Ministre du Président Sarkozy.

 

Aujourd’hui les deux rêvent d’en découdre, cette primaire est la lointaine réplique du déchirement de la droite entre balladuriens et chiraquiens, et elle porte en elle les mêmes risques de fracture de la droite que la fondation de l’UMP en 2002 avait, croyait-on, définitivement écartés.

 

Les deux le savent, cette occasion est unique pour eux. Juppé mise tout sur 2017, être candidat en 2022 n’est pas envisageable, son temps sera fini. Pour Sarkozy, lui qui a déjà été Président mais surtout qui a déjà perdu le pouvoir présidentiel, un nouvel échec entérinerait définitivement son incapacité à relancer cette dynamique prodigieuse qui de 2002 à 2007 l’avait propulsé au pouvoir sans accroc sérieux.

 

Côté primaire de pure forme, celle des Démocrates semble être un triomphe annoncé pour Hilary Clinton. Populaire, expérimentée, soutenue par de nombreux ténors et disposant de moyens financiers colossaux, elle ne semble pas avoir d’adversaires sérieux. Son positionnement politique lui permet de s’adresser à tous les électeurs d’Amérique, elle est en phase avec l’Amérique moderne des villes, des minorités ethniques et des femmes. A la différence de Donald Trump elle semble pouvoir faire l’union dans son camp et mobiliser tout l’électorat démocrate le 4 novembre.

 

Même ses deux adversaires ne trouvent pas véritablement d’angles d’attaques. Elle est consensuelle, ce sera peut-être un problème lorsqu’elle sera Présidente mais pour la primaire c’est un avantage certain.

 

Enfin une primaire est passée à la trappe. Celle qui est prévue par les statuts du parti socialiste, statuts qui ne prévoient en aucun cas une exonération de primaire pour le Président sortant fusse-t-il socialiste. En 2011 François Hollande lui-même indiquait que s’il était Président de la République il y aurait une primaire pour la présidentielle de 2017.

 

Quoiqu’il en soit 2016 apportera sa moisson de scrutins riches d’enseignements et de conséquences

 

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Les élites politiques ont dix-huit mois pour tirer les leçons du scrutin

Ça y est, le second tour des élections régionales a eu lieu. Le résultat obtenu est bien différent de ce qui était annoncé il y a dix jours encore, le FN n’a remporté aucune région, le PS en a sauvé cinq et Les Républicains – UDI n’en ont gagné que sept dont deux grâce aux retraits des listes de gauche.

 

Alors que s’est-il passé pour que cette victoire anticipée, annoncée, proclamée voire entérinée du FN n’ait pas eue lieu ?

 

D’abord les Français, conscients de l’enjeu, se sont davantage mobilisés au second tour qu’au premier avec neuf points de participation supplémentaires. Ensuite la solitude béante du FN a été de nouveau mise en lumière.

 

90% de ceux qui sont prêts à voter FN le font dès le premier tour, le FN n’a pu compter sur aucun renfort dans l’entre-deux tours pour conforter sa première place dans les six régions où il était arrivé en tête.

 

Pire encore, si les enjeux régionaux n’ont mobilisé qu’un électeur sur deux, l’enjeu de la victoire potentielle a mobilisé six électeurs sur dix au plan national, y compris dans les régions où les électeurs de gauche n’avaient plus de liste de gauche sur laquelle porter leurs suffrages.

 

Une majorité de Français ne veut pas du FN et est prête à aller voter uniquement pour le faire perdre.

 

Les scores du deuxième tour du FN sont révélateurs de ce constat, Marine Le Pen passe de 40,64 à 42,23%, Marion Maréchal – Le Pen passe de 40,55 à 45,22, Florian Philippot de 36,07 à 36,08 Louis Aliot de 31,83 à 33,87, Sophie Montel de 31,48 à 32,44 quant à Walleyrand de Saint-Just il recule de 18,41 à 14,02.

 

Le plafond de verre du FN n’a pas disparu, il s’est un peu élevé mais il demeure bien en deçà des 50% du corps électoral, et cela sur tout le territoire national. Aucun département n’avait élu une majorité de conseillers départementaux frontistes en mars, aucune région n’a élu une majorité frontiste en décembre.

 

Alors qui sont les vainqueurs et les perdants de ce scrutin ?

 

Dans l’absolu le FN a remporté une victoire en inscrivant un nouveau record absolu avec 6,8 millions d’électeurs contre 6,4 à la présidentielle de 2012.

 

Le PS peut également être satisfait, en sauvant 5 régions métropolitaines il est très loin de la déroute qu’avait pu connaître l’UMP en 2004 ou en 2010.

 

Par opposition la prise de l’Île de France ne peut masquer un score médiocre pour l’alliance LR – UDI -MoDem, qui ne s’impose que dans 7 régions dont deux uniquement par le retrait du PS.

 

De plus pour ceux qui n’ont gagné que par la défaite du FN la question de leur légitimité et de l’adhésion des électeurs va se poser rapidement.

 

Du côté des grands perdants se trouvent les formations de l’autre gauche, totalement absente des radars et des urnes, et les centristes, deux des trois têtes de liste de l’UDI ont échoué et Morin n’a gagné que sur le fil.

 

Ces résultats n’ont pas porté le FN au pouvoir mais ils ne dispensent en aucune façon les élites politiques d’une profonde remise en question. Car sur le fond le PS n’a toujours pas tranché le débat entre le penchant social-libéral du gouvernement et la vision plus historique des militants, ainsi que la question des relations avec les partis de l’autre gauche. De même chez Les Républicains l’absence d’une direction claire, d’un programme défini et d’une personne pour le porter décrédibilise la droite pour incarner l’alternative.

 

Les Français veulent des élus nouveaux, porteurs d’un programme clair, et qui respectent leurs engagements.

 

Le prochain scrutin est l’élection présidentielle, il n’y aura pas de triangulaire possible pour sauver les meubles et, avec 6,8 millions d’électeurs, le FN est bien parti pour prendre une des deux seules places disponibles pour le second tour.

 

Pour rappel, les résultats du premier tour de l’élection présidentielle de 2012 :

 

  • François Hollande, 10 272 705 voix soit 28,63% des suffrages
  • Nicolas Sarkozy, 9 753 629 voix soit 27,18% des suffrages
  • Marine Le Pen, 6 421 426 voix soit 17,90% des suffrages
  • Jean-Luc Mélenchon, 3 984 822 voix soit 11,10% des suffrages
  • François Bayrou, 3 275 122 voix soit 9,13% des suffrages
  • Eva Joly, 828 345 voix soit 2,31% des suffrages
  • Nicolas Dupont-Aignan, 643 907 voix soit 1,79% des suffrages
  • Philippe Poutou, 411 160 voix soit 1,15% des suffrages
  • Nathalie Arthaud, 202 548 voix soit 0,56% des suffrages
  • Jacques Cheminade, 89 545 voix soit 0,25% des suffrages

 

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Les Français n’ont pas encore voté, le vainqueur est déjà proclamé

Au soir du 13 décembre, la carte politique de la France sera bouleversée. Perdants et vainqueurs ont déjà été désignés alors même que les citoyens n’ont pas encore eu l’occasion de se prononcer sur leurs exécutifs régionaux.

 

Les grands perdants seront les socialistes, cela relève de la simple logique, ils dirigent actuellement toutes les régions métropolitaines à l’exception de l’Alsace et ils sont au pouvoir au niveau national. Et comme chacun le sait, les élections intermédiaires sont quasi-systématiquement des sanctions pour le pouvoir en place, un coup de semonce du peuple pour rappeler à nos dirigeants qui détient le vrai pouvoir de nomination en France.

 

Le grand vainqueur aussi a été proclamé, élevé au rang de principale puissance politique du pays par tous les médias et tous les acteurs de la scène politique, y compris par ceux qui sont censés le combattre et qui à force de le mettre en avant l’ont reconnu comme leur égal.

 

A en croire les médias ce grand vainqueur jouit d’une dynamique exceptionnelle (lemonde.fr, 30 novembre 2015), une force irrésistible que rien ne peut arrêter, et ce ne sont pas les autres forces politiques, tétanisées, ne sachant pas comment l’affronter, espérant ne pas tout perdre dans la déroute qui se profile, qui oseraient l’affronter de face, pied à pied, pour faire échec à sa victoire.

 

Mais au fond, est-ce vraiment un triomphe que l’on nous annonce ? Ce grand vainqueur, qu’est-il en passe de gagner ? Une région ? Peut-être une deuxième ? Une troisième si les étoiles sont bien alignées ?

 

Peut-on appeler triomphe la prise de trois régions sur dix-sept ? Oui dix-sept, car la France ne se limite pas à l’hexagone et nos compatriotes de Guyane, de Réunion, de Guadeloupe et de Martinique aussi élisent leurs conseils régionaux.

 

Si trois régions étaient prises par le vainqueur annoncé ce serait assurément une percée, une belle victoire pour les trois têtes de liste les plus charismatiques de ce parti. Un message inquiétant envoyé au monde de la part de la France de Voltaire et d’Hugo qui prétend lutter contre les extrémistes où qu’ils soient.

 

Dans le cas le plus favorable pour eux ils ne prendraient qu’un sixième des régions françaises, personne ne contredit cette prévision et pourtant ils sont présentés comme les plus dynamiques, les plus conquérants. Ils seraient dans l’antichambre du pouvoir suprême car, ne l’oublions pas, le scrutin qui suit les régionales n’est autre que l’élection reine de la Vème République : l’élection présidentielle.

 

Pourquoi?

Sans doute les médias y trouvent un intérêt objectif, la tension dramatique fait de l’audience. Sans doute les élus en place qui vont perdre leurs sièges n’ont pas été à la hauteur, ont promis monts et merveilles et n’ont offerts que petits projets. Sans doute aussi Les Républicains qui ne font que se regarder le nombril de la primaire n’ont aucune idée de l’alternative qu’ils veulent proposer aux Français.

 

Quoi qu’il en soit, au matin du 14 décembre, bien des responsables politiques, ou du moins qui prétendent l’être, feraient bien de se remettre en question et de repenser leur relation avec des citoyens qui ne leur font plus confiance et qui ne les croient plus.

 

Publié le Catégories Constats de campagne