Changer de nom a un prix

Ne l’appelez plus Conseil général, il est désormais Conseil départemental. Un changement d’appellation voté en mai 2013 et mis en application au lendemain des élections départementales (anciennement cantonales) des 22 et 29 mars dernier.

Un détail ? Presque, s’il n’impliquait pas des coûts pouvant aller jusqu’à plus d’un million d’euros pour certaines collectivités.

Car qui dit nouveau nom, dit notamment nouveau logo, et donc : renouvellement de l’ensemble des supports où le précédent apparaissait. Un travail colossal en somme, et qui a un prix…

1450 vêtements de travail à actualiser dans la Sarthe, 350 cars dont il faut revoir l’habillage en Meurthe-et-Moselle… L’Hérault estime pour sa part les changements à apporter à près d’un million d’euros.

Des coûts et des transformations non négligeables, pour qu’au même titre que « cantonal », le terme « général » ne soit plus associé à l’entité du département. Or sans des explications et une communication efficace, on doute que ça passe du côté des contribuables…

QUIPROQUOS EN VU…

Un changement à la fois sémantique et visuel qui va permettre de moderniser quelques unes de nos identités locales. Quand on sait que certains logos datent de la fin des années 80, on se dit que ce renouveau arrive à point nommé !

Or pour beaucoup la pilule ne passe pas. A tel point que certains présidents ont décidé…de ne rien changer ! Ou en tout cas, pas dans l’immédiat.

Mais quid de l’objectif de clarté et d’uniformisation à l’origine de cette nouvelle dénomination ?

Il semblerait que la simplification espérée se transforme plutôt en une sorte de vaste cacophonie dont les citoyens pourraient bien se désintéresser.

Car en effet, pour limiter les dépenses que génère ce changement, certaines collectivités remplaceront leurs supports à la même fréquence que d’ordinaire, en fonction de l’usure ou de l’épuisement des stocks, et tant pis si anciens et nouveaux logos se côtoient un temps.

Difficile pour le citoyen d’y voir clair ! Pour la simplification on repassera…

 

 

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Une impression de déjà-vu

Ils sont 3 depuis à s’être officiellement annoncés candidats à la primaire républicaine pour la présidentielle de 2016, mais le premier déclaré, à la surprise de certains, fut le sénateur Ted Cruz, en mars dernier.

Face à lui : les sénateurs Marco Rubio et Rand Paul, auxquels devrait aussi venir se confronter Jeb Bush, troisième du nom et dores et déjà donné favori du camp républicain.

De cette candidature annoncée, on retient pour le moment le logo adopté par Ted Cruz qui n’est pas sans nous rappeler une certaine flamme bleu blanc rouge, de plus en plus présente dans notre paysage politique ici en France… Fruit du hasard ? On envisage en tout cas difficilement qu’il s’agisse là d’un clin d’oeil délibéré des équipes outre-atlantique au parti frontiste français.

Néanmoins lorsque l’on s’intéresse un tant soit peu à la réputation ultra conservatrice du candidat issu du Tea Party, qualifié par un certain John McCain lui même « d’oiseau cinglé de la droite », le rapprochement peut s’avérer tentant…

Quoi qu’il en soit, comment ne pas mettre l’accent sur un manque d’originalité cuisant dans le choix de cette flamme ! Symbole repris à maintes reprises dans tant de contextes divers et variés, on aurait pu espérer un peu plus de réflexion de la part des opposants d’Obama.

Cerise sur le gâteau, son adversaire à la primaire républicaine, Rand Paul, a également dévoilé son logo pour 2016 et il semblerait que « raviver la flamme » soit pour lui aussi un objectif prioritaire…

FAIRE DU NEUF AVEC DU VIEUX ?

Pourquoi pas. Obama en 2008 avait entrepris lui aussi de reprendre les teintes du drapeau américain, adaptées à la lettre O de son nom. Le hic pour Ted Cruz et son logo aux couleurs des Etats-Unis c’est que bon nombre de ses compatriotes voient là le Stars and Stripes en feu… Incongru de la part d’un représentant du Tea Party !

On imagine alors la frustration au sein de l’équipe du républicain, soucieuse de symboliser la grandeur de l’Amérique ravivée à travers ce logo, tantôt réduit à une larme, tantôt interprété comme la mise au bûcher d’un symbole intouchable!

En somme, l’illustration parfaite d’une théorie incontestablement avérée (on pense aussi au tout nouveau logo du service communication de l’Elysée): de l’émetteur au récepteur, le message se transforme et ce, sans grande considération pour toute intention initiale, aussi noble soit-elle… 

 

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30 ans après, la démocrachie

En 30 ans de vie politique française, nous aurons donc explosé tous les chiffres. Des élections cantonales de 1985, nous retiendrons 18 millions d’inscrits, 33 % d’abstentionnistes, 1 million d’électeurs FN…(25 000 voix en 1982 !).

Au second tour des Départementales de 2015, le corps électoral a plus que doublé avec 40 millions d’inscrits, un peu plus de 50 % d’entre eux se sont abstenus (sensiblement le même nombre que les inscrits de 1985), plus de 4 millions de français ont voté pour le Front National (ils étaient plus de 5 millions au premier tour).

Le fait nouveau de cette élection est la percée de l’extrême-droite dans des zones qui jusqu’à présent, restaient imperméables à son discours : l’urbain et le péri-urbain.

Plutôt aisés, leurs habitants n’étaient jusqu’alors pas séduits par le discours économique de Marine Le Pen et ne connaissaient pas non plus la crise de la ruralité ou le chômage, 2 facteurs de vote FN dans les zones rurales et post-industrielles.

Qu’est-ce qui explique cela ?

Selon Pascal Perrineau, « Il y a trois étapes dans la construction électorale du FN. La première est celle du sud-est, avec la droite radicalisée et le vote pied noir. La deuxième est celle du nord-est avec un électorat plus complexe. Une partie proteste contre la société post-industrielle. Une autre vit une résurgence du nationalisme blessé et s’est tournée, faute de mieux, vers le FN. Enfin, la troisième étape est celle concernant le centre et l’ouest, où la crise rurale et rurbaine nourrit un vote frontiste d’une population qui a perdu ses repères. Peu ou prou, il n’y a plus de terres de mission pour le Front National ».

Force aussi est de constater que la performance du Front National tient à la présence massive de ses candidats dans plus de 93% des cantons. Mais également, à la façon dont Marine Le Pen déroule ses arguments, évite les formules-chocs, voire outrancières de son père.

Plus qu’hier, le vote FN est aujourd’hui un vote d’opposition au système politique, le catalyseur du mécontentement de droite et le rejet exacerbé du PS. Entre les électeurs qui s’abstiennent parce qu’ils n’y croient plus et ceux qui cèdent aux grosses ficelles de la nouveauté FN, il y a vraiment de quoi s’inquiéter pour la démocratie !!

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