« Rien ne sert de courir, il faut partir à point »

François Fillon aurait-il relu Le Lièvre et la Tortue juste avant de se lancer dans la course aux primaires à l’UMP ? C’est en tout cas ce que l’on pourrait croire au regard du travail de longue haleine auquel il semble s’adonner depuis près de deux ans, convaincu qu’il a sa place dans le costume du candidat de la droite pour 2017. Ambitieux et déterminé, il ne vise à l’arrivée que la première place.

Toutefois, parierait-on aujourd’hui sur la victoire de François Fillon à la primaire UMP ? Face au duel Sarkozy/Juppé, difficile pour lui de vraiment s’imposer comme un challenger crédible. Et ce ne sont pas ceux de sa famille politique qui manqueraient de le lui rappeler, affirmant que dans une confrontation Sarkozy/Fillon, la bataille est gagnée d’avance pour l’ancien président, faute de combattant adverse…

Et ce, notamment parce que l’étiquette de collaborateur lui colle à la peau à François Fillon. Une association difficile à changer dans l’imaginaire des électeurs. Alors il travaille. D’arrache pied. Depuis plus de deux ans. Et à ce jour, c’est près de 300 propositions qu’il a mises sur la table. Ses adversaires potentiels reconnaissent d’ailleurs volontiers qu’ « il est le seul à avoir un programme »…mais s’amusent à préciser (très trivialement) que ça n’intéresse personne.

En effet le souci est qu’il peine à bien parler de ses idées et à les valoriser auprès des médias. Résultat, sa côte de popularité tarde à prendre son envol. Lui-même le reconnaît, il « rame »…

UN OUTSIDER A SURVEILLER ?

Car s’il y a bien une chose qui pêche chez l’ancien chef du gouvernement, c’est sa communication. Il s’est d’ailleurs à plusieurs reprises pris les pieds dans le tapis, au lendemain de l’annonce de sa candidature, multipliant des prises de position des plus surprenantes, de la part de celui d’ordinaire proche de l’idéologie centriste. Le pari était gagné s’il souhaitait qu’on parle davantage de lui, il l’était un peu moins sur le plan des idées.

S’il semble s’être un peu égaré à ce moment là, on paraît avoir rectifié le tir depuis du côté de ses équipes : finies les formules chocs et les improvisations, on se recentre sur le travail en espérant que ça finisse par porter ses fruits mais on essaie aussi et surtout de se rendre un peu plus sympathique.

Porteur d’une réputation calme et austère, le challenge est de se rapprocher des Français. Son passage dans l’émission de voitures Top Gear n’était pas anodin et lui a au moins permis de prendre le contre pied de cette image. Plus 4 points dans les sondages !

Et si ça continuait de grimper ? Convaincu depuis des mois qu’il fait peur et représente même une menace pour certains, voilà de quoi le conforter encore davantage dans cette idée. Or s’il doit avoir une carte à jouer à la primaire UMP, il faudra d’abord probablement que l’une ou l’autre des deux têtes d’affiche trébuche.

Pourtant, à quelques mois du vote rien n’est encore joué et l’histoire nous a assez habitués aux come back improbables et aux victoires d’outsiders impromptues, pour que l’on ne s’aventure à donner un quelconque résultat : Hollande en 2012, Chirac en 95, Juppé aujourd’hui,
(DSK demain?). Rien n’est jamais définitif en politique et tout est encore possible.

François, si tu nous lis…
Publié le Catégories Constats de campagne, Présidentielle