Quel plan de bataille pour François Hollande en 2017 ?

“Ce n’est pas possible, m’écrivez-vous; cela n’est pas français”. François Hollande n’a jamais été bonapartiste mais cette phrase de l’Empereur au Général Jean Lemarois en pleine campagne d’Allemagne, un an avant la première abdication, doit avoir aujourd’hui une résonance particulière au sein de l’Elysée.

 

Car ce n’est pas un mystère, nombreux sont ceux qui dans l’entourage du Président considère que la défaite est déjà là, inexorable. Et à l’image du Maréchal Bernadotte, les défections se multiplient, comme Montebourg et Hamon candidats à la Présidence de la République après avoir été Ministres de François Hollande.

 

Chacun veut ménager l’avenir et certains anticipent la débâcle finale. Ce sont les Murat, Ney, Marmont et consorts qui ne veulent pas lier leurs destins politiques au souverain et pensent à 2022. Ce sont Valls et Macron par exemple.

 

Et puis il reste les fidèles parmi les fidèles, ceux qui en cas de défaite partiront en exil avec le Chef de l’Etat. Ce sont les Cambronne, Caulaincourt et Bertrand d’aujourd’hui à savoir Le Drian, Cazeneuve ou Ayrault.

 

Mais alors que la campagne de France approche, quel plan de bataille pourrait permettre à François Hollande de rester sur le trône cinq ans de plus ?

 

Le Président de la République a accepté de se soumettre à une primaire, ce sera donc une bataille préliminaire pour assoir son autorité sur la gauche (plus exactement le parti socialiste), corps d’armée nécessaire pour affronter la droite, l’extrême-droite et la gauche de la gauche.

 

Pour cette première bataille la division de l’adversaire le sert, plus il y aura de candidats alternatifs moins la primaire apparaitra sérieuse (nous le constatons avec la primaire de la droite et ses douze candidats). L’opposition interne à François Hollande n’est pas unie, Filoche, Lienemann, Hamon et Montebourg n’ont pas été capables d’opposer un front unique.

 

Pour François Hollande il conviendra de les affronter successivement tout en veillant qu’ils ne puissent pas effectuer leur jonction. Avec quel message ? “Le seul qui peut faire gagner la gauche c’est moi. J’ai respecté ma parole et les engagements pris devant les électeurs de la primaire”.

 

Supposons la primaire gagnée, sans nier que des combats d’arrière-garde auront lieu, François Hollande devra alors s’engager dans la plus grande des batailles.

 

Il devra alors affronter simultanément les forces du candidat Les Républicains, du Front National et, cela ne fait aucun doute, de Jean-Luc Mélenchon. Une bataille de Leipzig en quelque sorte avec, dans le rôle du Roi de Saxe, Cécile Duflot, l’ancienne alliée qui ne manquera d’envoyer ses maigres troupes combattre François Hollande dans une alliance de fait avec tous ceux qui veulent mettre fin au règne de François Hollande.

 

A l’issue de cette bataille les jeux seront faits, et les manoeuvres des uns et des autres ne changeront plus rien.

 

Pour l’emporter François Hollande devra se poser en sage père de la Nation, qui assure la sécurité des Français et défend les intérêts de la France dans un monde dangereux. Bien sûr cela ne suffira pas, il devra mettre toutes ses forces dans la bataille et malheureusement pour lui, son bilan ne lui fournira que de faibles régiments.

 

Mais le chemin de crête existe, la multiplication des adversaires peut être une chance si ceux-ci s’affrontent entre eux au lieu de consacrer toutes leurs forces sur lui.

 

 

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