Formation « Le cadre juridique de la campagne électorale »

Pour bien préparer sa campagne, il faut anticiper, son budget, son calendrier, sa stratégie et ses outils de communication, la constitution de son équipe … Tous ces éléments sont régis par un cadre juridique précis qu’il est important de connaitre (ou de se remémorer) avant d’entrer dans le vif du sujet.

Plebiscit, organisme de formation des élus locaux agréé par le ministère de l’Intérieur, vous propose une formation d’une journée à suivre en groupe ou en individuel.

Nous y abordons notamment : les conditions de candidature, la création d’un micro-parti, la constitution de liste, le fonctionnement des comptes de campagne et de la levée de dons, les règles relatives à la communication électorale.

Pour les sessions individuelles, il est possible de personnaliser le programme pour l’adapter au mieux à votre niveau de connaissance ou celui des membres de votre équipe.

Les dates des formations collectives, ouvertes à tous, sont les suivantes :

  • La Rochelle, les 6 février et 5 juillet
  • Paris, les 20 février et 11 juillet
  • Bordeaux, les 8 mars et 29 août
  • Montpellier, le 20 mars
  • Marseille, le 21 mars
  • Lyon, le 22 mars
  • Nantes, le 4 avril
  • Poitiers, le 10 avril
  • Angoulême, le 12 avril

Ces formations collectives seront ouvertes à partir de 5 inscrits et jusqu’à 12 participants.

Toutes nos formations sont éligibles au financement par le DIF (droit individuel à la formation des élus).

Contactez-nous pour plus d’informations.

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PREVIOO au Salon Day-Click le 21 novembre prochain

PREVIOO, le logiciel créé par Plebiscit, a été sélectionné par le Syntec Numérique pour exposer au Village de l’Innovation du Salon Day-Click, le rendez-vous des acteurs du numérique.

Rejoignez-nous au CENTQUATRE-PARIS (5 rue Curial 75019 Paris, métro Stalingrad ou Marx Dormoy) de 10h à 17h pour une présentation de notre solution et faire connaissance avec l’équipe !

Pour vous inscrire, cliquez ici

Plus d’infos sur le salon ici

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Moraliser, est-ce démocratiser ?

Ces dernières années, citoyens, politiques (et communicants !) n’ont eu de cesse de réclamer la transparence, le renouveau et la moralisation de la classe politique, déplorant la crise démocratique latente et le manque de réaction des élus. On ne peut donc que se réjouir de la réforme lancée par le gouvernement Philippe quelques semaines après son installation. Mais va-t-elle assez loin et surtout, les mesures proposées sont-elles suffisamment réfléchies pour être exhaustives et pérennes ?

 

La politique, la morale, le droit

 

Pour André Malraux  « On ne fait pas de politique avec de la morale, mais on n’en fait pas davantage sans ». L’actuel Garde des Sceaux compte, quant à lui, aussi sur  le droit : son projet de loi « pour la confiance dans notre vie démocratique » implique en effet trois modifications normatives dont une constitutionnelle :

 

Une révision de la Constitution tout d’abord, pour supprimer la Cour de Justice de la République, mettre un terme à la pratique conférant automatiquement un siège au Conseil constitutionnel pour les anciens Présidents de la République et pour interdire le cumul de 3 mandats successifs.

 

Une nouvelle loi organique ensuite, pour une réforme « profonde » du financement de la vie politique. C’est ce texte qui fixera les conditions de création d’une banque destinée à prêter de l’argent aux partis pour leurs campagnes électorales. Il vise également à faire certifier les comptes des partis politiques à partir d’un certain seuil de financement public (mesure qui était déjà en place pour certaines associations répondant à ce critère).

 

Une modification législative classique, enfin, pour interdire aux ministres comme aux parlementaires (députés et sénateurs) de recruter des membres de leur famille (« ascendants, descendants, conjoints » mais quid des frères et sœurs ou des ex-conjoints ?) ou encadrer les activités de conseil des parlementaires, qui ne pourront plus s’y adonner à partir d’un an avant l’obtention de leur mandat (quid, ici, de ceux qui sont déjà engagés à la fois dans cette activité et dans la vie politique ?).

 

Cette future loi mettra également un terme à la réserve parlementaire, remplacée par un fonds d’action pour les territoires et les projets d’intérêt général ; et à l’ indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) sous sa forme actuelle. Les députés et les sénateurs seront remboursés en frais réels, sur présentation de factures qui seront contrôlées par leurs assemblées respectives.

 

On voit déjà les limites de ces propositions : à peine établies, aussitôt contournées ? Et si légiférer n’était simplement pas la bonne solution pour s’assurer de la probité de nos élus ?

 

Et si la solution était ailleurs ? 

 

La meilleure solution est celle qui est adaptée au système électoral de chaque pays et à la capacité de ses élus à s’adapter d’eux-mêmes aux aspirations des citoyens qu’ils représentent.

 

En Grande-Bretagne, une autorité de régulation parlementaire indépendante, l’IPSA, a été créée dès 2009 pour gérer à la fois le traitement, les dépenses et les retraites des parlementaires. Chaque année, elle publie en même temps que ses comptes un rapport sur les bonnes pratiques que les parlementaires doivent adopter. En 2017, elle a décidé d’interdire le recrutement par les élus de membres de leurs familles mais aussi de relations d’affaires proches, pratique qui, encore aujourd’hui, reste dans ce pays encore plus répandue qu’en France.

 

En Suède, ce ne sont pas les parlementaires qui choisissent leurs collaborateurs, mais le parti. Fait peu connu, cette possibilité est offerte aux députés français qui peuvent faire le choix de recourir au pool de collaborateurs constitué par leur groupe politique.

 

Depuis la loi de transparence de 2013, l’Espagne oblige élus et hauts fonctionnaire à davantage de transparence sur leurs budgets. Les parlementaires choisissent leurs assistants eux-mêmes et publient au Journal Officiel leurs noms, le type et la durée de leur contrat ainsi que leur fiche de poste.

 

Au Maroc, la question a été posée au nouveau chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, dès son premier passage devant le Parlement fin mai. Sa réponse s’inscrit dans le cadre plus large de la moralisation de la vie publique et de la lutte contre la corruption.

 

Aux Etats-Unis, enfin, depuis le Watergate, chaque membre du gouvernement et chacun de leurs collaborateurs passent le test du vetting process, soit un questionnaire d’une soixantaine de pages examiné ensuite point par point. On est loin de la seule procédure de vérification fiscale opérée en France sur le patrimoine des ministres par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique !

 

 

En conclusion, si le message politique qui sous-tend les propositions du nouveau gouvernement répond parfaitement à une volonté citoyenne forte, c’est bien lors de son application que l’on prendra toute la mesure de leur pertinence.

 

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Paroles, paroles …

Après les débats des primaires de droite en octobre et novembre dernier, puis ceux de la gauche en janvier, le premier débat des présidentielles se tient le lundi 20 mars, environ un mois avant le premier tour de scrutin.

Sur les 11 candidats, seuls Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron, Benoît Hamon, François Fillon et Marine Le Pen ont été invités à participer : une autre des situations inédites de cette campagne, dans laquelle candidats, médias et électeurs doivent s’adapter à de nouvelles règles du jeu… tout en gardant bien en tête celles qui sont toujours d’application.

Il en va ainsi des temps de parole, contrôlés par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) sur la base des dispositions pertinentes de la loi organique de modernisation des règles applicables à l’élection d’avril 2016 et d’une recommandation du 7 septembre 2016.

Depuis l’année dernière, l’égalité du temps de parole n’est sanctionnée que pendant la campagne officielle de la présidentielle, c’est-à-dire à compter du 10 avril jusqu’au 21 avril à minuit, puis entre le 28 avril et le 5 mai à minuit.

En-dehors de cette période, c’est le principe d’équité qui prévaut : chaque candidat et soutien du candidat dispose d’un temps de parole proportionnel au poids politique de son mouvement dans le paysage politique national. C’est ainsi que du 1er février au 12 mars, Charlotte Marchandise, candidate non qualifiée issue de la société civile, a disposé de 14 minutes de temps de parole sur BFM TV, 30 secondes sur CNEWS, 11 minutes sur France 3 ; François Fillon d’un peu plus de 2 heures sur TF1, près de 25 heures sur France 5 et 65 heures sur CNEWS.

 

Une autre distinction s’applique entre temps de parole et temps d’antenne : le premier comprend les interventions médiatiques du candidat et de ses soutiens ; le second inclus le temps de parole auquel sont ajoutées l’ensemble des sujets consacrés au candidat, si ceux-ci ne lui sont pas explicitement défavorables. C’est pourquoi les nombreux sujets consacrés aux « affaires Fillon » n’entrent pas dans ce décompte.

Reste que tous les médias ne sont pas concernés par l’obligation de transmission de ces informations : si France 24, Arte, LCP et Public Sénat se conforment aux principes d’équité et d’égalité, elles n’ont pas à le justifier devant le CSA.

Surtout, le CSA a précisé que son contrôle ne s’étend « pas aux services qui, exclusivement accessibles par voie de communication au public en ligne, sont consacrés à la propagande électorale des candidats ou des formations politiques qui les soutiennent. » Les chaines YouTube ou sites internets des candidats diffusant, par exemple des vidéos de soutien, ne sont donc pas concernés.

La solution, pour ces nouveaux médias, est à chercher ailleurs, dans le droit européen : la directive « Services de Medias audiovisuels », dont la révision est à l’examen au Parlement européen, pourrait permettre au CSA d’y étendre son contrôle.

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Un mandataire financier, pour quoi faire ?

Vous êtes candidat aux élections législatives de 2017 ? Vous n’avez plus que quelques jours pour officialiser le choix de votre mandataire financier ! En effet, depuis la loi de modernisation des règles électorales d’avril 2016, la période de financement d’une campagne électorale débute 6 mois (au lieu de 12) avant la date du scrutin, ce qui porte l’échéance au 1er décembre 2016. Au-delà des seules obligations sanctionnées par le Code électoral, pourquoi et comment vous assurer de choisir le bon mandataire ?

 

Chaque candidat a l’obligation légale de désigner un mandataire auprès de la préfecture de la circonscription dans laquelle il se présente, au plus tard à la date à laquelle sa candidature est enregistrée. Cette formalité est une condition sine qua non de réception de la candidature.

 

Le candidat peut choisir de désigner une personne physique ou de créer une association de financement électorale (loi 1901 ou droit local dans les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle). Il doit vérifier au préalable que son mandataire ne présente pas d’incompatibilité, au risque de voir son compte de campagne rejeté et son inéligibilité déclarée. Ainsi, le mandataire doit jouir de sa pleine capacité juridique, ne peut être en charge que d’un seul candidat et ne peut être frappé d’interdiction bancaire.

 

Pour le candidat, le mandataire joue plusieurs rôles d’importance au cours de sa campagne : il est son « portefeuille », réglant les dépenses et encaissant les recettes ; son banquier, tenant une main courante journalière ; mais aussi son documentaliste, collectant et conservant les justificatifs des dépenses et recettes, qu’il devra remettre à l’expert-comptable chargé de présenter le compte de campagne ; ou encore son juriste, étant notamment chargé de vérifier la régularité dés dépenses ou de rembourser les dons irréguliers.

 

Au vu de la sensibilité des informations auxquelles le mandataire aura accès et de la gravité des sanctions auxquelles il s’expose, le candidat devra donc choisir une personne de confiance, prête à s’engager loyalement à ses côtés sur toute la durée de la campagne et au-delà. Reste qu’en cas de difficulté, le candidat conserve la possibilité de changer de mandataire en cours de campagne, à condition de respecter certaines procédures.

 

A noter enfin : le mandataire ne se substitue pas au candidat pour toutes les démarches. En effet, c’est bien le candidat qui est responsable du respect du plafond de campagne; lui encore qui date, signe et certifie exact son compte de campagne et est responsable de sa sincérité; lui enfin, qui le dépose, au plus tard avant 18 heures le dixième vendredi suivant le premier tour de scrutin, ou l’envoie par voie postale avant cette date limite.

 

Pour rappel, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) a mis à jour son guide du candidat et du mandataire. Il fait le point sur les règles relatives au mandataire, au compte de campagne, à la catégorisation et la justification des recettes et dépenses, au remboursement, etc. Vous pouvez y accéder en cliquant ici.

 

 

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Les Macron de l’histoire politique

On les encense, on les adule, on leur prédit l’avenir le plus brillant. Un jour on se met à penser à la présidentielle, car en France on pense assez vite à la présidentielle, et on se dit qu’ils feraient de tellement bons présidents de la République.

 

Alors on se dit que c’est eux ! Que c’est une évidence, qu’ils vont apporter un vent de nouveauté dans notre vie politique sclérosée et accaparée par de vieux messieurs qui n’y comprennent plus rien.

 

Et puis on réalise les premiers sondages qui confirment que ce sont eux que les Français veulent, alors on diffuse des reportages pour dire aux Français à quel point ils sont modernes et vont remettre la France dans le droit chemin. Tout cela s’enchainant dans la joie et la félicité.

 

Eux ? Ce sont ces hommes et femmes politiques qui tombent du ciel et passent en un temps record de l’anonymat à la course à l’Élysée faisant fi de toutes les étapes traditionnelles.

 

On ? Les médias bien sûr mais aussi une bonne partie du monde politique, qui aime se trouver des nouveaux champions, mais également des Français lambda qui aimeraient voir de nouveaux visages dans le champ politique.

 

Mais un seul d’entre eux a-t-il seulement réussi à aller jusqu’au bout ? Les statistiques sont-elles favorables à Emmanuel Macron qui a franchi le Rubicon et ne pourra prolonger sa carrière politique que par un succès (au moins relatif) en 2017 ?

 

Historiquement le premier à avoir connu une ascension éclair est Jean Lecanuet, brillant jeune politique du début des années soixante, sa capacité à s’exprimer à la télévision avec aisance en fait l’un des premiers hommes politiques télégéniques. On lui prédit un destin exceptionnel, voire la capacité de battre le général de Gaulle en 1965 lors de la première élection présidentielle au suffrage universel direct. Hélas il n’en est rien, et un score honorable de 15% ne lui permit pas de peser ultérieurement. Sa carrière nationale s’arrête en 1977 après avoir été Garde des Sceaux.

 

Dans les années 80, les années fric, Bernard Tapie est omniprésent. Dans les affaires, les médias, le football, la musique (si, si). On ne voit que lui. Aussi quand il décide de se lancer en politique, au sein du PS et à Marseille pour défier directement sur ses terres un Jean-Marie Le Pen à l’apogée de sa forme, tout le monde l’imagine aspirant aux plus hautes fonctions. Devenu ministre de la Ville, l’emballement est généralisé, Tapie sera Président en 1995 ! Rêve brisé, par les affaires bien sûr mais aussi par une opposition généralisée de la gauche et un abandon en rase campagne par François Mitterrand une fois passées les européennes 1994.

 

Plus récent est le cas de Ségolène Royal, députée des Deux-Sèvres depuis 1988, ministre sous Pierre Bérégovoy, elle jaillit sous le feu des projecteurs après sa victoire en Poitou-Charentes lors des régionales 2004. Dès lors tout le monde médiatique s’emballe, femme moderne, vainqueur d’une élection difficile, pourquoi ne deviendrait-elle pas candidate du PS face aux éléphants ? Candidate elle le sera, mais les éléphants sont rancuniers, et au second tour de l’élection présidentielle elle est défaite par Nicolas Sarkozy. Après cela il fût difficile de maintenir l’intérêt, et faute d’une réelle adhésion sa candidature à la primaire socialiste de 2011 a tourné au fiasco suivi d’une législative chaotique et perdue à La Rochelle.

 

Alors les statistiques sont-elles en faveur d’Emmanuel Macron ? Clairement, non. Dans un système institutionnel, quel qu’il soit, il est difficile de prouver sa valeur en deux ans à peine. Et dans notre vieille France où le président de la République est un monarque républicain, le peuple hésite encore à confier son destin à un homme ou une femme qu’il ne connaît pas depuis très longtemps.

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Quel plan de bataille pour François Hollande en 2017 ?

“Ce n’est pas possible, m’écrivez-vous; cela n’est pas français”. François Hollande n’a jamais été bonapartiste mais cette phrase de l’Empereur au Général Jean Lemarois en pleine campagne d’Allemagne, un an avant la première abdication, doit avoir aujourd’hui une résonance particulière au sein de l’Elysée.

 

Car ce n’est pas un mystère, nombreux sont ceux qui dans l’entourage du Président considère que la défaite est déjà là, inexorable. Et à l’image du Maréchal Bernadotte, les défections se multiplient, comme Montebourg et Hamon candidats à la Présidence de la République après avoir été Ministres de François Hollande.

 

Chacun veut ménager l’avenir et certains anticipent la débâcle finale. Ce sont les Murat, Ney, Marmont et consorts qui ne veulent pas lier leurs destins politiques au souverain et pensent à 2022. Ce sont Valls et Macron par exemple.

 

Et puis il reste les fidèles parmi les fidèles, ceux qui en cas de défaite partiront en exil avec le Chef de l’Etat. Ce sont les Cambronne, Caulaincourt et Bertrand d’aujourd’hui à savoir Le Drian, Cazeneuve ou Ayrault.

 

Mais alors que la campagne de France approche, quel plan de bataille pourrait permettre à François Hollande de rester sur le trône cinq ans de plus ?

 

Le Président de la République a accepté de se soumettre à une primaire, ce sera donc une bataille préliminaire pour assoir son autorité sur la gauche (plus exactement le parti socialiste), corps d’armée nécessaire pour affronter la droite, l’extrême-droite et la gauche de la gauche.

 

Pour cette première bataille la division de l’adversaire le sert, plus il y aura de candidats alternatifs moins la primaire apparaitra sérieuse (nous le constatons avec la primaire de la droite et ses douze candidats). L’opposition interne à François Hollande n’est pas unie, Filoche, Lienemann, Hamon et Montebourg n’ont pas été capables d’opposer un front unique.

 

Pour François Hollande il conviendra de les affronter successivement tout en veillant qu’ils ne puissent pas effectuer leur jonction. Avec quel message ? “Le seul qui peut faire gagner la gauche c’est moi. J’ai respecté ma parole et les engagements pris devant les électeurs de la primaire”.

 

Supposons la primaire gagnée, sans nier que des combats d’arrière-garde auront lieu, François Hollande devra alors s’engager dans la plus grande des batailles.

 

Il devra alors affronter simultanément les forces du candidat Les Républicains, du Front National et, cela ne fait aucun doute, de Jean-Luc Mélenchon. Une bataille de Leipzig en quelque sorte avec, dans le rôle du Roi de Saxe, Cécile Duflot, l’ancienne alliée qui ne manquera d’envoyer ses maigres troupes combattre François Hollande dans une alliance de fait avec tous ceux qui veulent mettre fin au règne de François Hollande.

 

A l’issue de cette bataille les jeux seront faits, et les manoeuvres des uns et des autres ne changeront plus rien.

 

Pour l’emporter François Hollande devra se poser en sage père de la Nation, qui assure la sécurité des Français et défend les intérêts de la France dans un monde dangereux. Bien sûr cela ne suffira pas, il devra mettre toutes ses forces dans la bataille et malheureusement pour lui, son bilan ne lui fournira que de faibles régiments.

 

Mais le chemin de crête existe, la multiplication des adversaires peut être une chance si ceux-ci s’affrontent entre eux au lieu de consacrer toutes leurs forces sur lui.

 

 

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La communication politique à l’épreuve du terrorisme

À Nice, en ce soir festif de 14 juillet, notre Nation a encore une fois été durement frappée lors d’un attentat. Nouvelle épreuve qui s’ajoute à une longue liste commencée le 7 janvier 2015, lorsque la rédaction du journal satirique Charlie-Hebdo fût décimée par les frères Kouachi.

 

Pour les hommes politiques, il n’est pas possible de rester silencieux face à de tels drames et la communication politique face aux attentats a bien évolué depuis Charlie-Hebdo.

 

Lorsque les attentats des 7, 8 et 9 janvier surviennent, la France n’a pas connu d’attentats majeurs depuis près de vingt ans et la bombe de la station Saint-Michel du RER.

 

Bien sûr il y a eu Mohamed Merah en 2012, un loup solitaire fanatisé qui voulait tuer des militaires et des juifs. Mais l’on était loin encore des tueries de masse.

 

En janvier 2015, lorsque la France redécouvre le terrorisme au coeur de sa capitale, les responsables politiques de tout bord respectent une unité nationale forte, qui trouva sa consécration lors de la marche géante du 11 janvier.

 

La liberté de la presse, la police et les juifs. Les trois cibles des terroristes permettent une union des politiques dans la défense de valeurs chères à la France. Seules quelques voix isolées estiment que les caricaturistes de Charlie-Hebdo n’ont récolté que ce qu’ils ont semé.

 

Le déclenchement de Sentinelle, le déploiement massif de l’armée sur le sol national, n’est pas contesté, pas plus que le passage au niveau maximal de Vigipirate en Ile-de-France.

 

En novembre, lorsque 7 attaques coordonnées causent la mort de 130 personnes à Paris et Saint-Denis, les réactions des politiques sont différenciées. Au-delà de la compassion envers les victimes et leurs proches, toute la gamme des réactions a été entendue.

 

Pour tirer leurs épingles du jeu certains politiques veulent dénoter dans le bruit médiatique ambiant et uniforme et n’hésitent pas à réclamer des mesures chocs dont ils promettent une efficacité totale.

 

Réouverture d’un bagne à Cayenne, incarcération systématique de tous les fichés S, expulsion de tous les imams radicaux, déchéance de nationalité pour les terroristes bi-nationaux voire mono-nationaux,etc…

 

Deux fronts de représentations s’opposent assez vite, l’un accusant le gouvernement de n’avoir rien fait depuis les attentats de janvier, l’autre accusant l’opposition d’avoir affaibli la police et la gendarmerie ainsi que le renseignement lors du précédent quinquennat.

 

L’union sacrée explosant définitivement en plein vol lorsque le Président de la République, qui lui aussi a une communication politique propre à assurer, propose une révision de la Constitution pour entériner l’état d’urgence et la déchéance de nationalité.

 

Cette proposition déchire la classe politique, la gauche étant mal à l’aise avec cette idée et la droite ne voulant pas paraître cautionner les choix de l’exécutif. Finalement rien ne se fera.

 

Et puis au lendemain de Nice, à peine quatre mois avant la primaire de la droite et face à des Français qui s’interrogent légitimement sur la lutte contre le terrorisme, peu de responsables politiques ont essayé de maintenir une unité nationale.

 

Tous les candidats à la primaire y sont allés de leurs analyses, de leurs propositions, forcément différentes de celles des autres, dans une surenchère instinctive et irréfléchie.

 

Irréfléchie car promettre des mesures chocs au sujet du terrorisme et promettre qu’il n’y aura plus d’attentats en cas de victoire est un risque considérable en termes de communication politique. Si le moindre attentat meurtrier, et nous savons désormais que cela peut se produire de manière plus ou moins fréquente, devait avoir lieu quelques mois après l’élection d’un nouveau président de droite, l’effet serait désastreux pour le dit candidat.

 

S’il est classique de dénigrer systématiquement l’action du gouvernement en place et de promettre une bien meilleure action en cas de victoire, il est indéniable que sur un sujet aussi dramatique que le terrorisme de masse le retour de flamme serait dévastateur.

 

Face à de si terribles circonstances, la meilleure communication politique serait de se hisser à la hauteur de l’Histoire, de prendre la mesure de la situation et de ne pas jeter de l’huile sur un feu qui pourrait bien consumer les visées court-termistes de ceux qui l’alimentent en promettant des solutions simples à l’une des crises les plus complexes de notre histoire contemporaine.

 

 

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De l’importance de partir tôt sans attendre les investitures

Les 11 et 18 juin 2017 auront lieu les élections législative. L’échéance peut paraître lointaine, d’ailleurs les états-majors politiques sont concentrés sur les élections présidentielles, les législatives attendront.

 

Dans certains cas il s’agit aussi de maintenir la pression sur les potentiels candidats, au PS les investitures ne seront données que le 13 décembre, ce qui est régulièrement rappelé aux frondeurs et aux “alliés”. Chez Les Républicains la confusion n’a d’égale que l’importance de la chose. Avec, en substance, ce message implicitement envoyé par certains candidats aux candidats potentiels : “N’oublies pas que si je gagne, je choisirai qui aura l’investiture, fais bien attention à tes choix”.

 

Enfin au FN et à l’UDI, le choix a été fait de ne pas attendre et de foncer pour ne pas se retrouver le bec dans l’eau, et, peu bercés d’illusions sur le résultat de la présidentielle, se préparer à sauver les meubles à l’Assemblée Nationale.

 

Mais vous qui êtes candidat, ou plus exactement qui souhaitait porter les couleurs de votre parti, pourquoi attendre l’investiture pour mener campagne ? Ne serait-il pas judicieux de commencer dès maintenant ?

 

Commencer à faire campagne aujourd’hui ne signifie pas forcément oblitérer la présidentielle, au contraire, c’est le moment ou jamais de développer votre notoriété dans votre circonscription, de vous y investir, et, innocemment, de parler de vous en parlant du candidat que vous soutenez.

 

L’investiture est en soi déjà une campagne électorale, à vous de devenir le candidat naturel de votre camp, celui qui relève de l’évidence par son implication et son dévouement sans faille à la cause et aux valeurs du parti.

 

À vous de forcer la main de votre parti !

 

La récente modification de la législation réduit la durée de la tenue des comptes de campagne de un an à six mois, vous disposez donc de six mois supplémentaires pour faire campagne sans être tenu à un quelconque plafond de dépenses. Si vous le pouvez, faites un maximum d’actions de terrain ! Commencez à faire du porte-à-porte en votre nom propre, récoltez de l’information, faites vous connaître !

 

Bien sûr les investitures comportent une forte dimension politique, et malheureusement trop souvent du copinage ou du parachutage, mais les législatives qui arrivent s’annoncent comme les plus hasardeuses de la Vème République avec un fort risque d’absence de majorité absolue et d’une tripartition de l’Assemblée Nationale.

 

Aussi les partis ne négligeront aucune circonscription, votre mission en tant que candidat en puissance est de démontrer que vous êtes le mieux à même de conserver ou conquérir votre circonscription.

 

Une campagne électorale ne peut pas se faire en quelques mois et encore moins en quelques semaines, si vous voulez mettre toutes les chances de votre côté il est primordial que vous commenciez dès maintenant à développer votre message et votre programme. Vous devez faire preuve de constance et de cohérence dans le temps, or les électeurs ne peuvent le croire que s’ils vous entendent dès longtemps avant le jour du scrutin.

 

 

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