Elections : et si les néophytes étaient désormais les favoris ?

Macron en France, Caputova en Slovaquie, Zelensky en Ukraine… Alors que la tendance au « dégagisme » se confirme, les primo-candidats semblent avoir le vent en poupe.

Une femme présidente en Slovaquie

Entrée en campagne il y a à peine un an, l’avocate et militante Zuzana Caputova devient la première présidente de la Slovaquie, remportant à près de 54% des voix la bataille contre Maroš Šefčovič, poids lourd du parti social-démocrate au pouvoir et actuel vice-président de la Commission européenne.

En Slovaquie, la présidence relève davantage de l’apparat, de la représentation. Toutefois, cette victoire est riche de symboles : première femme à accéder à ce poste, elle s’est fait connaitre par ses combats environnementaux, sa lutte contre la corruption et ses idées libérales tant en matière économique que sociale.

Reste maintenant au parti que Zuzana Caputova a fondé il y a quelques mois à se mettre en action et faire ses preuves. Et on le voit avec les multiples difficultés du néo-candidat, aujourd’hui Président, Emmanuel Macron : les choses peuvent rapidement devenir périlleuses !

La comparaison n’est pas innocente : les adhérents de ce parti se sont inspirés et se comparent à En Marche ! On leur souhaite de remporter le même succès aux élections législatives : sans soutien parlementaire, il leur sera difficile de lutter contre l’inertie d’un système que leur candidate a pointé pendant toute la campagne.

Un comédien à la tête de l’Ukrain post-Euromaïdan ?

En Ukraine, la réalité a rejoint la fiction : l’acteur et humoriste Volodymyr Zelensky, très connu dans les pays russophones, vient de remporter le premier tour de l’élection présidentielle devant l’actuel chef de l’État, Petro Porochenko ou encore Iulia Timochenko, étoile montante aujourd’hui controversée de la scène politique ukrainienne.

Zelensky qui est, depuis 2 saisons, l’acteur principal d’une série dans laquelle il figure un professeur … devenu président. Il crée, en parallèle, son parti il y a an et se déclare officiellement candidat fin décembre 2018.

Le second tour devrait avoir lieu le 21 avril prochain. S’il est élu, il sera lui aussi confronté à la mise en oeuvre de sa politique : son programme est flou, et ses meetings de campagne ressemblent davantage aux shows que l’on voyait en France sous la IIIe République qu’à un exposé de ses objectifs ou une présentation de l’équipe qui l’entourera.

Quelles leçons pour les futur(e)s candidat(e)s aux scrutins en France ?

Alors, si l’on en revient aux prochaines élections qui vont faire la France, à savoir les municipales de 2020, puis les départementales et régionales de 2021, les néo-candidats sont-ils les mieux placés pour remporter la victoire ?

Devraient-ils partir au tout dernier moment et mener une campagne éclair ? Au contraire, les candidats sortants devraient-ils déjà être sur le terrain pour rattraper un retard dont ils n’ont pas conscience ?

Nous pensons que plus que jamais, c’est la personnalité qui va faire la différence. Nous avons d’ailleurs élaboré et donné plusieurs fois une formation intitulée « Bilan, programme, personnalité« , afin de travailler sur ces 3 aspects-clés des prochaines campagnes.

Nous pensons également que les outils de terrain, couplés -et non substitués- à une campagne-relais sur le web doit commencer tôt pour porter ses fruits.

Et nous pensons enfin que les citoyens ne sont plus dupes des effets d’annonce : s’ils ont soif de « têtes nouvelles » et d’idées neuves, ils attendent des candidats crédibles et fiables avec autour d’eux une équipe identifiée, et un programme ambitieux et réaliste.

La politique des idéaux n’est peut-être pas morte, mais le pragmatisme a bel et bien pris le dessus !

Publié le Catégories A l'étranger, Constats de campagne, Formation des élus, Municipales, Présidentielle

La campagne … à la campagne !

Lorsque des élu(e)s ou des candidat(e)s de petites communes nous contactent pour un projet d’accompagnement, ils commencent presque toujours par s’assurer que cela pourrait nous intéresser : « vous comprenez, une agence, pour une petite commune… ». C’est ce qui nous a donné l’idée de ce billet ! 

Est-il nécessaire d’élaborer une stratégie de campagne pour une collectivité de moins de 5000 habitants ? Comment fait-on une place à sa « petite » commune au sein d’une « grande » communauté rurale ? Après une fusion de communes, comment préparer les élections municipales de 2020 ? 

Soyons clairs : oui, ces sujets nous intéressent ! Et pour anticiper la question qui suit généralement : oui, nous travaillons sur des territoires ruraux ou périurbains !

Nous l’avions constaté en 2014 et une étude parue en 2016 l’a confirmé, dans les petites communes où l’élection se joue parfois à quelques voix près, travailler avec une agence, suivre une méthode et adopter des outils professionnels peut faire la différence dans la dernière ligne droite de la campagne.

Concrètement : depuis 2014, la population et donc le corps électoral des villes rurales et périurbaines se sont modifiés avec l’arrivée de familles urbaines, néo-rurales, aux attentes différentes de celles installées de longue date.

Ces nouveaux électeurs n’attendent plus seulement de leur maire qu’il soit proche de la population, ils veulent aussi un maire gestionnaire, « manager de territoire », comme on voit aujourd’hui des managers de centre-ville. 

Faire une « vraie » campagne est donc devenu un impératif dans ces collectivités, qui se double d’une nécessité d’innovation pour convaincre et concilier ces deux types d’électorat. 

Vous voulez en savoir plus ? N’hésitez plus, contactez-nous !

Publié le Catégories Astuces de campagne, Constats de campagne, Départementales, Municipales, PREVIOO

Le porte-à-porte : l’indispensable outil du candidat et de l’élu !

En 1977, 42% des Français estimaient que les hommes politiques se préoccupent « très peu ou pratiquement pas » de ce que pensent les Français.  En janvier 2013, nouveau sondage et cette proportion passe à 85%. Et aujourd’hui, les chiffres de la participation aux scrutins de 2017, qui peinent dans certaines circonscriptions, à atteindre les 20%, parlent d’eux-mêmes !

Cette crise de confiance, nous pensons chez Plebiscit que la présence des élus sur le terrain, au plus proche du quotidien des Français, est cruciale pour la résorber. En cela, le porte-à-porte est un outil indispensable qui ne doit pas être cantonné à la seule période de campagne officielle pour porter ses fruits.

L’on entend parfois dans certaines équipes de campagne que les moyens de communication modernes (mailing, SMS, etc.) permettent de démultiplier le message politique, de toucher des milliers de personnes en quelques secondes… Certes, mais en termes d’efficacité, le compte n’est pas bon ! Par exemple, si le porte-à-porte permet de gagner une voix pour 14 entretiens, le phoning permet quant à lui de gagner une voix pour 38 appels téléphoniques personnalisés passés !

Comment vous organiser ?

Ce qui va orienter votre choix stratégique et aussi, votre organisation, c’est le résultat de votre analyse électorale. Elle vous permettra de savoir par quel quartier ou bureau de vote commencer ou finir, mais aussi à quelle heure et quel jour de la semaine y passer en fonction du type de quartier (commerçant, résidentiel, …).

Une fois que vous avez tous ces paramètres en tête, organisez votre programme de visites : par quel quartier allez-vous commencer ? Combien de fois allez-vous vous rendre dans chaque quartier ? Avec quels objectifs (prise de contact, questionnaire pour récolter des informations, présentation du candidat et de son projet, mobilisation pour le vote, ….) ?

Et constituez vos équipes de porte-à-porteurs en binômes en diversifiant les profils : homme et femme, jeune et plus âgé, novice et expérimenté …. Préparez ensuite les trames d’entretien et réunissez vos militants avant de commencer la session de porte-à-porte : expliquez clairement l’objectif de la session, rappelez les grandes lignes du storytelling, distribuez les documents à remettre (carte de passage, programme) et les « signes distinctifs » aux couleurs de votre campagne.

Passez rapidement à l’action !

Du porte-à-porte en campagne électorale, c’est bien. En amont, c’est encore mieux !

D’abord car peu de vos adversaires y pensent et cela vous donne un avantage comparatif, en particulier pour les candidats novices qui ont intérêt à commencer le plus tôt possible.

Ensuite, cela vous permet de revoir plusieurs fois les électeurs, élément-clé de l’efficacité de cet outil. Par exemple, dès maintenant pour les informer des modalités d’inscription sur les listes électorales s’ils ne le sont pas encore ; puis dans quelques mois pour recueillir leur avis sur le bilan de la collectivité ; au moment où la campagne se lance, vous vous concentrerez sur le mot d’ordre « votez et faire voter ».

Enfin, un dernier conseil : dans 60% des cas, les portes ne s’ouvriront pas. Ce n’est pas pour autant du temps perdu ! Vos équipes doivent tout de même rapporter les informations entendues. Par exemple, elles notent un lampadaire défectueux, ou un voisin leur précisent à quelle heure vous pourrez trouver Monsieur et Madame Untel chez eux, etc. Ces informations doivent être centralisées et traitées par un responsable au sein de votre équipe pour pouvoir être réutilisées ultérieurement.

Envie d’en savoir plus ? Besoin d’aide pour organiser votre équipe ? Contactez-nous !

 

Publié le Catégories Constats de campagne, Départementales, Européennes, Législatives, Municipales, Porte à porte

Storytelling : le conte de faits

Utilisé en marketing mais pas seulement, le storytelling présente pour la communication politique plusieurs atouts qui vont de l’efficacité de la diffusion du message au renforcement de la notoriété de l’élu(e) ou du candidat, en passant par son positionnement sur la scène politique. Dans les grandes lignes, comment le réalise-t-on ?

Un storytelling, pour quoi faire ?

Un sondage récent montre que la personnalité, l’histoire du candidat ou de l’élu, vont jouer un rôle important pour les prochaines municipales. Il est donc important d’en travailler la présentation et de faire en sorte que vos collaborateurs, vos militants et sympathisants, puissent vous présenter dans les mêmes termes, en vue notamment de diffuser à votre propos un message uniforme.

Un bon storytelling, c’est quoi ?

C’est un paquet cadeau ! Poursuivons cette métaphore : si vous recevez un objet inutile dans un beau paquet cadeau, vous allez ressentir de la déception ; si vous recevez un cadeau dans un paquet mal ficelé, vous allez rechigner à l’ouvrir ; en revanche, si vous recevez un beau paquet cadeau, vous vous empressez de l’ouvrir et à l’intérieur, vous découvrez un cadeau qui vous comble de joie : là, le contrat est rempli !

Si l’on en revient au storytelling en communication politique, il doit donner envie aux citoyens de mieux connaître l’élu(e) ou le candidat et transcrire fidèlement son parcours, son projet, pour pouvoir s’inscrire dans la durée. Un contre-exemple ? Le storytelling du candidat Macron : un « petit candidat » parti de rien, jamais élu, qui parvient à force de travail à conquérir l’Elysée. Et non pas un énarque, banquier, ancien ministre de Hollande, rompu aux arcanes politiques… L’histoire est belle, mais a fait long feu !

Comment procéder ?

Chez Plebiscit, nous nous basons sur plusieurs entretiens. Nous abordons avec nos candidats des questions politiques, personnelles ou prospectives. Par exemple, quels sont vos souvenirs politiques marquants ? Eprouvez-vous des difficultés à déléguer ? Quel délégation souhaitez-vous obtenir au prochain mandat ?

Sur cette base, nous allons chercher le bon axe pour raconter votre histoire. Le bon axe, c’est celui qui répond à votre positionnement et aspirations politiques. L’histoire, comme toute bonne histoire, est celle qui va susciter la curiosité et l’écoute. Pas inspiré ? Reprenez vos classiques : contes de Grimm, fables de La Fontaine, tragédies grecques … Et comme dans les contes, votre storytelling doit avoir un début, un rebondissement et une fin. Le début peut être l’occasion de présenter le candidat et son parcours ; le rebondissement peut être un élément perturbateur, un ennemi, un échec, etc. Et la fin, c’est toujours la résolution, qui peut être heureuse, surprenante, moralisatrice, etc.

Rédigez, dans un style simple, rythmé et concis, un premier jet que vous soumettez à quelques proches et prenez en compte leurs remarques dans une seconde mouture.

Puis tirez-en l’essentiel en quelques lignes, quelques mots, que vous partagez avec votre équipe de militants ou sympathisants afin qu’ils puissent parler de vous dans les mêmes termes aux citoyens qu’ils rencontreront dans le cadre de votre campagne.

Envie d’en savoir plus ? Besoin d’aide pour réaliser votre storytelling ? Prenez contact avec nous !

Publié le Catégories Astuces de campagne, Constats de campagne, Départementales, Formation des élus, Municipales

Quel budget pour ma campagne ?

Commençons par un constat : un « gros » budget n’est pas synonyme de victoire ! En revanche, un budget planifié, organisé, confère un réel avantage au candidat/à la liste.

L’anticipation, maître-mot de toute campagne ! En déterminant vos besoins à l’avance, en sachant quand vous aurez à engager telle ou telle dépense et en anticipant les recettes, vous aller gagner en temps et en sérénité pendant la campagne. Comment procéder ?

  • Partez d’abord, si vous en bénéficiez, du plafond de remboursement des dépenses de campagne, calculé en fonction du nombre d’habitants.

Pour rappel, dans le cadre des élections municipales, en-dessous de 1 000 habitants, vous ne bénéficiez d’aucun remboursement.

A partir de 1 000 habitants, vous pouvez uniquement prétendre au remboursement des frais de propagande visés à l’article R.39 du Code électoral (affiches de campagne, circulaires et bulletins de vote).

Et à partir de 9 000 habitants, vous bénéficiez d’un remboursement forfaitaire de 47.5% du plafond des dépenses de campagne sous certaines conditions, et notamment celles de désigner un mandataire financier et de déposer votre compte de campagne.

  • Listez ensuite les grands postes de dépense : on estime par exemple que le poste « communication » représente de 60 à 70% du total des dépenses de campagne. Chez Plebiscit, nos prix sont packagés pour plus de transparence, mais nous détaillons nos devis après un entretien avec le ou les candidats, afin d’adapter nos packs à leurs besoins réels.

Vous devez également prévoir les frais de transport et de restauration de vos militants, l’achat ou la location de matériel, le loyer de votre permanence, etc. Vous pouvez alors détailler chaque poste et demander des devis pour vous faire un avis plus précis des prix pratiqués. Et comme la meilleure dépense est celle que l’on n’engage pas, reprenez l’ensemble de votre budget en vous demandant si telle ou telle autre dépense est bien utile ou si vous pouvez trouver une alternative.

  • Enfin, déterminez quelles recettes vous pouvez espérer ajouter à votre budget, principalement : un apport personnel, un prêt bancaire et des dons.

Dans les grandes lignes, les dons des personnes physiques sont autorisés dans la limite de 7 500€ par an ou 4 600€ par campagne. Si certains candidats sont gênés par l’exercice, la collecte de dons est, à notre sens, indispensable. Là encore, tout est une question de méthode : si vous préparez bien votre collecte, vous constaterez que ce n’est pas si difficile… et que cela fonctionne !

Et maintenant, à vous de jouer !

Besoin de conseils personnalisés ? Utilisez notre simulateur ou contactez-nous ! 

Publié le Catégories Astuces de campagne, Constats de campagne, Municipales

Les élections se gagnent-elles réellement en ligne ?

Si la campagne électorale américaine de 2008 marque à bien des égards un tournant politique radical, elle est aujourd’hui reconnue comme le point de départ du recours aux réseaux sociaux comme outils de campagne électorale. Depuis, Cameron, Rajoy, Macron, … tous ont intégré la nécessité de soigner leur présence en ligne et plus encore celle de recueillir, analyser, voire influencer les tendances qui émergent des réseaux sociaux. A un point tel que certains se demandent aujourd’hui s’il est encore bien utile de perdre son temps sur le terrain, IRL (in real life) ?

Campagne traditionnelle vs. campagne 2.0

L’objectif d’une campagne électorale est simple : faire connaitre le candidat et susciter l’adhésion à son programme. Coller des affiches, distribuer des tracts, faire du porte-à-porte, autant de méthodes ancrées dans les habitudes des directeurs de campagne comme des militants, et qui restent d’usage malgré le développement des réseaux sociaux.

Le constat est plutôt celui de la complémentarité. Par exemple, chez Plebiscit nous proposons systématiquement aux candidats que nous accompagnons une version numérique compatible à la mise en ligne sur les réseaux sociaux de leurs documents de propagande. Depuis cette année, tous  les candidats aux élections législatives disposent en outre de la possibilité de mettre en ligne leurs circulaires sur un site gouvernemental.

L’accès à l’information en est démultiplié et c’est précisément l’une des vertus des réseaux sociaux : atteindre des citoyens qui ne s’intéressent pas ou plus à la politique par les canaux traditionnels (presse, radio, etc).

Quels réseaux sociaux ?

Le « petit nouveau » des campagnes françaises de 2017 est YouTube (28.6 millions d’utilisateurs en France) avec la volonté affichée par les YouTubers politiques (en particulier l‘UPR, le FN ou FI) de s’affranchir des circuits médiatiques traditionnels qu’ils trouvent, au choix, partiaux ou inopérants. Quelques candidats aux élections législatives ont fait le choix d’Instagram pour vanter la beauté de leur circonscription, ou de LinkedIn, leur permettant de mettre en avant leur réseau.

En Grande-Bretagne, à l’occasion des élections du 8 juin dernier, un militant du Labour et une doctorante, aidés de développeurs, ont mis en place un chatbot sur Tinder, application de rencontre qui fonctionne sur la base de Facebook, pour convaincre des jeunes situés dans des circonscriptions où les sondages annonçaient des résultats serrés. Par exemple, si l’utilisateur répondait vouloir voter Labour, le robot envoyait un lien vers le bureau de vote le plus proche. Les utilisateurs qui avaient accepté de « prêter » leur profil pour l’expérience pouvaient à tout moment intervenir dans la conversation. L’initiative a été accueillie de manière très positive par les utilisateurs et a permis d’envoyer 30 000 messages à des jeunes situés dans les key constituencies.

Facebook reste toutefois le poids lourd des réseaux sociaux, non seulement parce qu’il est l’un des plus anciens et le plus utilisé (2 milliards d’utilisateurs mondiaux dont 33 millions en France), mais aussi parce que c’est celui qui permet d’avoir accès au plus de données personnelles. Enfin, il embarque un outil de sondage, permet la diffusion de vidéos en direct, de gérer l’organisation et la participation à des événements… sans compter la récente possibilité d’ajouter un « A voté » à son profil !

Aux comptes personnels des débuts, les hommes et femmes politiques préfèrent désormais la page, plus facile d’accès et qui présente l’avantage technique de pouvoir être liée à un site personnel via une API.

Quelle utilisation ?

Préalable nécessaire, la présence sur les réseaux sociaux ne suffit pas à elle seule à changer la donne.

D’abord, parce que les hommes et femmes politiques doivent se conformer à des codes qu’ils ont parfois des difficultés à saisir. Communiquer efficacement sur les réseaux sociaux requiert à la fois une spontanéité maîtrisée et un savoir-être numérique dont l’apprentissage peut s’avérer difficile ! Ensuite, parce qu’au-delà de la seule présence, ce sont bien l’influence et la connaissance de son électorat qui sont le nerf de la guerre électorale.

En d’autres termes, ouvrir un compte Twitter pour relayer de l’information factuelle ne sert à rien ; c’est utiliser Twitter pour attirer l’attention de la communauté qui fait toute la différence… ce qu’a peut-être trop bien compris Donald Trump, au risque de tomber dans l’excès inverse !

Le risque étant, pour les citoyens, de succomber aux fake news et autres alternative facts, et que la campagne ne se gagne plus sur des bases sincères. La stratégie d’influence peut aller plus loin : l’astroturfing, technique qui permet de forcer la viralité d’une information pour influencer l’opinion publique et les médias, a été utilisée dans le cadre de la dernière campagne américaine, mais l’est également sur une base plus régulière par des pays comme la Chine, qui emploie plusieurs dizaines de milliers de fonctionnaires (la water army) pour diffuser des messages pro-gouvernementaux sur les réseaux sociaux.

Concernant ensuite la connaissance de l’électorat, le développement des réseaux sociaux et des CRM de campagne électorale est clairement une manne pour les hommes et femmes politiques, si tant est qu’ils s’astreignent non seulement à les utiliser correctement mais aussi à respecter les cadres juridiques propres à chaque pays.

On se souvient par exemple des débats qui ont entouré la signature de l’accord euro-américain visant à instituer un privacy shield : les différences culturelles et juridiques en matière de protection des données entre ces deux pays est telle qu’elle peut conduire à des différends, comme cela a été récemment le cas pour le logiciel américain NationBuilder, sanctionné par la CNIL française pour une utilisation illégale des données personnelles des Français.

Quant à l’utilisation de CRM électoraux, elle s’est largement démocratisée et est de plus en plus plébiscitée par les candidats, directeurs de campagne, mandataires financiers et communicants. Toutefois, elle reste une nouveauté pour les militants les moins connectés. Parmi les clients de PREVIOO, le logiciel de campagne que Plebiscit a développé, certains font même le choix d’imprimer depuis l’outil leurs feuilles de route détaillées pour garder un support papier en porte-à-porte.

Reste que tous ceux qui ont décidé de s’y investir ont apprécié l’extrême simplicité de son utilisation et sa pertinence dans le cadre d’une campagne électorale. Pour ceux-là, le gain en termes d’efficacité du ciblage de la communication et de la diffusion des messages notamment est significatif. Tous apprécient de pouvoir regrouper en un seul endroit, au profit de l’ensemble de l’équipe, les données qui permettent de faire toute la différence dans une campagne au même titre qu’étoffer et qualifier leur socle électoral leur semble efficace pour mieux appréhender le citoyen et ses attentes.

 « Pas encore » ou « certainement pas » ?

A la question initiale « Les élections se gagnent-elles réellement en ligne ? », la réponse peut être l’une ou l’autre. « Pas encore » car pour l’heure, les campagnes menées en ligne ne sont qu’une transposition des méthodes classiques de campagne. « Certainement pas » car au final, l’utilisation des data et de CRM, ainsi que l’influence sur les réseaux, si elles constituent des outils à ne pas négliger, ne remplacent en rien le contact avec les citoyens ou l’appréhension concrète des problématiques locales.

La période actuelle semble ainsi relever davantage de la transition que de la révolution et là réside tout son intérêt : nous, concepteurs et développeurs de logiciels, qui sommes « de l’autre côté de la barrière », sentons bien que nous mettons en place les premières bases des campagnes de demain !

Publié le Catégories Constats de campagne, Législatives, Présidentielle

Elections 2017, épilogue ou cliffhanger ?

Alors que s’ouvre officiellement la XVe législature, retour sur cette longue période électorale dont les multiples rebondissements ont rythmé la fin 2016 et le début 2017 et qui pose plus de questions qu’elle n’a apporté de réponses.

Le défi non relevé de l’abstention

Si l’élection présidentielle de 2017 a moins mobilisé que les précédentes avec une abstention qui dépasse les 25% au second tour, c’est surtout le vote blanc et nul qui attire l’attention. Au total, 34% des électeurs ont refusé de choisir entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Pour les législatives, l’abstention est en revanche beaucoup plus nette et culmine au premier tour : de 40% en 2007, elle est passée à 51% en 2017, un record sous la Ve République.

S’il fallait encore se convaincre de la crise démocratique française, cette montée de l’abstention montre l’ampleur des efforts que les élus vont devoir fournir pour convaincre leurs concitoyens de retourner aux urnes. Quels citoyens ? Les jeunes (64% des moins de 35 ans se sont abstenus), les employés et les ouvriers (respectivement 66 et 61%) et en priorité ceux qui vivent en outre-mer, au nord et au sud-est de la France.

Des chiffres pourtant surprenants au regard des audiences élevées des émissions et débats politiques de cette année : 10 millions de téléspectateurs pour le débat entre 5 des 11 candidats à la présidentielle fin mars ; 6,3 millions pour le débat entre les 11 candidats à la présidentielle en avril ; un peu plus de 3 millions pour « L’Emission politique » d’Emmanuel Macron ou de François Fillon… C’est bien que la politique est un sujet qui continue d’intéresser. Comment, alors, faire en sorte que cet intérêt « théorique » se concrétise par une participation effective des citoyens à la vie publique ?

Du neuf avec du vieux ?

Ce n’est en tous cas pas dans les campagnes présidentielle et législatives de 2017 que l’on trouvera des idées réellement novatrices, tant sur la forme que sur le fond.

Peu de chances que se tiennent de nouveau des primaires avant l’élection présidentielle. Importées des Etats-Unis, elles sont mal adaptées aux systèmes européens (au-delà du seul cas français, celles organisées par exemple par le PSOE en Espagne n’ont pas non plus eu l’effet escompté) dans lesquels elles se transforment en « machines à perdre ».

Peu d’idées novatrices non plus pour les grands rendez-vous télévisés : une présentation classique et une trame verrouillée au cours des réunions préparatoires par les équipes des candidats ; un fond peu discuté en raison d’un contexte marqué par « les affaires » ; des clips de campagne et des affiches plutôt mornes…

Et l’hologramme de Jean-Luc Mélenchon, l’utilisation massive de Telegram pour animer les meetings d’Emmanuel Macron, les vidéos YouTube du Front national, nous direz-vous ? Nous répondons respectivement : déjà utilisé en Inde, en Israël et en Turquie ; ni plus ni moins qu’un chauffeur de salle virtuel ; penser à enlever les étiquettes de sous les tasses neuves !

Pour les législatives, une question se pose avec acuité : à quoi sert-il encore de préparer sa campagne, de tenir des réunions publiques, de choisir avec soin ses affiches et de peser chaque mot de sa déclaration de candidature ?

En effet, que penser des candidats REM, souvent peu connus, désignés tardivement, peu à leur avantage sur des affiches et des professions de foi copiées-collées dans chaque circonscription… et pourtant grands gagnants de ces élections ? Que penser aussi de ces députés sortants qui avaient fait du bon travail au cours de leur mandat, mené une bonne campagne et qui n’ont malgré tout pas convaincu leurs électeurs ?
Que penser, enfin, des candidats désignés par le MoDem, qui s’ils ne remplissent pas toujours les critères d’En Marche, ont pourtant largement bénéficié de cette étiquette ?

Un renouvellement en trompe-l’œil …

L’on a beaucoup glosé sur le « dégagisme » qui aurait été l’élément moteur du vote REM mais aussi France insoumise et Front national, entraînant par là même l’échec des partis Socialiste et Républicain.

Le « dégagisme », néologisme issu des printemps arabes et repris en France notamment par J.-L. Mélenchon à propos de l’éviction aux primaires de leurs partis respectifs de Manuel Valls ou d’Alain Juppé, augurerait donc d’une révolution. Qu’en est-il réellement?

Si l’Assemblée nationale connait effectivement un renouvellement profond (430 députés élus pour la première fois, 39% de femmes, une moyenne d’âge qui a baissé de 10 ans), 62% des députés de la XVe législature ont ou ont eu un mandat électif. Les sessions strasbourgeoises mensuelles du Parlement européen ne suffisant pas à endiguer leur mal du pays, certains eurodéputés, comme J.-L. Mélenchon, Marine Le Pen, Louis Aliot, Marielle de Sarnez ou Constance Le Grip, ont choisi de siéger au sein du Parlement français.

Enfin, la volonté affichée tout au long des 2 campagnes par En Marche de dépasser les clivages politiques et de choisir des représentants sur la base de leurs compétences quelle que soit leur appartenance partisane, ne doit pas faire oublier que nombreux sont ceux, dans ses rangs, à avoir rejoint la chapelle REM en laissant derrière eux un parti au sein duquel ils ont appris les ficelles du « métier ». Et cet habitus reste prégnant. Prenons l’exemple des postes de chef de groupe parlementaire à l’Assemblée : aucune femme, un candidat unique et presque imposé chez LREM, des « reconduits » à LR et au PS.

… ou des bases nouvelles qui vont amplifier le renouvellement ?

Reste toutefois que l’Assemblée présente un visage radicalement différent de celle de la XIVe législature. Au-delà des personnes qui la composent, les groupes politiques sont plus nombreux et pour la plupart nouveaux : des Républicains « canal historique » font face à des Républicains (et UDI constructifs, des Communistes pas Insoumis, des non-inscrits de gauche (jusqu’à l’officialisation – ou l’échec- d’un 9e groupe) et d’extrême-droite, des apparentés REM du MoDem et d’ailleurs, etc.

En-dehors de l’Assemblée, le processus de reconstruction du paysage politique se met en place : constitution d’un groupe En Marche au Sénat, lancement du M1717 par Benoit Hamon, réunion annoncée du Parti radical et du Parti radical de gauche, dont le divorce avait été consommé en 1972, tenue d’un congrès extraordinaire du PCF en 2018.

Les questions qui restent ouvertes concernent finalement « celui par qui tout est arrivé » : En Marche ! Comment va se structurer le parti ? Comment ses députés vont-ils se comporter face à des votes qui s’annoncent difficiles ? Comment va-t-il faire perdurer l’enthousiasme et l’engagement des militants ?

Autant de réponses qu’il faudra trouver en gardant en tête l’importance de tenir les promesses faites pendant la campagne. Et s’il était là, le changement ?

Publié le Catégories Constats de campagne, Législatives, Présidentielle

La veille du scrutin : journée de tous les dangers ?

Après des semaines de campagne sur le terrain, le jour tant espéré est arrivé : le scrutin, c’est demain !

 

Chez Plebiscit, nous savons que la fatigue accumulée au fil des jours et le stress des résultats à venir peuvent pousser les candidats à commettre des erreurs pour certaines très dommageables.

 

Allons sereinement vers ces dernières heures fatidiques et faisons ensemble un point juridique sur les fondamentaux de la veille de scrutin !

 

La référence en la matière, c’est l’article 49 du Code électoral qui dispose :

 

« A partir de la veille du scrutin à zéro heure, il est interdit de distribuer ou faire distribuer des bulletins, circulaires et autres documents.

 

A partir de la veille du scrutin à zéro heure, il est également interdit de diffuser ou de faire diffuser par tout moyen de communication au public par voie électronique tout message ayant le caractère de propagande électorale. »

 

En d’autres termes, plus de tractage, plus de boitage, pas de phoning, plus de newsletter ni de nouveau billet de blog, encore moins de commentaires sur vos réseaux sociaux (pensez à désactiver les commentaires et autres retweets automatiques) et ce à partir du vendredi 9 juin (pour le 1er tour) ou du vendredi 16 juin (2e tour) à zero heure. En revanche, vous pouvez faire rafraichir vos affiches de campagne sur les panneaux électoraux officiels.

 

Par ailleurs, vous ne devez plus porter à la connaissance du public un élément nouveau de polémique électorale, puisque vos concurrents n’auront pas, dans un délai aussi court, la possibilité d’y répondre utilement avant la fin de la campagne électorale.

 

Enfin, « aucun résultat d’élection, partiel ou définitif, ne peut être communiqué au public par quelque moyen que ce soit, en métropole, avant la fermeture du dernier bureau de vote sur le territoire métropolitain » (L 52-2 du Code électoral).

 

Que faire alors, pendant ces dernières heures qui sembleront des jours ?

 

Préparez-vous pour le second tour : rédigez vos communiqués de presse, votre profession de foi, faites le point sur votre compte de campagne.

 

Organisez vos équipes sur le terrain : qui ira vérifier les listes d’émargement? Recoller des affiches?

 

Et puis… reposez-vous, l’entre-deux-tour promet d’être encore plus intense !

Publié le Catégories Astuces de campagne, Constats de campagne, Législatives

Paroles, paroles …

Après les débats des primaires de droite en octobre et novembre dernier, puis ceux de la gauche en janvier, le premier débat des présidentielles se tient le lundi 20 mars, environ un mois avant le premier tour de scrutin.

Sur les 11 candidats, seuls Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron, Benoît Hamon, François Fillon et Marine Le Pen ont été invités à participer : une autre des situations inédites de cette campagne, dans laquelle candidats, médias et électeurs doivent s’adapter à de nouvelles règles du jeu… tout en gardant bien en tête celles qui sont toujours d’application.

Il en va ainsi des temps de parole, contrôlés par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) sur la base des dispositions pertinentes de la loi organique de modernisation des règles applicables à l’élection d’avril 2016 et d’une recommandation du 7 septembre 2016.

Depuis l’année dernière, l’égalité du temps de parole n’est sanctionnée que pendant la campagne officielle de la présidentielle, c’est-à-dire à compter du 10 avril jusqu’au 21 avril à minuit, puis entre le 28 avril et le 5 mai à minuit.

En-dehors de cette période, c’est le principe d’équité qui prévaut : chaque candidat et soutien du candidat dispose d’un temps de parole proportionnel au poids politique de son mouvement dans le paysage politique national. C’est ainsi que du 1er février au 12 mars, Charlotte Marchandise, candidate non qualifiée issue de la société civile, a disposé de 14 minutes de temps de parole sur BFM TV, 30 secondes sur CNEWS, 11 minutes sur France 3 ; François Fillon d’un peu plus de 2 heures sur TF1, près de 25 heures sur France 5 et 65 heures sur CNEWS.

 

Une autre distinction s’applique entre temps de parole et temps d’antenne : le premier comprend les interventions médiatiques du candidat et de ses soutiens ; le second inclus le temps de parole auquel sont ajoutées l’ensemble des sujets consacrés au candidat, si ceux-ci ne lui sont pas explicitement défavorables. C’est pourquoi les nombreux sujets consacrés aux « affaires Fillon » n’entrent pas dans ce décompte.

Reste que tous les médias ne sont pas concernés par l’obligation de transmission de ces informations : si France 24, Arte, LCP et Public Sénat se conforment aux principes d’équité et d’égalité, elles n’ont pas à le justifier devant le CSA.

Surtout, le CSA a précisé que son contrôle ne s’étend « pas aux services qui, exclusivement accessibles par voie de communication au public en ligne, sont consacrés à la propagande électorale des candidats ou des formations politiques qui les soutiennent. » Les chaines YouTube ou sites internets des candidats diffusant, par exemple des vidéos de soutien, ne sont donc pas concernés.

La solution, pour ces nouveaux médias, est à chercher ailleurs, dans le droit européen : la directive « Services de Medias audiovisuels », dont la révision est à l’examen au Parlement européen, pourrait permettre au CSA d’y étendre son contrôle.

Publié le Catégories Constats de campagne, Présidentielle

Élections partielles pour enseignements généraux

Hier se sont tenues deux élections partielles. L’une départementale en Meuse où le Front National jouait la préservation de son seul canton du département et l’autre législative en Loire-Atlantique où le PS entendait conserver le siège, ô combien symbolique, de Jean-Marc Ayrault.

 

Force est de constater que si les uns ont atteint leur objectif, le PS malgré une neutralité malveillante d’EELV a conservé la troisième circonscription de la Loire-Atlantique, les autres ont été sèchement désavoué, le binôme FN ayant perdu face à l’UDI dans un score sans appel 57,79% contre 42,21.

 

Mais dans ces deux scrutins le véritable vainqueur, celui qui a réuni plus de 50% des inscrits, ne fut autre que l’abstention. En effet celle-ci s’est élevée à 74,2% en Loire-Atlantique et à 56,6% dans la Meuse. S’il est impossible de dire pourquoi tous ces citoyens se sont abstenus tant les motivations peuvent être diverses, il est en revanche possible de poser ce constat : moins de la moitié des électeurs ont eu suffisamment confiance dans les institutions et le jeu politique pour se déplacer aux urnes.

 

Chez Plebiscit l’abstention est un sujet de préoccupation majeur, persuadés qu’un désintérêt des citoyens pour la vie politique et électorale, une défiance profonde pour le personnel politique ou des règles d’inscription sur les listes électorales trop complexes seront, à terme, des facteurs puissants d’affaiblissement de notre démocratie.

 

Ce constat, ainsi des préconisations urgentes à destination de la classe politique, a été réfléchi et posé noir sur blanc dans un livre : “Aux urnes et caetera…” publié avant les élections régionales.

 

Convaincus que pour renouer le lien avec les citoyens il est urgent de retourner les voir, concrètement par le biais du porte-à-porte, et de mieux cerner leurs préoccupations et leurs attentes, un outil en ligne de gestion des campagnes électorales, Previoo, a également été développé et est disponible depuis le 1er mars.

 

2017 sera une année politique majeure, il est urgent que la classe politique se remette en question et retourne au contact des Français pour mieux les comprendre et aussi pour leur redonner confiance dans nos institutions et leurs représentants.

 

Publié le Catégories Constats de campagne, Départementales, Nouveautés Plebiscit