Modifications du code électoral : à quoi s’attendre pour les municipales ?

En l’état du projet de loi, à pas grand’chose, mises à part les conditions d’éligibilité de certains hauts fonctionnaires déjà visés. Reste que ce texte, provoqué par quelques errances au cours des législatives de 2017, change les règles des prochains scrutins et notamment ceux des départementales de 2021. On vous en livre ici les principales modifications.

Plus de réunions publiques la veille du scrutin

Jusqu’à présent, il était possible (et même recommandé !) de tenir une réunion publique le samedi précédent le scrutin. Rappel à l’attention des candidats aux municipales de 2020 : il reste interdit, au cours de ces réunions, de distribuer tout élément de propagande électorale !

A partir de 2020, cette possibilité ne sera plus offerte que jusqu’au vendredi minuit avant le scrutin.

Bulletin de vote : photo ou pas photo ?

Eh bien finalement : photo ! Contrairement à la proposition initiale du Sénat, le futur code continuera de permettre de faire apparaître emblème ou photo du candidat sur les bulletins, à certaines conditions :

  • uniquement la ou les photos des candidats à l’élection concernée (sauf pour Paris, Lyon et Marseille où la photographie du candidat à la mairie de la ville pourra être ajoutée)
  • pas de photographie d’animaux (ce qui à notre sens peut aisément être contourné par leur représentation sous forme d’emblème)
  • pour les départementales et communautaires, pas de photo du candidat pressenti pour diriger l’assemblée.

Comptes de campagne et dons

Attention, changement majeur ! Candidats et partis pourront enfin recueillir des dons par le biais de plateformes de paiement en ligne, type PayPal par exemple. Jusqu’à présent, les dons ne pouvaient jamais transiter par un compte tiers entre celui du particulier et celui du mandataire financier. Une amélioration notoire !

Par ailleurs, seront dispensés d’expertise-comptable les candidats qui ont obtenu moins de 5 % des suffrages exprimés, sous un plafond de recettes et dépenses fixé par décret. Cela ne signifie toutefois pas qu’ils sont dispensés de présenter leurs comptes !

Enfin, la présentation des compte ne sera obligatoire que lorsque le candidat aura dépassé 1 % des suffrages exprimés ou s’il a bénéficié de dons de personnes physiques

Entrée en vigueur en plusieurs temps

Comme indiqué en introduction, l’entrée en vigueur est prévue fin juin 2020, sauf concernant l’accès au scrutin des sous-préfets, secrétaires généraux de préfecture et directeurs de cabinets des préfets qui ne pourront se présenter aux élections locales dans le ressort où ils ont exercé leurs fonctions pendant deux ans après la fin de leurs fonctions ( contre un an à l’heure actuelle).

En revanche, un décret serait en cours de rédaction pour clarifier une règle bien connue, et souvent appliquée de manière disparate par les commissions départementales de propagande, quant à la combinaison des couleurs bleu, blanc et rouge sur les documents officiels de propagande (affiches & professions de foi).

Le secrétaire d’Etat a en effet précisé que c’était bien la combinaison, et non la juxtaposition de ces couleurs qui est prohibée. Une candidate posant sur son affiche officielle en veste rouge sur une robe blanche avec un fond de ciel bleu ne serait donc plus inquiétée.

Lire la proposition de loi

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Présidentielle : ce que révèlent les affiches officielles des candidats

La campagne officielle de l’élection présidentielle vient d’être lancée ! Laurent Rossini a fait le point sur les affiches officielles pour le quotidien 20 Minutes.

Dernière ligne droite pour les candidats à la présidentielle : la campagne officielle du premier tour s’est ouverte lundi. Dans les communes, vous avez peut-être vu fleurir les affiches de campagne de tous les prétendants à l’Elysée sur de grands panneaux. De grands visages (souvent retouchés) souriant discrètement, des couleurs pâles en passant par des slogans plus ou moins compréhensibles, 20 Minutes fait le point sur ces affiches avec Laurent Rossini, cofondateur de l’agence de communication politique Plebiscit…

So-bri-é-té

Le maître mot de ces affiches de campagne 2017 est bien « sobriété ». Au risque de l’ennui : « Ces affiches sont bien pauvres par rapport à ce qui s’est fait jusqu’en 2007, avec, notamment, les affiches en noir et blanc de Ségolène Royal en 2007 ou de Jean-Marie Le Pen en 2002. Aujourd’hui, c’est une grosse tête sur un fond discret, un nom et un slogan. Pour la créativité, on repassera », déplore Laurent Rossini. Quant aux couleurs, rien de bien original : « Les affiches de François Fillon et de François Asselineau sont classiques et l’on voit que leur équipe connaît les codes de la communication. L’usage du vert est dans l’air du temps, rappelant l’environnement ou un cadre présumé de vie. »

Mélenchon, la fin du rouge

Cinq ans ont passé depuis la première candidature de Jean-Luc Mélenchon à l’Elysée. L’eau a coulé, et 2017 s’annonce comme un nouveau cru. Fini le rouge vif de 2012 qui symbolisait l’alliance avec le Parti communiste au sein du Front de gauche. Pas de cravate, place au col ouvert « synonyme d’antisystème, comme pour Philippe Poutou », relève Laurent Rossini. Sous un ciel bleu-gris, lunettes sur le nez, sourire discret visant à exprimer la confiance et la sérénité, Jean-Luc Mélenchon souhaite montrer qu’il s’est assagi et présidentialisé, souligne le communicant.

Un sourire et un prénom pour instaurer une proximité avec l’électeur

Autre candidat à vouloir montrer aux électeurs qu’il s’est assagi : Marine Le Pen. Sur son affiche de campagne, la candidate du Front national au vêtement bleu arbore un sourire. « On joue ici sur la féminité de la candidate, sur une proximité que l’on veut instaurer avec l’électeur. Le rictus cassant qu’elle peut avoir lors des émissions télévisées est évacué au profit d’un sourire sympathique », relève Laurent Rossini. Contrairement à 2012, le nom de famille Le Pen, qui reste clivant, est absent de l’affiche de 2017. Enfin, l’usage du mot « peuple » est un élément qui rapproche la candidate du FN à celui de France insoumise. « Les photos de Jean-Luc Mélenchon comme de Marine Le Pen visent à être apaisantes. Mais leurs slogans contredisent les photos, en affirment leur volonté de faire la révolution en s’appuyant sur la base », souligne le communicant politique.

Du bon usage (ou non) du Photosphop

Ce n’est pas une nouveauté, mais le grand ami des communicants est Photoshop. Couleurs légèrement saturées, rides supprimées ou au contraire soulignées, mèche bien ordonnée et visage aminci, le logiciel peut faire des miracles. Au risque de l’illusion, déplore Laurent Rossini. « C’est dommage de gommer les défauts des candidats pour les rendre toujours plus beaux car ils perdent en authenticité. La photo de François Fillon est bien faite : le candidat pose avec ses rides. Il veut montrer son expérience et donc sa capacité à être président de la République. Mais cette affiche pèche par son slogan pas vraiment compréhensible. » Les quelques mots qui accompagnent la photo et le nom du candidat ne sont pas à prendre à la légère. Certains de ces slogans sont restés dans l’histoire, comme « La force tranquille » de François Mitterrand ou le « Yes we can » de Barack Obama, tous deux vainqueurs…

Les ratés

L’affiche d’Emmanuel Macron divisée en deux ? Pas génial, selon Laurent Rossini. « Sa tête est assez petite sur cette affiche et son regard semble perdu. Si cette division entre la photo et le slogan est originale, tout comme les silhouettes derrière le candidat, je n’aime pas vraiment cette affiche. »

Et la typographie de Jacques Cheminade ? Selon le communicant, « le candidat est décentré sur cette affiche et son torse est barré d’un slogan en orange. En orange ! L’image est très encombrée et le slogan est trop long, tout comme celui de Benoît Hamon qui ne donne pas vraiment envie car il veut dire que le cœur de la France, aujourd’hui, ne bat plus… ».

Quant à l’affiche de campagne de Nathalie Arthaud qui ressemble à un tract ? « Cette communication est dépassée et tout ce texte va à l’encontre de l’efficacité de cette affiche. Celle de Philippe Poutou n’est pas extraordinaire, mais elle apparaît plus compréhensible », juge enfin Laurent Rossini. Entre les mots et la photo, l’affiche des candidats relève toujours de l’alchimie…

 

Par Anne-Laëtitia Béraud

 

Source : 20 Minutes, 11 avril 2017

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Yannik Hennequin analyse la sortie de “La France pour la vie” pour le journal 20 Minutes

Le 25 janvier est sorti le dernier livre de Nicolas Sarkozy. Neuf ans après “Ensemble” publié dans l’euphorie de la marche triomphale vers le pouvoir, “La France pour la vie” est moins un livre programmatique qu’une tentative de renouer avec les Français en esquissant timidement une rétrospective du quinquennat.

 

Dans un article du 28 janvier, le journal 20 Minutes s’intéresse au désintérêt généralisé des Français pour le nouveau livre de Nicolas Sarkozy, et interroge à ce sujet le co-fondateur de Plebiscit Yannik Hennequin.

 

Interrogé sur la raison du désintérêt, le jugement du consultant est sans appel : “En termes de communication, le problème de Nicolas Sarkozy est la crédibilité. Comment, après avoir été le représentant de la digression, peut-il passer à l’autoflagellation ? C’est incohérent et cela ne fonctionne pas.”

 

Pour 75% des sondés le livre s’inscrit dans le cadre d’une opération de communication de Nicolas Sarkozy visant à reconquérir son électorat. Cependant pour Yannik Hennequin “un livre politique réussi doit manier le courage, l’authenticité et du fond. Or Nicolas Sarkozy saupoudre ses idées dans ce livre réalisé à la dernière minute, sans que le fond ne suive”

 

Retrouvez l’intégralité de l’article sur le site de 20 Minutes

 

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