Nouvelle mise à jour de l’application mobile pour PREVIOO

La période de campagne officielle des élections municipales approche et les équipes de campagne sont nombreuses à profiter de l’application PREVIOO (et des beaux jours !) pour aller à la rencontre des citoyens.

Ce n’est pas encore votre cas ? Demandez conseil auprès de votre consultant Plebiscit ou rendez-vous vite sur previoo.com !

PREVIOO c’est la solution en ligne qui organise vos données, votre équipe et vos communications. L’objectif est de mesurer vos actions pour gagner en efficacité, tout en sécurisant les données récoltées sur le terrain.

C’est spécifiquement pour les militants désireux de mieux connaitre leurs concitoyens que nous avons rendu l’application PREVIOO toujours plus facile d’accès et performante.

Notre dernière mise à jour améliore les performances générales de la plateforme et vous permet une gestion améliorée des mots-clés (#Tags).

L’application est à télécharger ou mettre à jour dès maintenant sur le Google Play Store : https://play.google.com/store/apps/details?id=com.plebiscit.previoo

La mise à jour Apple est aussi prévue prochainement, rendez-vous dans les prochains jours sur l’App Store : https://itunes.apple.com/fr/app/previoo/id1435905642

Plus d’infos ? Visitez le site dédié à PREVIOO et demandez une présentation en ligne du logiciel !

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Elections : et si les néophytes étaient désormais les favoris ?

Macron en France, Caputova en Slovaquie, Zelensky en Ukraine… Alors que la tendance au « dégagisme » se confirme, les primo-candidats semblent avoir le vent en poupe.

Une femme présidente en Slovaquie

Entrée en campagne il y a à peine un an, l’avocate et militante Zuzana Caputova devient la première présidente de la Slovaquie, remportant à près de 54% des voix la bataille contre Maroš Šefčovič, poids lourd du parti social-démocrate au pouvoir et actuel vice-président de la Commission européenne.

En Slovaquie, la présidence relève davantage de l’apparat, de la représentation. Toutefois, cette victoire est riche de symboles : première femme à accéder à ce poste, elle s’est fait connaitre par ses combats environnementaux, sa lutte contre la corruption et ses idées libérales tant en matière économique que sociale.

Reste maintenant au parti que Zuzana Caputova a fondé il y a quelques mois à se mettre en action et faire ses preuves. Et on le voit avec les multiples difficultés du néo-candidat, aujourd’hui Président, Emmanuel Macron : les choses peuvent rapidement devenir périlleuses !

La comparaison n’est pas innocente : les adhérents de ce parti se sont inspirés et se comparent à En Marche ! On leur souhaite de remporter le même succès aux élections législatives : sans soutien parlementaire, il leur sera difficile de lutter contre l’inertie d’un système que leur candidate a pointé pendant toute la campagne.

Un comédien à la tête de l’Ukrain post-Euromaïdan ?

En Ukraine, la réalité a rejoint la fiction : l’acteur et humoriste Volodymyr Zelensky, très connu dans les pays russophones, vient de remporter le premier tour de l’élection présidentielle devant l’actuel chef de l’État, Petro Porochenko ou encore Iulia Timochenko, étoile montante aujourd’hui controversée de la scène politique ukrainienne.

Zelensky qui est, depuis 2 saisons, l’acteur principal d’une série dans laquelle il figure un professeur … devenu président. Il crée, en parallèle, son parti il y a an et se déclare officiellement candidat fin décembre 2018.

Le second tour devrait avoir lieu le 21 avril prochain. S’il est élu, il sera lui aussi confronté à la mise en oeuvre de sa politique : son programme est flou, et ses meetings de campagne ressemblent davantage aux shows que l’on voyait en France sous la IIIe République qu’à un exposé de ses objectifs ou une présentation de l’équipe qui l’entourera.

Quelles leçons pour les futur(e)s candidat(e)s aux scrutins en France ?

Alors, si l’on en revient aux prochaines élections qui vont faire la France, à savoir les municipales de 2020, puis les départementales et régionales de 2021, les néo-candidats sont-ils les mieux placés pour remporter la victoire ?

Devraient-ils partir au tout dernier moment et mener une campagne éclair ? Au contraire, les candidats sortants devraient-ils déjà être sur le terrain pour rattraper un retard dont ils n’ont pas conscience ?

Nous pensons que plus que jamais, c’est la personnalité qui va faire la différence. Nous avons d’ailleurs élaboré et donné plusieurs fois une formation intitulée « Bilan, programme, personnalité« , afin de travailler sur ces 3 aspects-clés des prochaines campagnes.

Nous pensons également que les outils de terrain, couplés -et non substitués- à une campagne-relais sur le web doit commencer tôt pour porter ses fruits.

Et nous pensons enfin que les citoyens ne sont plus dupes des effets d’annonce : s’ils ont soif de « têtes nouvelles » et d’idées neuves, ils attendent des candidats crédibles et fiables avec autour d’eux une équipe identifiée, et un programme ambitieux et réaliste.

La politique des idéaux n’est peut-être pas morte, mais le pragmatisme a bel et bien pris le dessus !

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Listes électorales : changements en vue

A partir du 1er janvier 2019, le répertoire électoral unique bouleverse la manière dont étaient régies jusqu’à présent les listes électorales. Faisons le point.

Le premier changement est de taille car il concerne la manière dont les citoyens s’inscrivent sur les listes électorales : inscriptions et radiations gérées d’office par l’INSEE (et plus par les mairies), inscriptions en ligne possibles partout (et plus uniquement dans certaines communes qui en avaient accepté le principe).

Un atout tant pour les citoyens que pour les élus, qui auront une meilleure vision de la population de leur commune en temps réel ; mais aussi pour les agents qui pourront utiliser une plateforme en ligne pour éditer les listes électorales, d’émargement, etc. quelle que soit la taille de leur commune. Un véritable gain de temps !

Autre changement, pour les électeurs cette fois : le numéro d’électeur qui était jusqu’alors attribué par la mairie, sera désormais national et conservé à vie.

Enfin, une modification qui intéressera les élus qui préparent leurs campagnes : les modifications de périmètre des bureaux de vote notifiés par la préfecture aux mairies avant le 31 août entreront en vigueur le 1er janvier de l’année suivante et non plus le 1er mars. Attention à la manière dont vous traitez vos analyses électorales !

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Les élections se gagnent-elles réellement en ligne ?

Si la campagne électorale américaine de 2008 marque à bien des égards un tournant politique radical, elle est aujourd’hui reconnue comme le point de départ du recours aux réseaux sociaux comme outils de campagne électorale. Depuis, Cameron, Rajoy, Macron, … tous ont intégré la nécessité de soigner leur présence en ligne et plus encore celle de recueillir, analyser, voire influencer les tendances qui émergent des réseaux sociaux. A un point tel que certains se demandent aujourd’hui s’il est encore bien utile de perdre son temps sur le terrain, IRL (in real life) ?

Campagne traditionnelle vs. campagne 2.0

L’objectif d’une campagne électorale est simple : faire connaitre le candidat et susciter l’adhésion à son programme. Coller des affiches, distribuer des tracts, faire du porte-à-porte, autant de méthodes ancrées dans les habitudes des directeurs de campagne comme des militants, et qui restent d’usage malgré le développement des réseaux sociaux.

Le constat est plutôt celui de la complémentarité. Par exemple, chez Plebiscit nous proposons systématiquement aux candidats que nous accompagnons une version numérique compatible à la mise en ligne sur les réseaux sociaux de leurs documents de propagande. Depuis cette année, tous  les candidats aux élections législatives disposent en outre de la possibilité de mettre en ligne leurs circulaires sur un site gouvernemental.

L’accès à l’information en est démultiplié et c’est précisément l’une des vertus des réseaux sociaux : atteindre des citoyens qui ne s’intéressent pas ou plus à la politique par les canaux traditionnels (presse, radio, etc).

Quels réseaux sociaux ?

Le « petit nouveau » des campagnes françaises de 2017 est YouTube (28.6 millions d’utilisateurs en France) avec la volonté affichée par les YouTubers politiques (en particulier l‘UPR, le FN ou FI) de s’affranchir des circuits médiatiques traditionnels qu’ils trouvent, au choix, partiaux ou inopérants. Quelques candidats aux élections législatives ont fait le choix d’Instagram pour vanter la beauté de leur circonscription, ou de LinkedIn, leur permettant de mettre en avant leur réseau.

En Grande-Bretagne, à l’occasion des élections du 8 juin dernier, un militant du Labour et une doctorante, aidés de développeurs, ont mis en place un chatbot sur Tinder, application de rencontre qui fonctionne sur la base de Facebook, pour convaincre des jeunes situés dans des circonscriptions où les sondages annonçaient des résultats serrés. Par exemple, si l’utilisateur répondait vouloir voter Labour, le robot envoyait un lien vers le bureau de vote le plus proche. Les utilisateurs qui avaient accepté de « prêter » leur profil pour l’expérience pouvaient à tout moment intervenir dans la conversation. L’initiative a été accueillie de manière très positive par les utilisateurs et a permis d’envoyer 30 000 messages à des jeunes situés dans les key constituencies.

Facebook reste toutefois le poids lourd des réseaux sociaux, non seulement parce qu’il est l’un des plus anciens et le plus utilisé (2 milliards d’utilisateurs mondiaux dont 33 millions en France), mais aussi parce que c’est celui qui permet d’avoir accès au plus de données personnelles. Enfin, il embarque un outil de sondage, permet la diffusion de vidéos en direct, de gérer l’organisation et la participation à des événements… sans compter la récente possibilité d’ajouter un « A voté » à son profil !

Aux comptes personnels des débuts, les hommes et femmes politiques préfèrent désormais la page, plus facile d’accès et qui présente l’avantage technique de pouvoir être liée à un site personnel via une API.

Quelle utilisation ?

Préalable nécessaire, la présence sur les réseaux sociaux ne suffit pas à elle seule à changer la donne.

D’abord, parce que les hommes et femmes politiques doivent se conformer à des codes qu’ils ont parfois des difficultés à saisir. Communiquer efficacement sur les réseaux sociaux requiert à la fois une spontanéité maîtrisée et un savoir-être numérique dont l’apprentissage peut s’avérer difficile ! Ensuite, parce qu’au-delà de la seule présence, ce sont bien l’influence et la connaissance de son électorat qui sont le nerf de la guerre électorale.

En d’autres termes, ouvrir un compte Twitter pour relayer de l’information factuelle ne sert à rien ; c’est utiliser Twitter pour attirer l’attention de la communauté qui fait toute la différence… ce qu’a peut-être trop bien compris Donald Trump, au risque de tomber dans l’excès inverse !

Le risque étant, pour les citoyens, de succomber aux fake news et autres alternative facts, et que la campagne ne se gagne plus sur des bases sincères. La stratégie d’influence peut aller plus loin : l’astroturfing, technique qui permet de forcer la viralité d’une information pour influencer l’opinion publique et les médias, a été utilisée dans le cadre de la dernière campagne américaine, mais l’est également sur une base plus régulière par des pays comme la Chine, qui emploie plusieurs dizaines de milliers de fonctionnaires (la water army) pour diffuser des messages pro-gouvernementaux sur les réseaux sociaux.

Concernant ensuite la connaissance de l’électorat, le développement des réseaux sociaux et des CRM de campagne électorale est clairement une manne pour les hommes et femmes politiques, si tant est qu’ils s’astreignent non seulement à les utiliser correctement mais aussi à respecter les cadres juridiques propres à chaque pays.

On se souvient par exemple des débats qui ont entouré la signature de l’accord euro-américain visant à instituer un privacy shield : les différences culturelles et juridiques en matière de protection des données entre ces deux pays est telle qu’elle peut conduire à des différends, comme cela a été récemment le cas pour le logiciel américain NationBuilder, sanctionné par la CNIL française pour une utilisation illégale des données personnelles des Français.

Quant à l’utilisation de CRM électoraux, elle s’est largement démocratisée et est de plus en plus plébiscitée par les candidats, directeurs de campagne, mandataires financiers et communicants. Toutefois, elle reste une nouveauté pour les militants les moins connectés. Parmi les clients de PREVIOO, le logiciel de campagne que Plebiscit a développé, certains font même le choix d’imprimer depuis l’outil leurs feuilles de route détaillées pour garder un support papier en porte-à-porte.

Reste que tous ceux qui ont décidé de s’y investir ont apprécié l’extrême simplicité de son utilisation et sa pertinence dans le cadre d’une campagne électorale. Pour ceux-là, le gain en termes d’efficacité du ciblage de la communication et de la diffusion des messages notamment est significatif. Tous apprécient de pouvoir regrouper en un seul endroit, au profit de l’ensemble de l’équipe, les données qui permettent de faire toute la différence dans une campagne au même titre qu’étoffer et qualifier leur socle électoral leur semble efficace pour mieux appréhender le citoyen et ses attentes.

 « Pas encore » ou « certainement pas » ?

A la question initiale « Les élections se gagnent-elles réellement en ligne ? », la réponse peut être l’une ou l’autre. « Pas encore » car pour l’heure, les campagnes menées en ligne ne sont qu’une transposition des méthodes classiques de campagne. « Certainement pas » car au final, l’utilisation des data et de CRM, ainsi que l’influence sur les réseaux, si elles constituent des outils à ne pas négliger, ne remplacent en rien le contact avec les citoyens ou l’appréhension concrète des problématiques locales.

La période actuelle semble ainsi relever davantage de la transition que de la révolution et là réside tout son intérêt : nous, concepteurs et développeurs de logiciels, qui sommes « de l’autre côté de la barrière », sentons bien que nous mettons en place les premières bases des campagnes de demain !

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Elections 2017, épilogue ou cliffhanger ?

Alors que s’ouvre officiellement la XVe législature, retour sur cette longue période électorale dont les multiples rebondissements ont rythmé la fin 2016 et le début 2017 et qui pose plus de questions qu’elle n’a apporté de réponses.

Le défi non relevé de l’abstention

Si l’élection présidentielle de 2017 a moins mobilisé que les précédentes avec une abstention qui dépasse les 25% au second tour, c’est surtout le vote blanc et nul qui attire l’attention. Au total, 34% des électeurs ont refusé de choisir entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Pour les législatives, l’abstention est en revanche beaucoup plus nette et culmine au premier tour : de 40% en 2007, elle est passée à 51% en 2017, un record sous la Ve République.

S’il fallait encore se convaincre de la crise démocratique française, cette montée de l’abstention montre l’ampleur des efforts que les élus vont devoir fournir pour convaincre leurs concitoyens de retourner aux urnes. Quels citoyens ? Les jeunes (64% des moins de 35 ans se sont abstenus), les employés et les ouvriers (respectivement 66 et 61%) et en priorité ceux qui vivent en outre-mer, au nord et au sud-est de la France.

Des chiffres pourtant surprenants au regard des audiences élevées des émissions et débats politiques de cette année : 10 millions de téléspectateurs pour le débat entre 5 des 11 candidats à la présidentielle fin mars ; 6,3 millions pour le débat entre les 11 candidats à la présidentielle en avril ; un peu plus de 3 millions pour « L’Emission politique » d’Emmanuel Macron ou de François Fillon… C’est bien que la politique est un sujet qui continue d’intéresser. Comment, alors, faire en sorte que cet intérêt « théorique » se concrétise par une participation effective des citoyens à la vie publique ?

Du neuf avec du vieux ?

Ce n’est en tous cas pas dans les campagnes présidentielle et législatives de 2017 que l’on trouvera des idées réellement novatrices, tant sur la forme que sur le fond.

Peu de chances que se tiennent de nouveau des primaires avant l’élection présidentielle. Importées des Etats-Unis, elles sont mal adaptées aux systèmes européens (au-delà du seul cas français, celles organisées par exemple par le PSOE en Espagne n’ont pas non plus eu l’effet escompté) dans lesquels elles se transforment en « machines à perdre ».

Peu d’idées novatrices non plus pour les grands rendez-vous télévisés : une présentation classique et une trame verrouillée au cours des réunions préparatoires par les équipes des candidats ; un fond peu discuté en raison d’un contexte marqué par « les affaires » ; des clips de campagne et des affiches plutôt mornes…

Et l’hologramme de Jean-Luc Mélenchon, l’utilisation massive de Telegram pour animer les meetings d’Emmanuel Macron, les vidéos YouTube du Front national, nous direz-vous ? Nous répondons respectivement : déjà utilisé en Inde, en Israël et en Turquie ; ni plus ni moins qu’un chauffeur de salle virtuel ; penser à enlever les étiquettes de sous les tasses neuves !

Pour les législatives, une question se pose avec acuité : à quoi sert-il encore de préparer sa campagne, de tenir des réunions publiques, de choisir avec soin ses affiches et de peser chaque mot de sa déclaration de candidature ?

En effet, que penser des candidats REM, souvent peu connus, désignés tardivement, peu à leur avantage sur des affiches et des professions de foi copiées-collées dans chaque circonscription… et pourtant grands gagnants de ces élections ? Que penser aussi de ces députés sortants qui avaient fait du bon travail au cours de leur mandat, mené une bonne campagne et qui n’ont malgré tout pas convaincu leurs électeurs ?
Que penser, enfin, des candidats désignés par le MoDem, qui s’ils ne remplissent pas toujours les critères d’En Marche, ont pourtant largement bénéficié de cette étiquette ?

Un renouvellement en trompe-l’œil …

L’on a beaucoup glosé sur le « dégagisme » qui aurait été l’élément moteur du vote REM mais aussi France insoumise et Front national, entraînant par là même l’échec des partis Socialiste et Républicain.

Le « dégagisme », néologisme issu des printemps arabes et repris en France notamment par J.-L. Mélenchon à propos de l’éviction aux primaires de leurs partis respectifs de Manuel Valls ou d’Alain Juppé, augurerait donc d’une révolution. Qu’en est-il réellement?

Si l’Assemblée nationale connait effectivement un renouvellement profond (430 députés élus pour la première fois, 39% de femmes, une moyenne d’âge qui a baissé de 10 ans), 62% des députés de la XVe législature ont ou ont eu un mandat électif. Les sessions strasbourgeoises mensuelles du Parlement européen ne suffisant pas à endiguer leur mal du pays, certains eurodéputés, comme J.-L. Mélenchon, Marine Le Pen, Louis Aliot, Marielle de Sarnez ou Constance Le Grip, ont choisi de siéger au sein du Parlement français.

Enfin, la volonté affichée tout au long des 2 campagnes par En Marche de dépasser les clivages politiques et de choisir des représentants sur la base de leurs compétences quelle que soit leur appartenance partisane, ne doit pas faire oublier que nombreux sont ceux, dans ses rangs, à avoir rejoint la chapelle REM en laissant derrière eux un parti au sein duquel ils ont appris les ficelles du « métier ». Et cet habitus reste prégnant. Prenons l’exemple des postes de chef de groupe parlementaire à l’Assemblée : aucune femme, un candidat unique et presque imposé chez LREM, des « reconduits » à LR et au PS.

… ou des bases nouvelles qui vont amplifier le renouvellement ?

Reste toutefois que l’Assemblée présente un visage radicalement différent de celle de la XIVe législature. Au-delà des personnes qui la composent, les groupes politiques sont plus nombreux et pour la plupart nouveaux : des Républicains « canal historique » font face à des Républicains (et UDI constructifs, des Communistes pas Insoumis, des non-inscrits de gauche (jusqu’à l’officialisation – ou l’échec- d’un 9e groupe) et d’extrême-droite, des apparentés REM du MoDem et d’ailleurs, etc.

En-dehors de l’Assemblée, le processus de reconstruction du paysage politique se met en place : constitution d’un groupe En Marche au Sénat, lancement du M1717 par Benoit Hamon, réunion annoncée du Parti radical et du Parti radical de gauche, dont le divorce avait été consommé en 1972, tenue d’un congrès extraordinaire du PCF en 2018.

Les questions qui restent ouvertes concernent finalement « celui par qui tout est arrivé » : En Marche ! Comment va se structurer le parti ? Comment ses députés vont-ils se comporter face à des votes qui s’annoncent difficiles ? Comment va-t-il faire perdurer l’enthousiasme et l’engagement des militants ?

Autant de réponses qu’il faudra trouver en gardant en tête l’importance de tenir les promesses faites pendant la campagne. Et s’il était là, le changement ?

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Et les clips de campagne de Plebiscit alors?

Dans un précédent article, nous analysions les clips de campagne officiels des candidats à l’élection présidentielle.

« La critique est aisée mais l’art est difficile » nous direz-vous…

C’est vrai, proposer un clip de campagne peut être périlleux s’il est mal conçu. Parce qu’à Plebiscit nous voulons le meilleur pour nos clients, nous allions nos compétences à celles des équipes de Peuplades et Peuplades TV.

Et voilà, par exemple, ce que ça donne :

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Ce que disent les clips de campagne des candidats à la présidentielle

« 20 Minutes » a demandé à deux spécialistes de la communication politique, dont Yannik Hennequin, co-fondateur de Plebiscit, ce qu’ils pensaient des clips d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen…

Ils débattront ensemble mercredi soir, sur un plateau de télévision. Mais Emmanuel Macron et Marine Le Pen s’affrontent déjà par vidéos interposées. Les deux candidats ont publié leur clip de campagne pour le second tour de l’ élection présidentielle. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que leurs styles sont radicalement différents. 20 Minutes a demandé à deux spécialistes de la communication politique leur avis.

Marine Le Pen

La vidéo de la candidate FN est un plan séquence de 4’30. « Comme il n’y a pas de plan de coupe, elle paraît relativement longue », explique Yannik Hennequin, cofondateur de l’agence de communication politique Plebiscit. La candidate du Front national est au centre de l’image, assise à son bureau. « Le cadre est un peu le même que pour son affiche. Elle veut montrer que c’est elle qui tient les rênes », note Alexandre Eyries, enseignant-chercheur en Sciences de l’information et de la communication à l’université de Bourgogne Franche-Comté.

« Techniquement improvisé »

Derrière elle, un mur gris, et un rideau noir. « Le cadre n’est franchement pas bon », estime Yannik Hennequin. Il remarque notamment l’absence de drapeau français dans l’image. « C’est étonnant car c’est sa marque de fabrique. » De manière générale, ce clip lui paraît avoir été « techniquement improvisé » et pointe la mauvaise qualité de l’image. « Il est bien moins professionnel que son autre clip de campagne. »

Fixant les spectateurs dans les yeux, la candidate du Front national semble lire son texte, ou le réciter par cœur. Elle détaille les menaces qui planent sur la France et charge son adversaire. Sous son air « martial », elle prend la stature d’une « possible cheffe de guerre », souligne Alexandre Eyries, pour qui ce clip « manque de fraîcheur, de spontanéité »

Emmanuel Macron

Son clip dure environ une minute de moins que celui de son adversaire. « On a tendance à l’écouter jusqu’au bout, contrairement à Marine Le Pen », ajoute Yannik Hennequin. A l’image, le candidat est « souriant, décontracté ». Tout le contraire de la candidate frontiste qui semble « contrôler ses émotions », poursuit Alexandre Eyries. « Emmanuel Macron a fait beaucoup de progrès en termes de communication depuis quelques mois, explique-t-il. Il a pris beaucoup d’assurance. » La musique choisie par l’équipe du candidat pour habiller le clip permet, selon lui, de « dramatiser la situation ».

« Toucher la jeunesse »

Des plans de coupes ont également été glissés dans le montage, afin de le rendre plus dynamique. Emmanuel Macron veut ainsi « toucher la jeunesse dont il parle et au service de laquelle il se met », affirme Alexandre Eyries. Yannik Hennequin souligne que ces plans de coupe semblent tous provenir de banques d’images, c’est-à-dire qu’ils ont été achetés à des sociétés spécialisées [l’équipe de campagne d’En Marche! a précisé à 20 Minutes que toutes les images du clip ont été tournées par leurs soins et qu’ils n’ont eu recours à aucune banque d’images.] « On reproche à ce candidat de ne pas créer suffisamment de liens avec certaines classes de population. Il est dans une phase ou il doit se rendre accessible et briser la glace. Or, je trouve que ces images froides créent de la distance. »

 

Source : 20 Minutes, 2 mai 2017

 

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Présidentielle : ce que révèlent les affiches officielles des candidats

La campagne officielle de l’élection présidentielle vient d’être lancée ! Laurent Rossini a fait le point sur les affiches officielles pour le quotidien 20 Minutes.

Dernière ligne droite pour les candidats à la présidentielle : la campagne officielle du premier tour s’est ouverte lundi. Dans les communes, vous avez peut-être vu fleurir les affiches de campagne de tous les prétendants à l’Elysée sur de grands panneaux. De grands visages (souvent retouchés) souriant discrètement, des couleurs pâles en passant par des slogans plus ou moins compréhensibles, 20 Minutes fait le point sur ces affiches avec Laurent Rossini, cofondateur de l’agence de communication politique Plebiscit…

So-bri-é-té

Le maître mot de ces affiches de campagne 2017 est bien « sobriété ». Au risque de l’ennui : « Ces affiches sont bien pauvres par rapport à ce qui s’est fait jusqu’en 2007, avec, notamment, les affiches en noir et blanc de Ségolène Royal en 2007 ou de Jean-Marie Le Pen en 2002. Aujourd’hui, c’est une grosse tête sur un fond discret, un nom et un slogan. Pour la créativité, on repassera », déplore Laurent Rossini. Quant aux couleurs, rien de bien original : « Les affiches de François Fillon et de François Asselineau sont classiques et l’on voit que leur équipe connaît les codes de la communication. L’usage du vert est dans l’air du temps, rappelant l’environnement ou un cadre présumé de vie. »

Mélenchon, la fin du rouge

Cinq ans ont passé depuis la première candidature de Jean-Luc Mélenchon à l’Elysée. L’eau a coulé, et 2017 s’annonce comme un nouveau cru. Fini le rouge vif de 2012 qui symbolisait l’alliance avec le Parti communiste au sein du Front de gauche. Pas de cravate, place au col ouvert « synonyme d’antisystème, comme pour Philippe Poutou », relève Laurent Rossini. Sous un ciel bleu-gris, lunettes sur le nez, sourire discret visant à exprimer la confiance et la sérénité, Jean-Luc Mélenchon souhaite montrer qu’il s’est assagi et présidentialisé, souligne le communicant.

Un sourire et un prénom pour instaurer une proximité avec l’électeur

Autre candidat à vouloir montrer aux électeurs qu’il s’est assagi : Marine Le Pen. Sur son affiche de campagne, la candidate du Front national au vêtement bleu arbore un sourire. « On joue ici sur la féminité de la candidate, sur une proximité que l’on veut instaurer avec l’électeur. Le rictus cassant qu’elle peut avoir lors des émissions télévisées est évacué au profit d’un sourire sympathique », relève Laurent Rossini. Contrairement à 2012, le nom de famille Le Pen, qui reste clivant, est absent de l’affiche de 2017. Enfin, l’usage du mot « peuple » est un élément qui rapproche la candidate du FN à celui de France insoumise. « Les photos de Jean-Luc Mélenchon comme de Marine Le Pen visent à être apaisantes. Mais leurs slogans contredisent les photos, en affirment leur volonté de faire la révolution en s’appuyant sur la base », souligne le communicant politique.

Du bon usage (ou non) du Photosphop

Ce n’est pas une nouveauté, mais le grand ami des communicants est Photoshop. Couleurs légèrement saturées, rides supprimées ou au contraire soulignées, mèche bien ordonnée et visage aminci, le logiciel peut faire des miracles. Au risque de l’illusion, déplore Laurent Rossini. « C’est dommage de gommer les défauts des candidats pour les rendre toujours plus beaux car ils perdent en authenticité. La photo de François Fillon est bien faite : le candidat pose avec ses rides. Il veut montrer son expérience et donc sa capacité à être président de la République. Mais cette affiche pèche par son slogan pas vraiment compréhensible. » Les quelques mots qui accompagnent la photo et le nom du candidat ne sont pas à prendre à la légère. Certains de ces slogans sont restés dans l’histoire, comme « La force tranquille » de François Mitterrand ou le « Yes we can » de Barack Obama, tous deux vainqueurs…

Les ratés

L’affiche d’Emmanuel Macron divisée en deux ? Pas génial, selon Laurent Rossini. « Sa tête est assez petite sur cette affiche et son regard semble perdu. Si cette division entre la photo et le slogan est originale, tout comme les silhouettes derrière le candidat, je n’aime pas vraiment cette affiche. »

Et la typographie de Jacques Cheminade ? Selon le communicant, « le candidat est décentré sur cette affiche et son torse est barré d’un slogan en orange. En orange ! L’image est très encombrée et le slogan est trop long, tout comme celui de Benoît Hamon qui ne donne pas vraiment envie car il veut dire que le cœur de la France, aujourd’hui, ne bat plus… ».

Quant à l’affiche de campagne de Nathalie Arthaud qui ressemble à un tract ? « Cette communication est dépassée et tout ce texte va à l’encontre de l’efficacité de cette affiche. Celle de Philippe Poutou n’est pas extraordinaire, mais elle apparaît plus compréhensible », juge enfin Laurent Rossini. Entre les mots et la photo, l’affiche des candidats relève toujours de l’alchimie…

 

Par Anne-Laëtitia Béraud

 

Source : 20 Minutes, 11 avril 2017

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Paroles, paroles …

Après les débats des primaires de droite en octobre et novembre dernier, puis ceux de la gauche en janvier, le premier débat des présidentielles se tient le lundi 20 mars, environ un mois avant le premier tour de scrutin.

Sur les 11 candidats, seuls Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron, Benoît Hamon, François Fillon et Marine Le Pen ont été invités à participer : une autre des situations inédites de cette campagne, dans laquelle candidats, médias et électeurs doivent s’adapter à de nouvelles règles du jeu… tout en gardant bien en tête celles qui sont toujours d’application.

Il en va ainsi des temps de parole, contrôlés par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) sur la base des dispositions pertinentes de la loi organique de modernisation des règles applicables à l’élection d’avril 2016 et d’une recommandation du 7 septembre 2016.

Depuis l’année dernière, l’égalité du temps de parole n’est sanctionnée que pendant la campagne officielle de la présidentielle, c’est-à-dire à compter du 10 avril jusqu’au 21 avril à minuit, puis entre le 28 avril et le 5 mai à minuit.

En-dehors de cette période, c’est le principe d’équité qui prévaut : chaque candidat et soutien du candidat dispose d’un temps de parole proportionnel au poids politique de son mouvement dans le paysage politique national. C’est ainsi que du 1er février au 12 mars, Charlotte Marchandise, candidate non qualifiée issue de la société civile, a disposé de 14 minutes de temps de parole sur BFM TV, 30 secondes sur CNEWS, 11 minutes sur France 3 ; François Fillon d’un peu plus de 2 heures sur TF1, près de 25 heures sur France 5 et 65 heures sur CNEWS.

 

Une autre distinction s’applique entre temps de parole et temps d’antenne : le premier comprend les interventions médiatiques du candidat et de ses soutiens ; le second inclus le temps de parole auquel sont ajoutées l’ensemble des sujets consacrés au candidat, si ceux-ci ne lui sont pas explicitement défavorables. C’est pourquoi les nombreux sujets consacrés aux « affaires Fillon » n’entrent pas dans ce décompte.

Reste que tous les médias ne sont pas concernés par l’obligation de transmission de ces informations : si France 24, Arte, LCP et Public Sénat se conforment aux principes d’équité et d’égalité, elles n’ont pas à le justifier devant le CSA.

Surtout, le CSA a précisé que son contrôle ne s’étend « pas aux services qui, exclusivement accessibles par voie de communication au public en ligne, sont consacrés à la propagande électorale des candidats ou des formations politiques qui les soutiennent. » Les chaines YouTube ou sites internets des candidats diffusant, par exemple des vidéos de soutien, ne sont donc pas concernés.

La solution, pour ces nouveaux médias, est à chercher ailleurs, dans le droit européen : la directive « Services de Medias audiovisuels », dont la révision est à l’examen au Parlement européen, pourrait permettre au CSA d’y étendre son contrôle.

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Le livre dans la communication politique en France

À l’approche de l’élection présidentielle la fibre littéraire des candidats se réveille, chacun publie un livre où il dévoile sa vision de la France et le rapport qu’il entretient avec elle, pourquoi elle va mal et comment il entend lui redonner sa splendeur d’antan.

 

Cet exercice du livre politique est une spécificité française, sans doute la conséquence que notre classe politique avant d’être dominée par les énarques, les polytechniciens, les professions libérales et les fonctionnaires, fût le lieu d’affrontements des lettrés et des littéraires.

 

Mitterrand, De Gaulle, Jaurès ou Hugo furent les dignes représentants de ces politiques lettrés à la production littéraire foisonnante.

 

Aussi l’imaginaire collectif est-il imprégné de cette croyance du Chef d’Etat gardien d’un certain classicisme à la française qui doit savoir prendre la plume pour détailler ses idées. Pour sa réélection de 1988 François Mitterrand n’a-t-il pas écrit une “Lettre à tous les Français” ?

 

Néanmoins une évolution très significative à eu lieu au cours des dernières décennies dans le fond comme dans la forme de ces ouvrages. Au fil du temps le sujet principal de ces livres n’a plus été la France, la République, la société ou même la politique au sens de l’ensemble des affaires qui touchent à la vie de la cité.

 

Un glissement a eu lieu vers l’égocentrisme, le livre politique aujourd’hui parle de son auteur par son auteur dans un exercice autocentré. La disparition progressive de la frontière entre la vie privée et la vie publique conduit les hommes politiques à projeter leurs expériences personnelles comme autant de preuves de leurs déterminations futures.

 

Le projet n’est plus prioritaire, la réflexion sur la vision du monde, l’avenir de notre société n’importent plus. Le politique ne nous éclaire plus sur le chemin où il veut nous conduire, il nous demande de lui faire confiance et de le suivre.

 

Les livres politiques étaient des essais, ils sont devenus des romans d’apprentissage où le “je” qui n’existait pas est devenu omniprésent et surtout omnipotent.

 

On a beaucoup parlé de la “peopolisation” de la vie politique ces dernières années, il est intéressant de noter que leurs photos se trouvent désormais en gros sur la première de couverture, juste en dessous de leurs noms.

 

Mais dans la profusion certains tirent leurs épingles du jeu et continue de perpétuer cette tradition du livre politique naviguant entre pamphlet et essai. Citons Jean-Luc Mélenchon ou François Bayrou qui résistent encore à la tentation de ne parler que de leurs augustes personnes. Et au fond ce sont eux que l’histoire retiendra peut-être, quelque soit leur succès en librairie.

 

Et si tout le monde se souvient du “Coup d’Etat permanent” de François Mitterrand, pourtant peu de gens l’ont eu dans leur bibliothèque car avec 60 000 exemplaires vendus entre 1964 et 1993, il est difficile de parler d’un succès commercial. Malgré cela le destin fût au rendez-vous.

 

 

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